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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Bernard Doza :
« Je suis interdit de sortir de la
France » | |
jeudi 18 sept par Afrik.com |
Arrêté et placé en garde à vue jeudi 11 septembre, le journaliste–écrivain ivoirien Bernard Doza a été remis en liberté dimanche dernier. Mais son passeport lui a été retiré. La police française voulait savoir si des officiers de l’armée ivoirienne seraient membres du MNR (Mouvement national révolutionnaire) , un mouvement d’opposition dont il est l’un des promoteurs.
Bernard Doza est l’un des tous premiers exilés volontaires de Côte d’Ivoire en France. Il est hostile au régime de Félix Houphouët-Boigny (1905 – 1993), premier président de la Côte d’Ivoire indépendante, lorsqu’il s’installe à Paris en 1977. Sept ans plus tard, il entame une carrière de journaliste et d’écrivain, qui le conduira à devenir rédacteur en chef de Média tropical en 1986. Toujours aussi critique à l’égard de la gestion des affaires dans son pays, il ne cesse de dénoncer la mainmise de la France sur l’économie ivoirienne, et s’active à animer différents mouvements d’opposition au sein de la diaspora ivoirienne en Europe. C’est dans ce cadre qu’il publiera « Liberté confisquée », un livre dans lequel il dénonce l’indépendance factice des Etats Africains, et la dépendance des chefs d’Etats des anciennes colonies françaises vis-à-vis de Paris. Il se préparait à se rendre en Côte d’Ivoire, lorsque la police française l’a interpellé, pour l’interroger sur l’implication supposée de certains gradés de l’armée ivoirienne dans le MNR, un mouvement de libération nationale dont il est l’un des pères fondateurs.
Afrik.com :
comment s’est
passé votre arrestation ?
Bernard
Doza : J’ai
été interpellé jeudi 11 septembre
à
mon domicile vers une heure du matin. Les agents m’ont dit
que j’étais
convoqué à la police pour un problème
me concernant. Mais ils ne m’ont
pas dit exactement de quoi il s’agissait. Ils ne
m’ont présenté ni
convocation ni mandat. Mais je crois que cela à un lien avec
des
déclarations que j’ai faites récemment
à la presse. J’ai en effet
confié à des journalistes qu’il serait
intéressant qu’un juge ivoirien
lance des mandats d’arrêts contre certaines
personnalités françaises
impliqués dans les meurtres commis par
l’armée française devant
l’hôtel
Ivoire d’Abidjan et ses environs en novembre 2004.
J’ai dit cela en
faisant un parallèle avec l’attitude des juges
français qui ont lancé
des mandats d’arrêts contre des Ivoiriens et
même convoqué
Simone Gbagbo l’épouse du chef de l’Etat
Ivoirien dans l’affaire du
journaliste Guy André Kieffer. J’avais
ajouté qu’une mobilisation pour
de telles actions se fera dans le cadre du CAPL (Comité
d’action pour
la liberté), un mouvement dont je fais partie et qui tiendra
son
congrès à Abidjan en mars 2009. Le CAPL est un
mouvement nationaliste
qui demande le départ des forces
étrangères de Côte d’Ivoire.
Je crois
que c’est cela qui a attiré l’attention
sur moi. J’ai donc été conduit
au commissariat du 13e arrondissement où j’ai
été enfermé dans une
cellule du sous-sol. Mon téléphone portable
m’a été retiré.
Afrik.com :
Qu’est ce qu’on vous a demandé au
commissariat ?
Bernard
Doza : Je n’ai pas
été interrogé au commissariat
de police. Vendredi soir, j’ai eu un problème de
tension artérielle
anormalement élevée. J’ai tout de suite
été conduit à
l’Hôtel-Dieu un
hôpital parisien. Samedi vers midi, les policiers sont venus
me
chercher. Mais cette fois-ci, ils m’ont plutôt
conduit dans un endroit
que je crois être la DGSE (Direction
générale de la sécurité
extérieure) , au boulevard Mortier où
j’ai eu droit à une vraie chambre
et non plus une cellule. C’est là seulement que
j’ai été présenté
à un
officier, que je crois être un colonel.
Afrik.com :
Que voulait-il savoir ?
Bernard
Doza : Il s’est
présenté avec un document que
j’avais rédigé en mai 1997. Il
s’agit de mon propos pour une conférence
que j’avais organisée à Paris, pour le
MNR (Mouvement national
révolutionnaire) , un mouvement qui milite pour le
changement véritable
en Côte d’Ivoire. Donc dans ce document, je
dénonçais le pillage de mon
pays par le système néocolonial. Le MNR fait
aujourd’hui partie des
douze organisations qui constituent le CAPL. L’officier
voulait que je
lui livre les noms des militaires ivoiriens qui seraient membres de ce
mouvement. Je lui ai dit que le CAPL existait bel et bien, mais que
nous n’avions pas de correspondants dans
l’armée ivoirienne. Donc
l’entretien s’est limité pratiquement
à cette seule question.
Afrik.com : Que
s’est-il passé ensuite ? Comment
avez-vous été
libéré ?
Bernard
Doza : J’ai
été relâché dimanche. Une
dame est
venue me dire que j’étais libre. Je suppose
qu’ils ont copié des
numéros sur mon téléphone portable
pour les exploiter. Par contre, mon
passeport ne m’a pas été rendu. Ce qui
veut dire que je ne peux pas
sortir du territoire français. Je rappelle que
j’avais annoncé par voie
de presse que je me rendrais à Abidjan jeudi 18
août, j’ai été
arrêté
deux jours avant mon départ. On m’a fait savoir
que je suis de nouveau
convoqué le 02 octobre. Mais je n’ai pas
reçu de convocation formelle.
C’est mardi seulement que les policiers sont venus me
remettre mon
téléphone portable. Ils viendront donc
probablement comme la première
fois.
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