Deux
systèmes sécuritaires se côtoient en
zone occupée par les ex-rebelles.
Il s’agit d’une part du système des
comzones et celui que forme le
corps préfectoral. Les critiques à ce sujet
d’un général français
méritent d’être connues de tous..
Il y a un peu plus de deux semaines que le premier ministre est hors du
pays. Son absence prolongée est due à des raisons
personnelles. D’où
les «visites privées»
annoncées ces derniers temps, en vue d’expliquer
sa présence «à Paris». Sur
les bords de la Seine, le chef du
gouvernement, issu de l’accord de Ouagadoughou (APO), a cru
bon de
faire des déclarations. Pour rompre le silence, qui
finissait par
intriguer nombre d’Ivoiriens. Brisant donc la glace, le
co-signataire
de l’APO a donné de la voix. Ainsi, Soro Guillaume
a-t-il pris fait et
cause pour ses collaborateurs au sein des Forces nouvelles (Fn). Il a
assené que «le débat sur le
désarmement avant les élections est
dépassé». Et le premier ministre de
s’appuyer sur un désarmement des
ex-combattants, qui a, selon lui, été effectif.
«Le désarmement des
combattants des ex-rebelles a bel et bien eu lieu et s’est
déroulé en
trois phases sous l’égide des forces
impartiales», a-t-il dit comme
pour répondre au FPI. qui, avait fait ressurgir le
débat sur le
désarmement. Mais le premier ministre ne croit pas si bien
dire. Car,
avant même le président du parti
présidentiel, un observateur militaire
et non des moindres avait relevé le contraste de la
cohabitation des
‘’comzones‘’ avec le corps
préfectoral, en zone centre-nord-ouest
(CNO). «Il faut mettre fin au règne des
com-zones», avait assené le
général Bruno-Clément
Bollée, le jour même de son départ de
la Côte
d’Ivoire. Nous étions en juillet dernier, peu
après la défiance à
l’autorité dont s’est rendu coupable le
“comzone” de Séguela, Koné
Zackaria. Dire simplement qu’il faut sortir les chefs de
guerre de
l’ex-rébellion du système
sécuritaire, est un témoignage objectif sur
le désarmement. Tant il avoue que le désarmement
au niveau des
intouchables que sont les
‘’comzones‘’ reste encore
entier. Même parti
du commandement de la force Licorne, les propos du
général sont
toujours un désaveu. A toute personne qui
prétendrait que le
contentieux du désarmement a été
entièrement vidé. Le
général français
relève aux yeux de la communauté internationale
un blocage dans le
dénouement de l’accord politique de Ouagadougou.
Car, il est, en effet,
inconcevable, commentait-il, que l’on parle de
‘’commandants de zone‘’
là où les préfets,
sous-préfets et secrétaires
généraux de sous
préfectures, représentants de l’Etat,
doivent avoir droit de cité.
Comme solution, l’ex-commandant de la force Licorne
recommandait un
démantèlement pur et simple de ce qu’il
a appelé «le dispositif
sécuritaire» de
l’ex-rébellion. «Il faut
démonter ce système pour le
mettre en adéquation avec la sortie de crise»,
avait-il fermement
préconisé. Du temps où il a fait ces
déclarations à nos jours, rien de
concret n’a été fait dans le sens de sa
proposition.
Safiatou Ouattara