Le Parti Ecologique Ivoirien



Lutte contre la xénophobie, le tribalisme et le racisme - Vers le vote d’une loi


mercredi 11  juin 2008 - Par Notre Voie


La lutte contre la discrimination raciale, et religieuse, contre le tribalisme, et la xénophobie va s’intensifier. Le gouvernement a saisi le parlement pour que le législateur ivoirien corse davantage la répression contre cette pratique en Côte d’Ivoire. Hier, mardi, le ministre de la Justice, Koné Mamadou a présenté aux députés le projet de loi du gouvernement conçu à cet effet. Dans son exposé de motifs, l’émissaire du gouvernement a indiqué que le projet de loi vise à renforcer la législation afin de rendre plus dissuasive et plus efficace, la répression du racisme, de la xénophobie, du tribalisme et de la discrimination raciale ou religieuse. Ce projet érige la pratique et les actes en infractions autonomes et les punit de peines criminelles, bien qu’ils demeurent des délits. Koné Mamadou a expliqué que concernant la répression, les moyens utilisés pour commettre l’infraction, la qualité de l’auteur ainsi que sa nationalité constituent selon les cas, des circonstances aggravantes susceptibles d’entraîner le double de la peine. Il a toutefois signalé que la motivation réelle de ce projet de loi répond au souci du gouvernement de créer la cohésion sociale, nécessaire à l’édification d’une société moderne et unie, d’une part, la volonté d’honorer ses engagements issus de traités, conventions et autres instruments internationaux d’autre part. Il ressort des explications du ministre qu’il existe une abondante législation en vigueur à propos, mais elle n’a ni dissuadé ni impressionné certaines personnes qui, pour des raisons économiques, politiques, religieuses et culturelles, tiennent des propos ou posent des actes à caractère raciste, tribal, ethnique ou xénophobe. Ces actes sont, a-t-il ajouté, de nature à fragiliser l’unité et la cohésion. Désormais, au dire de Koné Mamadou, le gouvernement veut frapper fort en renforçant les textes qui existent. Afin de décourager les citoyens qui sont toujours prompts à baigner dans le tribalisme, et autres discriminations. Comme il fallait s’y attendre, les députés ont relevé que si les dispositions existant déjà n’ont rien porté, il n’est pas sûr que leur renforcement apporte quelque chose de nouveau. Certains députés ont demandé à savoir pourquoi les lois déjà en vigueur n’ont jamais été appliquées. Sur la question, le député du PDCI, Salé Poly a indiqué qu’en Côte d’Ivoire, l’étranger n’a jamais été chassé avec un fusil comme on le voit ailleurs. Pour lui, la Côte d’Ivoire est un pays d’accueil avant de parier que les extrêmes que le projet veut atteindre ne donneront rien.
Contrairement à beaucoup de députés qui ont salué l’initiative, le député FPI d’Attécoubé, Marie Odette Lorougnon a demandé avec force, le rejet de ce projet de loi. Parce que pour elle, en concevant ce projet, la Côte d’Ivoire se condamne en donnant raison à ceux qui collent à son pays, les étiquettes de pays xénophobe, raciale et de discrimination.
Pour la secrétaire nationale de l’OFFPI, il est inconcevable que les Ivoiriens, à travers cette loi, créent en eux un complexe d’hommes coupables de ces tares. Certains militants pour cette loi, ont demandé que le népotisme, la corruption et le clanisme soient également intégrés au chapitre pour être réprimés.
Répondant, Koné Mamadou a rassuré que la loi relative à la répression de la corruption va suivre. «Nous attendons les chantiers que le président Gbagbo a ouverts. A Tiassalé, il a annoncé la guerre contre la corruption. Nous attendons que les textes arrivent, nous allons nous mettre à la tâche. Encourageons les Ivoiriens à saisir la justice quand ils ne sont pas contents. Il faut éviter les particularismes qui amènent les uns à se méfier des autres. Il ne doit pas avoir de combat entre la loi et la coutume», a précisé le ministre, qui a voulu dissiper les inquiétudes des députés qui craignent que les simples amusements liés aux alliances entre des communautés ne soient considérés comme des éléments de xénophobie et de tribalisme. Pour le ministre, seule l’intention de nuire sera prise en compte par le juge qui sera appelé à apprécier les faits qui lui seront soumis.

Benjamin Koré benjaminkore@yahoo.fr


Source : notrevoie.com

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