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Edmond Edouard N'GOUAN
Lire : Les Souhaits du P.
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Le Parti Ecologique Ivoirien
SEM André Janier,
Ambassadeur de France en Côte d`Ivoire aux Ivoiriens :
“Ce n`est
pas le moment
de vous décourager. La paix est à
portée de main”
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samedi 29 novembre 2008 - Par
Le Nouveau Réveil |
Après
la rencontre entre le Premier
ministre Soro Guillaume et les ambassadeurs
accrédités en Côte
d'Ivoire, Son Excellence André Janier, Ambassadeur de France
en Côte
d'Ivoire, dans l'interview qu'il a accordée à
ONUCI-FM, après avoir
relevé que les différents reports des
élections risquent d'émousser la
confiance de la communauté internationale et de
décourager celle-ci, a
toutefois fait preuve d'optimisme dans le processus de sortie de crise
en lançant aux Ivoiriens que la paix est à
portée de main et qu'ils
n'ont pas à se décourager où
à baisser les bras.
Bonjour Excellence!
Bonjour.
Un mois seulement nous sépare de l'année 2009.
Quel regard posez-vous
sur l'année 2008, sur la gestion du processus de sortie de
crise en
Côte d'Ivoire?
Les Ivoiriens, depuis la signature de l'accord de Ouagadougou, se sont
attelés avec beaucoup de persévérance
et une unité évidente à la sortie
de crise. Ils avaient espéré que la
première étape importante de cette
sortie de crise qui consiste dans l'élection d'un
Président de la
République légitimé par le suffrage
universel à l'intérieur et à
l'extérieur de la Côte d'Ivoire, que cette
élection ait lieu avant la
fin de l'année. Ils ont fourni beaucoup d'efforts dans cette
direction.
Il se trouve que pour des raisons qu'on nous décrit comme
essentiellement logistique, technique et financière, cette
élection n'a
pas pu avoir lieu en 2008. Mais nous constatons avec une grande
satisfaction que les principaux dirigeants de ce pays réunis
à
Ouagadougou, le 10 novembre dernier, dans le cadre du CPC, se sont mis
d'accord pour dire d'une seule voix, en tout cas, c'est ce que je lis
dans le communiqué, " Nous n'avons pas pu
réaliser notre objectif au
mois de novembre, mais qu'à cela ne tienne. Nous manifestons
toujours
la même volonté politique d'aller aux
élections. Et nous continuons à y
travailler tous ensemble ". Que pensez-vous de l'étape du
processus de
sortie de crise en cours, c'est-à-dire
l'opération d'identification et
de recensement électoral ?
Ce que je remarque, c'est qu'il y a eu quelques difficultés
à
l'allumage si vous me permettez cette expression. Mais qu'une fois que
le coup est parti, les choses se mettent en place progressivement. Les
obstacles sont contournés un à un et que le
processus atteint son
régime de croisière. C'était le cas,
souvenez-vous, s'agissant des
audiences foraines. Elles ont mis plusieurs mois à atteindre
ce fameux
rythme de croisière. Mais une fois que le train a
été posé sur les
rails, les Ivoiriens sont arrivés au terme de ce processus
avec les
résultats positifs que vous connaissez. Vous me posez la
question. Oui
je pense que c'est irréversible. En tout cas aujourd'hui, il
y a trop
d'intérêts en jeu, il y a trop d'efforts qui ont
été fournis, il y a
aussi trop d'argent qui a été investi dans ce
processus
d'identification pour qu'on puisse revenir en arrière. Il y
a aussi un
tel engouement de la part des demandeurs qui veulent se faire
enrôler
pour avoir une carte d'identité et une carte
d'électeur. Ils ont montré
que pour eux, c'était un évènement
vraiment important. Ils font la
queue pendant parfois toute une journée et plusieurs jours.
Comment
pouvez-vous imaginer décevoir ces millions d'Ivoiriens qui
attendent
depuis des années cet évènement
important de la vie politique de leur
pays et de leur vie personnelle ?
Excellence, Séguéla a été
secouée dans la nuit du 23 au 24 novembre
dernier par des mouvements. Le lundi 24 novembre également,
étaient
signalés dans certaines parties du territoire, des
mouvements des
soldats du CCI. Quel commentaire faites-vous relativement à
tout cela ?
C'est de nature à faire peur ?
Toute violence est inquiétante et condamnable. Nous avons
évoqué tout à
l'heure, le processus d'identification, le processus
électoral. Ils
vont de pair avec le processus de désarmement. Aussi les
Ivoiriens nous
expliquent-ils que ce processus est bien lancé et qu'il est
en route.
Ce n'est pas facile. Il y a des exemples dans de nombreux pays, en
particulier africain où ce genre d'opérations a
pris du temps. Et a
connu des hauts et des bas. C'est le cas en Côte d'Ivoire. Je
remarque
qu'il y a plus de haut que de bas. Là aussi, je pense que le
processus
est devenu irréversible. Il y a certaines
réticences toujours dans ce
genre d'opération. Il y a certaines difficultés
à contourner, c'est le
cas. Il y a eu des incidents que vous faisiez remarquer à
Séguéla. Il y
a eu des incidents auparavant dans d'autres endroits de la
Côte
d'Ivoire. Jusqu'à présent, les Ivoiriens ont
réussi à les résoudre. Il
n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas à cette
occasion aussi.
Je pense malheureusement qu'il y aura encore quelques petits accrocs
ici et là. Mais je suis convaincu qu'ils ne seront pas de
nature à
remettre en cause l'ensemble du processus.
Confiant donc ?
Avec les Ivoiriens, oui. Ce sont les Ivoiriens qui, comme je le disais,
attendent tellement la sortie de crise dans leur pays,
l'identification, le désarmement, les élections
qu'on ne peut que les
accompagner dans leur volonté d'aller au bout, dans la
confiance qu'ils
ont placée jusqu'à maintenant dans ce processus.
Financement du
processus de sortie de crise, que doit retenir l'auditoire d'ONUCI-FM
concernant la partition jouée par la France ?
La France contribue comme de nombreux autres partenaires de la
Côte
d'Ivoire, dans la mesure de ses moyens et en partageant avec les
autres, au financement du processus de sortie de crise. Nous y
participons directement. Nous avons déposé plus
d’un million d'Euros
dans les paniers de fonds ouverts par le PNUD à cet effet.
Et nous y
participons aussi par l'intermédiaire de l'Union
européenne. Comme vous
savez, l'Union européenne a même
déposé récemment treize milliards de
Fcfa dans le panier de fonds. La France, membre de l'Union
européenne
qu'elle préside d'ailleurs actuellement, a sa part
évidemment dans ce
décaissement. Le budget de l'Union européenne est
alimenté par les
Etats membres. La France fait partie des tout premiers contributeurs au
budget de l'Union européenne. Donc elle contribue aussi au
financement
de la sortie de crise. On disait que le financement des
élections était
à peu près bouclé. Je crois que
c'était le cas il y a deux ou trois
mois. Evidemment, si les délais sont reportés
à plus tard, ça risque de
coûter plus cher. On a déjà fait appel
à la communauté internationale
pour qu'elle fasse un effort supplémentaire. Mais
là, il faudrait
expliquer aussi aux Ivoiriens que la communauté
internationale comme
toute nature humaine peut être sujette au
découragement. Et il ne faut
pas indéfiniment reporter les élections, parce
qu'on risque de
décourager à la fois l'opinion publique
ivoirienne, c'est cela le plus
important. Nous disions tout à l'heure qu’elle
avait confiance dans la
volonté de ses dirigeants et dans la capacité des
opérateurs à aller au
bout du processus électoral. Mais de report en report, on
risque
d'émousser cette confiance et de la décourager.
Même chose, toute
proportion gardée, à propos de la
communauté internationale et du
financement qu'elle a consenti jusqu'à maintenant de ce
processus.
Comment qualifiez-vous, Excellence, l'état des relations
aujourd'hui
entre la Côte d'Ivoire et la France votre pays?
Les relations bilatérales entre les Etats connaissent des
hauts et des
bas. Il n'y a pas de raison à ce que la relation
ivoiro-française
échappe à ce théorème. Pour
l'instant, je constate que ces relations
sont meilleures qu'elles ne l'ont été. Nous nous
dirigeons d'un commun
accord vers leur normalisation progressive. Le Président de
la
République française a expliqué que ce
processus était lancé. Et qu'il
arrivera à son terme. Mais qu'il accompagne le processus de
la
normalisation de la situation en Côte d'Ivoire. Et au fur et
à mesure
des progrès de la sortie de crise, les relations iront de
mieux en
mieux. Le principe est acquis, adopté de la normaliser
complètement.
Nous sommes sur la bonne voie. Et là aussi, plus
tôt ce sera, mieux ça
vaudra. D'abord parce que la nature des relations
ivoiro-françaises,
c'est qu'elles se portent bien. Ça a
été le cas pendant très longtemps.
Si elles se portent mieux, ça vaudra dire que la situation
s'améliore
en Côte d'Ivoire. Donc nous ne pouvons que souhaiter que
ça se passe le
plus rapidement possible.
L'environnement des affaires, l'environnement économique ?
Aujourd'hui, c'est un peu difficile d'en parler parce que vous savez
que le monde vit une crise importante, une crise financière,
une crise
de l'énergie, une crise alimentaire. La Côte
d'Ivoire semble
relativement épargnée pour l'instant. La France
moins parce qu'elle a
été frappée de plein fouet par cette
crise. Evidemment, l'activité
économique de chaque pays est tributaire de cette sortie de
crise
aussi. Les relations commerciales entre les pays sont
également
tributaires de cette crise. Vous avez pu remarquer que la France, en
particulier, le Président de la République
française s'est investi
personnellement dans le règlement de la crise. Le
Président Sarkozy a
beaucoup voyagé. Il a organisé des
réunions. Il a suscité des
rendez-vous. Il travaille avec nos partenaires européens et
avec les
grands pays de ce monde, les Etats-Unis, d'autres encore. C'est lui qui
avait eu l'idée du G20 qui s'est réuni
à Washington ce mois-ci. Il est
à la pointe du combat pour essayer de résoudre
cette crise. Personne ne
parviendra à la résoudre seul dans son coin.
C'est pour cela qu'il
préconise deux choses. Un, que les grands pays travaillent
la main dans
la main pour régler cette crise. Et d'autre part, qu'on
n'oublie pas
les petits pays. Il s'est fait le porte-parole des pays en voie de
développement à Washington et en particulier de
l'Afrique, le Président
Sarkozy. Et il explique qu'il faudra associer tout le monde pour
régler
cette crise. Et qu'il nous faudra surtout laisser personne sur le bord
du chemin et pas les Africains.
Le retour en Côte d'Ivoire de l'AFD, quel symbole, et le
retour des opérateurs économiques
français ?
Ça fait partie de ce que j'expliquais tout à
l'heure, la normalisation
de nos relations. Cette normalisation devra concerner tous les domaines
de la relation bilatérale. Le retour de l'AFD qui a
été longtemps le
premier partenaire international de la Côte d'Ivoire au
monde. L'AFD a
réouvert son bureau au mois de juillet ici. Elle a
commencé déjà à
travailler, c'est un bon signe de la normalisation de nos relations. Je
crois que c'est au bénéfice de la Côte
d'Ivoire.
Excellence, Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, au terme
de cet
entretien, auriez-vous un message pour les uns, un message pour les
autres ?
Nous ne faisons pas de différence entre les Ivoiriens. Alors
c'est un
message qui s'adresse à tous les Ivoiriens, non seulement
aux plus
hauts dirigeants de ce pays, mais aussi à l'opinion
publique. Je
voudrais leur dire, vous avez accompli le plus gros du travail en
direction de la sortie de crise. Vous êtes sur la bonne voie.
Vous
n'êtes plus qu'à percevoir maintenant le
résultat ; il est là, au bout
du chemin, à portée de main. Ce n'est pas le
moment de vous décourager
ou de baisser les bras. Continuez à y travailler tous
ensemble. Je suis
certain et beaucoup d'observateurs avec moi, que vous y parviendrez.
André Janier en Côte d'Ivoire pour combien de
temps encore?
Ce n'est pas moi qui décide. Je suis là au
service de mon pays et au
service de la relation ivoiro-française. Et tant que mes
autorités me
demanderont d'y travailler, je le ferai avec beaucoup de cœur
et avec
beaucoup d'espoir. Donc je suis là, à la
disposition de la France, à la
disposition de la Côte d'Ivoire et à la
disposition des relations
bilatérales entre les deux pays aussi longtemps qu'on le
souhaitera et
que je pourrai me rendre utile. Excellence, je vous remercie!
C'est moi qui vous remercie et, félicitations pour le bon
travail que
ONUCI-FM fait maintenant depuis plusieurs années. On dit que
votre
radio est de plus en plus écoutée.
Moi-même, je suis un de vos fidèles
auditeurs. Je ne suis pas le seul, continuez. Vous aussi, vous
travaillez pour la bonne cause.
Propos recueillis par
Paul Koffi
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