Dans ses “Causeries de
vendredi” de ce jour, le député Sokouri
Bohui donne son avis sur le refus de Laurent Gbagbo d’aller
en France.
Notre Voie : L’actualité
c’est l’absence du président Gbagbo et
de l’armée ivoirienne au
défilé du 14 juillet sur les Champs
Elysées de Paris dédié au
cinquantenaire des pays africains de l’espace francophone.
Des voies se sont élevées en interne pour
condamner l’attitude du président Gbagbo. Quel est
votre avis ?
Martin Sokouri Bohui : Ceux qui ont condamné
l’attitude du président Gbagbo sont de petits
hommes politiques qui ne voient que leur nombril. Le
président Gbagbo, lui, a une grande vision pour la
Côte d’Ivoire et pour l’Afrique. Je dois
dire que de grands hommes politiques et non des moindres ont
appelé le président de la République
à travers le monde pour le féliciter pour cette
position courageuse qu’il a prise. Au nombre de ces hommes
politiques, on compte même des Français. Pendant
que ces petits hommes politiques condamnent son attitude, le
président Gbagbo, lui, trace les voies d’une
nouvelle ère pour la Côte d’Ivoire et
pour toute l’Afrique. L’ère de
l’indépendance vraie et de la
souveraineté véritables de nos Etats. Comment
comprendre qu’un homme parce qu’il estime
qu’il a plus de moyen qu’un autre, demande
à celui-là de venir
célébrer son anniversaire chez lui, alors que
cette personne malgré ses maigres moyens veut
fêter chez elle à domicile? En demandant
à cette personne d’abandonner son domicile pour
aller célébrer son anniversaire ailleurs chez le
fortuné, on veut l’infantiliser ou même
la ridiculiser. Le président Gbagbo pense
qu’après 50 ans
d’indépendance, les Etats africains sont
suffisamment matures pour célébrer leur
indépendance chez eux à domicile. C’est
cette voie là qu’il ouvre et qu’il
indique aux dirigeants des Etats africains. Mais il n’y a pas
que cette raison. Il n’y en a une autre qui tient au
rôle joué par l’Etat français
dans la grave crise que traverse notre pays. On se souvient en effet,
qu’en novembre 2004, prenant prétexte
d’une prétendue attaque d’une base
militaire française à Bouaké, au cours
de l’opération
«Dignité», les dirigeants
français d’alors avaient donné
l’ordre à leur armée
stationnée en Côte d’Ivoire de
détruire la flotte aérienne de notre
armée et de tirer à balles réelles sur
les jeunes patriotes sur les ponts Houphouët et De Gaule,
devant l’hôtel Ivoire et
l’intérieur du pays et qui a causé plus
de 60 morts et environ 3000 blessés. Le président
Gbagbo estime que tant que le contentieux né de cette
attaque de la France n’est pas réglé il
n’y ira en France ni en visite d’Etat, ni en visite
d’amitié et de travail ni même en visite
privée. Meurtrie par cette barbarie française, le
président Gbagbo ne comprendrait pas qu’alors
même que la France n’a pas encore reconnu son
forfait et cherché à régler ce
différent entre nos deux Etats, il enjambe les corps de ses
compatriotes pour aller fêter avec la France. Le
président Gbagbo est parfaitement conscient du fait
qu’il s’expose à la colère
des dirigeants français en adoptant une telle attitude. Mais
contrairement aux autres hommes politiques qui pensent que la route
pour le pouvoir passe par les puissances
étrangères auxquelles, ils font
allégeance et qui se servent d’eux pour la plus
part du temps, pour déstabiliser nos Etats, le
président Gbagbo, lui, préfère ne pas
être dans les bonnes grâces des dirigeants
français pour protéger la Côte
d’Ivoire et partant l’Afrique. En adoptant une
telle attitude, pour le président
l’intérêt du peuple est au dessus de ses
propres intérêts. C’est pourquoi le
peuple ivoirien qui est si fier de lui le plébiscitera au
premier tour de l’élection
présidentielle et va sanctionner
sévèrement ses adversaires qui n’ont
d’yeux que pour l’extérieur et qui
n’ont trouvé comme solutions à leurs
problèmes que la guerre.
N.V. : L’actualité
c’est aussi la guerre de clan qui oppose
Bédié et Banny au PDCI. Quel est votre regard sur
cette crise
M.S.B. : Nous avons toujours dit que Bédié
n’est pas le bon cheval pour le PDCI pour les
élections qui s’annoncent. A 76 ans,
Bédié ne peut rien apporter aux Ivoiriens. Il a
tout eu dans ce pays aussi bien au plan social qu’au plan
politique de sorte qu’il devrait penser à prendre
sa retraite politique pour faire la place à un plus jeune.
Si le PDCI le maintient comme candidat, c’est à
ses risques et péril parce que les Ivoiriens ne peuvent plus
confier le destin de leur pays à cet homme. Si des voies
s’élèvent aujourd’hui
à l’intérieur du PDCI pour faire
candidature contre Bédié, je pense que cela est
lié à la position qu’il a prise quand
la Côte d’Ivoire a été
attaquée. Nombreux sont les membres du PDCI qui ne
comprennent pas que lui qui a été Chef
d’Etat ait soutenu ceux qui ont agressé ce pays.
Ceux qu’on voit ne sont que la partie visible de
l’iceberg. Parce qu’ils sont nombreux au PDCI, ceux
qui sont révoltés et qui attendent sans rien
dire, les élections pour sanctionner
Bédié. Cela dit c’est une affaire
interne au PDCI qui ne nous regarde pas. Nous, nous attendons les
élections pour les étaler
N.V. : Recevant la
liste électorale provisoire, le président de la
CEI a dit que les choses iraient désormais très
vite. Est-ce à dire que le débat autour de la
vérification de la liste électorale provisoire
est a eu un point de convergence ?
M.S.B : La vérification démarre effectivement la
semaine prochaine parce qu’un accord est intervenu entre tous
les acteurs.
N.V. : Sur quoi
porte cet accord ?
M.S.B. : Alors qu’initialement, la vérification
devait porter sur environ 1.800.000 pétitionnaires retenus
sur la liste par ascendance, la primature avait voulu ramener ce nombre
à 166.000 pétitionnaires pour des raisons de
délai. Ce à quoi nous nous sommes
opposés et que nous avons dénoncé la
semaine dernière. Après plusieurs discussions,
nous avons convenu de vérifier manuellement 846.000
pétitionnaires qui sont le résiduel des 1.8
après en avoir extrait 25.000 croisés
positivement avec le fichier numérisé de
l’Etat civil, et près de 700.000 dont les noms des
deux parents sont en conformité avec ceux qu’on
retrouve sur l’Etat civil. Après ces deux
opérations, il est resté 1.100.000
pétitionnaires. Sur ces 1.100.000 on a pu rattacher
à un centre d’Etat civil, 846.000
pétitionnaires. Ce sont donc ces 846.000 qui vont
être soumis à la vérification manuelle.
N.V. : Que
deviennent alors ceux qui n’ont pu être
rattachés à un centre d’Etat civil ?
M.S.B : Le politique décidera le moment venu. Mais pour
l’opération de vérification, elle va
aller très vite, parce que comme nous l’avons
souhaité, les équipes vont être
démultipliées dans chaque centre d’Etat
civil pour terminer en tenant compte des délais.
C’est le lieu de demander aux DDC, aux DLC, aux DES, aux GAZ
de suivre particulièrement cette opération de
vérification qui durera quelques jours et se fera
concomitamment avec le contentieux qui démarre
également la semaine prochaine. Une réunion avec
les DDC est convoquée par le directeur national de campagne
le mercredi 21 juillet à 11 heures au QG de campagne pour
préparer cette importante opération.
C’est la dernière ligne droite pour aller aux
élections que nous ndevons gagner au premier tour. Je
demande donc aux DDC dez se mobiliser non seulkement pour
être à la réunion de mercredi 21
juillet, mais aussi et surtout pouir le suivi de ces deux
opérations que sont le contentieux et la
vérification.
Entretien réalisé par Boga Sivori
bopgasivo@yahoo.fr