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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Courrier : Message aux
ivoiriens par Jean KIPRE.
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Mercredi 21 mai 2008 - Par DirectAbidjan.com |
Jean KIPRE a écrit:
L’annonce de
l’élection présidentielle
pour le 30 novembre prochain depuis la première quinzaine
d’avril, clôt
un chapitre de cette crise marqué au fer de la haine et de
guerres,
d’oppressions et de centaines de morts. Même
s’il ne fera pas table
rase du passé et ne garantira pas des lendemains plus
pacifiques, ce
sera à n’en pas douter, un jour historique pour le
pays. Il mettra tous
ceux qui auront la prétention de présider
à la destinée de la Côte
d’Ivoire, en situation d’avoir
l’assentiment du peuple dans sa
majorité, afin de résoudre tous les
défis d’avenir tels que : Le
chômage endémique, la corruption,
l’insécurité, les trafics en tout
genre, le racket, les tensions intercommunautaires. Alors,
d’acteurs
politiques passés experts dans les plaidoiries antagonistes
qui font
trainer les problèmes en longueur, les principaux
prétendants à la
présidence vont devoir, avec la vision du futur et le
vécu du présent,
imaginer un véritable projet à proposer au peuple
pour sortir le pays
de l’abîme, tel un candidat qui doit
présenter une thèse de doctorat
face à un jury. Sous cet angle de vue, cette date pour
l’élection
présidentielle est le signe annonciateur de
l’entrée en Côte d’Ivoire
de l’humanité, dans une ère nouvelle de
son histoire. Le pays,
terriblement secoué par une violente tempête
dès la naissance de ce
millénaire, a su malgré tout garder le cap. Il
est donc sur le point de
tutoyer l’histoire en devenant la Côte
d’Ivoire universelle,
c'est-à-dire, à la fois carrefour de toute
l’Afrique et terre où vivent
les gens de toutes les couleurs, de toutes les cultures en se frottant
les uns aux autres. Et comme il s’agira également
de construire un Etat
qui ouvre à sa population, des perspectives autres
qu’une économie qui
s’appuie sur les secteurs de la construction, des services de
base
comme le transport (gbaka, taxis
wôrô-wôrô) et la restauration
(les
maquis), ce projet de société devrait, quoi
qu’il en soit, avoir pour
lui l’évidence du bon sens : Offrir des solutions
au déficit inquiétant
d’entrepreneurs, d’élites
économiques et politiques dans notre pays.
Pour cela, il ne devrait pas échapper à un
investissement massif dans
l’éducation surtout de la jeunesse de notre
population qui reste une
source de dynamisme et d’imagination pour le
développement, même si on
n’en tire les bénéfices
qu’à long terme. En tant que condition du
développement de la démocratie, c’est
aussi cette éducation qui
permettra à chaque individu de devenir autonome, capable de
se former
un jugement propre ou personnel, tout en offrant les mêmes
chances pour
tous. Pour toutes ces raisons, cette élection
présidentielle devrait
nous éviter une campagne ordurière, faites de
calomnies, d’injures et
d’insultes. Dans ce pays où la misère
est devenue visible, les
Ivoiriens n’aspirent plus qu’à
l’essentiel ou à l’idéal.
Pour cela,
cette Côte d’Ivoire du renouveau a besoin
d’une autorité inspirée par
la gravité de la fonction présidentielle,
à la fois régulatrice et
protectrice ; une autorité qui puisse rétablir
une situation normale de
souveraineté pour bâtir les fondations du futur
succès du pays. C’est
un pari hardi auquel devront se livrer nos acteurs politiques et qui
pourrait déterminer leur capacité à
donner l’impulsion indispensable
sur quelques points qui me semblent essentiels : D’abord sur
le plan
économique, leur capacité à sortir la
Côte d’Ivoire de l’état de
coma
dépassé dans lequel l’a
entrainée l’infarctus du 19 septembre 2002,
pour ensuite la mettre en meilleur état de marche. En second
lieu, la
perspicacité de leur intuition à conduire le
changement en canalisant
les passions collectives et les emballements idéologiques
dans le bon
sens, étant entendu que cette intuition ne
s’apprend pas à l’école ; on
l’a ou on ne l’a pas. Partant de là, il
ne restera plus qu’à bien
capter le parfum de notre époque pour maîtriser
l’avenir, sachant que
la Côte d’Ivoire n’est pas
créée avec un destin programmé : De la
même
manière qu’Houphouët a
commencé à la construire, c’est
à chacun de ses
successeurs de poursuivre la tâche avec l’ensemble
des Ivoiriens en
bannissant les discours pouvant conduire à un repli sur soi
d’un groupe
ethnique quel qu’il soit. Maintenant, nous ne savons que trop
les
conséquences que cela peut avoir : Une guerre mal
fondée ne démultiplie
pas seulement la violence en alimentant les sentiments
d’injustice ;
elle détourne aussi des combats justes, qui sont
nécessaires pour
établir et maintenir la paix. Exemple : le combat contre la
cherté de
la vie avec ces émeutes de la faim au début du
mois d’avril ; celui
contre la corruption qui a conduit à
l’empoisonnement des Ivoiriens par
le déversement des déchets toxiques ; le racket
des forces de l’ordre
dont sont victimes les citoyens au quotidien et qui conduit quelquefois
à des brutalités sauvages comme a pu les subir
Laurent POKOU (grande
gloire du football ivoirien et africain). On peut donc dire que le
nouveau siècle nous a fait voir le pire de
l’esprit humain en imprimant
dès sa naissance, sa marque dans notre mode de
pensée et d’action, ce
qui commence déjà à changer notre
vision du monde et de la société.
Va-t-il maintenant nous montrer le meilleur de cet esprit humain ?
C’est tout l’enjeu de cette élection
présidentielle du 30 novembre qui
sera donc un moment de vérité lourd de
conséquences avec en arrière
plan, deux questions cruciales : Comment allons-nous être
gouvernés et
avec quels objectifs ? De fait, l’attention devrait
être portée sur les
idées et non sur les personnes, ce qui mettrait fin par la
même
occasion, à cette épreuve de crise de laquelle
nous ressortirons
complètement groggy certes, mais aussi regonflés
à bloc pour faire de
ce « rêve ivoirien », une
réalité : Vivre dans un monde sans chaines !
De toute évidence, ce sera aussi une élection
placée sous le signe de
la fin d’une certitude : Celle de la mort
définitive de cette idéologie
ancestrale que les uns sont faits pour gouverner ou que le pouvoir leur
appartient. Et quel qu’en soit le résultat, il
s’ensuivra à coup sûr,
une redistribution des cartes, des forces et des destins.
Au-delà même
des relations inter ivoiriens, nous arrivons également en
fin de cycle
de toute l’idéologie issue de la guerre froide et
au regard de laquelle
l’inféodation de la Côte
d’Ivoire tout comme la plupart des pays
africains, était une habitude. De cette période
là, certains se sont
accoutumés à divers jeux obscurs avec des
puissances étrangères. Sans
renier ses amitiés, il s’agit
aujourd’hui pour le Côte d’Ivoire de se
consacrer à une immense entreprise : Celle
d’accomplir avec toutes les
générations et tous les talents, une vaste
transformation de ce pays
tout en vivant dans des conditions difficiles ; ceci bien
évidemment
dans un seul but : Dans la mesure du possible, faire en sorte que la
Côte d’Ivoire vive, progresse et qu’elle
assure son avenir en observant
le principe que sa politique se détermine non pas
à Paris ou ailleurs,
mais bel et bien en terre ivoirienne. C’est en agissant ainsi
que la
Côte d’Ivoire épousera ce
millénaire où le
dérèglement planétaire voit
naître des émeutes de la faim d’un bout
à l’autre du globe. Cette
réalité nous donne à penser
qu’il n’y a pas meilleur façon de
pratiquer
la politique que sur un ordre de priorité, suivant les
réalités propres
de chaque pays. Pour ainsi dire, il n’y a pas une autre de
valable dans
notre situation car, relativement au drame qu’elle traverse,
la Côte
d’Ivoire sait plus que n’importe qui, le plus
important pour elle.
Alors, elle essaye tant bien que mal de s’y accrocher. Et les
Ivoiriens
qui sont maintenant dans la conscience que c’est de la
tragédie que
naît la grandeur, attendent ce top départ de
l’élection présidentielle
pour engager sans déchirement le destin de la nation vers le
progrès,
l’indépendance et la paix. Ils semblent juste
avoir besoin pour cela,
d’une République qui leur ouvre un cadre digne et
solide à l’action de
construction. On aurait d’ailleurs du mal à
imaginer qu’il en soit
autrement depuis le gouvernement issu des accords de Ouaga. Dans tous
les cas, après
avoir vécu les pires difficultés, les Ivoiriens
connaissent maintenant
le prix du bonheur pour recommencer ce jeu mortifère des
partis qui
couvre en réalité, des ambitions personnelles.
Leur unique ambition
désormais, est la construction de la Côte
d’Ivoire à la manière d’une
cathédrale ou d’une mosquée, ce qui
signifie qu’il faut intégrer la
notion de temps et avoir la foi : C’est aussi cela, le sens
de cette
élection dont demain tout peut dépendre. Reproduction interdite du site