Le Parti Ecologique Ivoirien



Lutte contre le racket et la corruption La récupération politique de Gbagbo



samedi 17 mai 2008 - Par Notre Voie
 

Victimes des racketeurs« Je ne peux rien faire contre mes collaborateurs qui volent. S’ils volent, ce ne sont pas les premiers à voler dans ce pays. » C’est en substance les propos tenus par le président Laurent Gbagbo au cours de l’interview qu’il a accordée en février dernier à la Première chaîne. Le chef de l’Etat face à l’ampleur que prennent la corruption et le racket, avait ce jour exprimé son impuissance, pour ne pas dire son indifférence. Que n’a donc pas été notre surprise au cours de la lecture du communiqué du Conseil des ministres du jeudi dernier, d’entendre que le chef de l’Etat envisage désormais de prendre à bras le corps la lutte contre ces deux tares qui gangrènent notre société ? « Qu’est-ce qui a bien pu arriver à Laurent Gbagbo pour qu’il puisse effectuer un tel revirement quatre mois après avoir donné son accord tacite à la corruption et au racket ? » Se sont interrogés les Ivoiriens. Les racines de cette volte-face se trouvent dans la dernière sortie du Premier ministre. Au cours de l’entretien télévisé qu’il a eu avec des journalistes et diffusé le mardi dernier, Guillaume Soro s’est engagé à combattre ces plaies de la société qui, sous la refondation, ont pris des proportions inquiétantes. Aujourd’hui, les populations et l’économie souffrent énormément des contrecoups de la corruption généralisée. Sensible à la détresse des Ivoiriens, le Premier ministre en dépit de sa feuille de route assez chargée avec le processus de paix, a décidé d’aller en croisade contre les bakchichs et autres pots-de-vin. C’est en ce moment curieusement que le président Laurent Gbagbo se souvient que c’est à lui d’engager ce combat et de sévir. De deux choses, l’une. Soit le champion de la Refondation essaye de protéger les pontes de son régime qui seront certainement les premiers visés dans cette lutte âpre qui s’annonce en prenant le devant des choses. Soit il veut récupérer les dividendes politiques de cette vaste opération de nettoyage initiée par son chef de gouvernement. La deuxième thèse semble la plus plausible, en ce sens que l’actuel locataire du palais présidentiel est mieux placé que quiconque pour savoir que les populations Ivoiriens qui n’attendent que cela, ne manqueront pas de porter au pinacle celui qui les débarrassera des racketteurs et autres prévaricateurs des deniers publics. En cette période d’élections, le patron de la Refondation ne voudra pour rien au monde rater une telle occasion, à plus forte raison la laisser à un potentiel adversaire. Même s’il n’est pas candidat aux prochaines élections. Vous avez dit récupération politique ? Certainement. Mais il faut craindre que l’initiative ne soit plus du saupoudrage qu’une série d’actions concrètes ayant pour objectif d’éradiquer réellement la corruption et le racket. Il faudra donc pas s’étonner si au finish que ce soit les seconds couteaux qui payent à la place des vrais responsables. Car la Refondation a largement démontré à maintes reprises qu’elle ne livre pas ses enfants. Même quand ils sont coupables de péchés des plus inhumains.

Jean-Claude Coulibaly

Source : www.ivorian.net

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