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Edmond Edouard N'GOUAN
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Le
Parti Ecologique Ivoirien
Racket,
bavures policières - Ange
Kessy menace les hommes en treillis
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lundi
28 avril 2008 - Par Le Temps |
La
rentrée solennelle de la juridiction
militaire me donne l`occasion de vous entretenir sur un sujet aussi
sensible qu`il tient à cœur tous ivoiriens. Il s
agit de la politique
criminelle militaire.
comme la grande muette, tout ce qui touche à
l`armée est toujours resté
discret, ce qui a bien évidemment laissé
l`impression d`une forêt
sacrée impénétrable, infranchissable
mais malheureusement où l`on pense
que tous les coups sont permis. Or, c`est justement l`institution
où
par excellence, tous les coups ne sont pas admis. C`est pourquoi, il
convient qu`au moment où l`on parle de plus en plus de
réforme de
l`armée, où l`objectif de l`autorité
militaire est de rapprocher le
peuple de son armée (Armée - Nation) de montrer
à ce peuple, ce qu`on
reproche à ses soldats et surtout comment la justice traite
ces
reproches qu`on leur fait pour qu`il n`ait pas l`impression d`une
impunité, car un peuple ne soutient son armée que
lorsqu`elle est
propre, lorsqu`elle est sans reproche mais surtout lorsque ce peuple
sait qu`il n` y a pas d`impunité. C`est pourquoi, nous
comprenons les
ivoiriens quand ils réclament que les brebis galeuses soient
punies
dans l`armée et c`est cela tout le fondement de la politique
criminelle
militaire.
Parler de politique criminelle militaire, c`est expliquer pourquoi et
surtout comment les Forces de Défense et de
Sécurité sont poursuivies
et sanctionnées. Pour le montrer, il faut
nécessairement expliquer les
mécanismes de la sanction pénale,
c`est-à-dire la procédure militaire.
En instituant un Code de Procédure militaire, le
législateur avait pour
objectif de concilier deux impératifs:
1 - d`abord, protéger le militaire contre toute poursuite
abusive par
une procédure qui déroge au droit commun et ce,
en raison de la
spécificité de son état, les
difficultés particulières liées au
métier
des armes qui les exposent plus facilement que les autres composantes
de la société, à la commission de
certaines infractions. Et comme le
faisait remarquer Monsieur Battinter, ancien Garde des Seaux, ministre
de la Justice française, permette à toute
personne qui se prétend
victime d`une infraction de déclencher l`action publique de
sa propre
initiative, sans aucune vérification préalable,
sans aucune enquête
préliminaire pour s`assurer qu`il existe un
bien-fondé dans ces
accusations, ce serait ouvrir une voie procédurale
à des actions
dangereuses pour l`autorité militaire (J.O déb.
SENAT 18 mai 1982, p.
2086). Au demeurant, il faut rappeler que les infractions d`imprudence
n`engagent pas la responsabilité personnelle mais celle de
l`Etat
l`action en réparation ne saurait donc être porte
devant le juge
répressif (arrêt THEPAZ, 14 janvier 1935).
Il n`est donc pas permis à tout le monde, comme c`est le cas
devant le
juge d`instruction civil, de déclencher l`action publique
contre un
militaire, seul le ministre de la Défense en ce qui concerne
les
militaires et le ministre de la Sécurité pour le
personnel de la
Police, en ont le pouvoir. Il exerce ce pouvoir de
déclencher l`action
publique et le confère au Commissaire du Gouvernement qui le
poursuit
par l`exercice de l`action publique. Conséquence de cette
protection du
militaire par la loi pénale : il n`y a pas de fragrant
délit dans la
procédure militaire, la liberté sous caution
n`existe pas non plus.
Comme le père qui sanctionne souvent l`enfant qui se
comporte mal pour
sauvegarder l`honneur de la famille et les autres enfants, le
législateur a confié au ministre de la
Défense et de la Sécurité la
charge de poursuivre toute infraction commise par les Forces de
Défense
et de Sécurité qui ternissent l`image et jettent
l`opprobre sur la
grande famille militaire.
En conséquence, nous, Forces de Défense et de
Sécurité, devons-nous
convaincre, que ce n`est pas pour faire plaisir à un
chauffeur de woro
woro ou de gbaka, ce n`est pas pour venger un syndicaliste, ni un
transporteur, ni un voyageur que nous les rappelons à
l`ordre. Quand on
porte plainte contre eux, le parquet, c`est-à-dire le
représentant de
la société militaire, ne peut et ne doit rester
insensible, c`est parce
que l`Armée n`admet pas que sa dignité et son
honneur soient bafoués
par des accusations dirigées contre certains de ses membres,
que son
représentant c`est-à-dire le parquet vous attrait
devant le Tribunal
pour venir vous expliquer. Cela ne veut pas dire qu`on est contre vous,
au contraire en vous invitant à vous expliquer, vous
répondrez que vous
n`avez rien fait, que “les gens gâtent votre nom
pour rien”. Le
militaire ne transige pas avec l`honneur, le militaire ne badine pas
avec sa dignité. Si cela nécessite que nous
poursuivions quelques uns
pour garder l`honneur des autres intact, nous n`hésiterons
pas. Le
Tribunal militaire existe depuis 1974. Son organisation et son
fonctionnement sont, en tout point, identiques aux juridictions
répressives de droit commun.
ORGANISATION
Trois Services institués :
- le Parquet dont le chef appelé Commissaire du Gouvernement
a les
mêmes rôles et attributions que le Procureur de la
République en
matière correctionnelle et le Procureur
général quand il s`agit de
juger les affaires criminelles (Art. 38 CPM)
Au plan militaire, il a sous son commandement tout le personnel
militaire et civil placé sous son autorité, il a
pour cela rang et
prérogative de Chef de corps. Le parquet près le
Tribunal militaire
d`Abidjan est composé d`un Commissaire du Gouvernement et de
3
Substituts. Le législateur a estimé que le juge
d`instruction étant
militaire, il travaille 24 heures sur 24 et peut boucler un dossier en
un an, là où les procédures peuvent
conduire son collègue civil en 2 ou
3 ans ou plus. C`était le cas du dossier de Jean
Hélène bouclé en 4
mois, Gohitafla (21 inculpés) bouclé en 8 mois,
Anyama-Agboville (40
inculpés), clôturé en 10 mois
etc…
Quand au jugement, le recours peut être formé
devant la Cour de Cassation (Cour Suprême).
FONCTIONNEMENT
Il y a deux voies pour saisir le Tribunal militaire.
1- La voie de la police judiciaire : porter la plainte à la
Gendarmerie
ou à la Police qui établit un
procès-verbal transmis au Parquet
militaire.
2- La voie de la saisine directe du Parquet : les plaintes sont
déposées devant le Parquet du Commissaire du
gouvernement. Après étude,
le Commissaire du Gouvernement décide : soit de
requérir la police ou
la Gendarmerie pour un complément d`enquête
(réquisition aux fins
d`enquête) soit diligenter l`enquête en
auditionnant lui-même les mis
en cause, témoins et plaignants sur procès
verbal. Que ce soit dans le
1er ou le second cas, une fois l`enquête terminée,
elle est transmise à
la décision du ministre, autorité investie des
pouvoirs judiciaires.
La loi ne prescrit aucun délai limite au ministre,
seulement, quand le
militaire est arrêté et détenu
à la suite de l`enquête, l`article 82
limite le délai de décision du ministre
à 70 jours maximum, faute de
quoi, le détenu obtient une liberté provisoire de
droit. La décision du
ministre :
- soit il choisit de poursuivre et délivre alors un ordre de
poursuite
: c`est alors le début de l`action publique. Il n`est
susceptible
d`aucun recours et le pouvoir du ministre de poursuivre n`est pas
communicable (le DIRCAB ne peut être mandaté).
Soit, pour des raisons
d`opportunité, le ministre ne veut pas poursuivre, il opte
pour le
refus de poursuite, alors l`affaire est vraiment classée et
la victime
peut alors devant les juridictions intenter une action civile ou
administrative en cas de responsabilité administrative. En
1995, la
juridiction connaît sa première
véritable affaire avec le déclenchement
de l`affaire Guéi Robert. Nous n`allons pas nous y attarder,
ces
dossiers étant amnistiées. Mais permettez tout de
même que pour les
besoins de mes propos, j`en utilise un peu comme moyen d`illustration
ou de démonstration. La criminalité militaire va
donc connaître ne
dangereuse et inquiétante évolution depuis les
années 2000. Alors qu`à
sa création en 1974 jusque dans les années 1990
en passant par
l`intégration des policiers dans la compétence du
Tribunal militaire en
1978, le Tribunal militaire ne connaissait que des menus
procès de
désertion, de refus d`obéissance et autres
infractions militaires qui
composaient l`essentiel de son rôle, les années
1990 vont marquer un
tournant important avec la première mutinerie.
Les infractions les plus fréquentes sont, de 2001
à 2007 :
CONTRE LES BIENS :
Vol,
détournement, racket, corruption ... : 644
Année la
plus forte : 2003 - 2004
CONTRE LES
PERSONNES : 1003
Homicide, meurtre,
viol, coups et blessures volontaires :
Année la
plus forte : 2002- 2003
MILITAIRE : 127
Désertion
Violation de
consigne
Autres
AUTRES
Violation domicile + perquisition illégale violations graves
des droits humains : 85
Ainsi en est pour l`essentiel de l`appareil répressif
chargé de rendre
la justice au sein des Forces Armées, restituer l`honneur et
la dignité
écorchés par le mauvais comportement d`une
société militaire
grossièrement envahie par des délinquants.
L`incursion des militaires
sur la scène politique ivoirienne va
nécessairement conduire à la
multiplication des faits délictueux et criminels tous les
méfaits
méconnus du public parce que jusque-là,
gardés secrets, vont être
portés à la connaissance du public : vol,
enlèvement, violation de
domicile suivi de perquisition illégal, racket, bavure sont
les
nouvelles infractions que le Tribunal militaire va connaître,
sans
oublier les complots et tentatives de déstabilisation sur
toutes ses
formes, sans préjudice de graves violations des droits
humains. Les
militaires et leurs affaires sales sont traînés
sur la place publique.
Face à cette flambée de la
délinquance, la volonté de réprimer
naît et
se développe mais la délinquance militaire ne
baisse pas pour autant.
Elle s`accroît dangereusement et pendant cinq ans, en effet,
les
ivoiriens vont vivre les pires moments de leur existence sur terre. Les
militaires leur font subir toutes formes de crime et délit
allant des
simples voies de fait à la torture suivie d`assassinat. Mais
la
politique criminelle, c`est d`abord la prise de conscience d`un danger
: celui d`un seuil de criminalité intolérable,
insupportable, ensuite
d`une volonté politique de lutter contre cette
criminalité en utilisant
les moyens nécessaires : législation plus
sévère, mode de répression
plus musclée …
Sur ce plan, il n`est pas injuste d`affirmer qu`il existe une politique
criminelle militaire en Côte d`Ivoire. Le fait pour le
Président de la
République et son gouvernement de reconnaître le
mal est le début de la
lutte contre l`impunité, une impunité qui dans
l`esprit de certains,
subsiste en côte d`Ivoire. Or, il n`en est rien. Il n`y a pas
d`impunité en Côte d`Ivoire. La Côte
d`Ivoire est l`un des rares pays
où en pleine crise militaire, on arrête, poursuit
et juge des
militaires qui ont tué des journalistes (Jean
Hélène) ou des étrangers
( soldat français tués à Zambakro).
Ailleurs, même en temps de paix, on
ne voit pas cela. La politique criminelle militaire en Côte
d`Ivoire
lutte inlassablement contre l`impunité. Au
départ, en effet, les
sanctions des infractions militaires avaient pour but de rappeler
à
l`ordre et ramener la nécessaire discipline. Maintenant avec
le
développement et l`allure que prend la nouvelle forme de
délinquance,
il y a lieu d`administrer de véritables corrections
à nos hommes qui
ternissent l`image de l`Armée et contribuent à la
détérioration, dans
leurs actes, des rapports entre le peuple et ses Forces de
Défense et
de Sécurité. Des coups et blessures à
l’escroquerie, tout y passe : de
nouvelles formes de délits ont émergé
dans certains corps : il s` agit
par exemple, de l` escroquerie au visa : mesdames et messieurs faites
beaucoup attention à ces corps habillés qui vous
promettent des visas,
ce sont des escrocs. Nos grands bandits habillés en treillis
sont tous
transférés à la MACA pour y purger les
peines dans les mêmes conditions
que les plus dangereuses crapules. Quand on examine le tableau de
l`évolution de la délinquance, on se rend compte,
bien vite que deux
fléaux ont considérablement augmenté.
Ils ont si dangereusement accru
qu`ils ont dépassé le cadre du simple
délit pour se hisser au rang de
véritable problème de
société. Les bavures et les rackets.
Les bavures
Les bavures sont des actes ou faits commis
généralement par les forces
de l`ordre, volontaires ou involontaires et qui ont gravement
troublé
l`ordre public. Ces cinq dernières années, nous
avons enregistré 11
bavures policières dont sept déjà
jugés ; le reste devant les cabinets
des juges d`instruction ; l` année 2008 doit être
la plus riche en
bavure puisque dans le seul mois de mars - avril 2008, nous avons
compté 5 bavures soit en moyenne une bavure toute les
semaines .
Le racket
Appelé extorsion de fonds, il est établi quand,
par des menaces ou
autres intimidations actives ou passives, l`agent contraint un individu
automobiliste en général, à lui
remettre de l` argent ou tout autre
bien. Au niveau des poursuites, c`est-à-dire: constater,
réunir les
indices, rechercher les auteurs, nous allons changer de
stratégie pour
adopter une thérapie de choc.
Désormais, toute
personne victime- ou
témoin d`un délit de racket peut filmer ou
photographier l`agent à
l`aide de son portable et envoyer les films par e-mail à
l`adresse :
tribunalmilitaireci@yahoo.fr.
Je souhaite que les journalistes portent
cette adresse dans leurs journaux tous les jours jusqu`à ce
que la
population en ait une parfaite connaissance de cette adresse qui doit
constituer un réflexe simple chez toute personne victime de
tracasserie, brimade ou racket. Pas besoin de donner son nom ou de
demander le nom de l`agent incriminé. L`heure, la date et le
lieu
précis suffisent.
Ce n`est pas tout : une patrouille anti-racket
sillonnera les rues et les quartiers d` Abidjan mais
également à
l`intérieur du pays
Le Parquet militaire se chargera des auteurs et les mettra à
la
disposition du Tribunal. Nous demandons donc la collaboration de tous
car la lutte contre le racket est une affaire de tous, le parquet ne
pourra pas être présent sur tous les lieux de
commission du délit.
Bavure et racket "étant intimement liées, l`un se
perpétrant très
souvent à cause de l`autre, ils sont
considérés comme préoccupation
première de la politique criminelle militaire à
compter de maintenant.
Comme un mal qui refuse de guérir, faisant rechuter le
patient à chaque
fois qu`on le soigne, le médecin administrant une
thérapie de choc en
associant plusieurs médicaments, nous allons passer
à une étape
supérieure de la lutte. Désormais, ce ne sont pas
les “petits”
seulement que nous allons poursuivre. “Allez sur le terrain,
encadrez
mieux vos hommes” disait le général de
brigade commandant le CeCOS.
Dans un dossier de racket ou de bavure, le responsable, ainsi que la
chaîne de toute la hiérarchie devra
répondre devant le Tribunal
militaire. Il expliquera par exemple pourquoi, en tant que chef, il ne
se transporte jamais à un barrage ne serait-ce que pour voir
comment
les hommes qu`il place aux barrages travaillent, réaliser si
les
critiques et reproches sont fondés ou pas. Oui, il faut que
les chefs
répondent des actes de leurs éléments
même si la responsabilité pénale
est individuelle ; tout chef dont l`élément est
poursuivi pour racket
ou bavure sera appelé devant le Tribunal miliaire en
qualité de témoin,
s`expliquer sur les agissements de ses éléments.
Citons par ce cas, le
plus récent : l`affaire Pokou Laurent tabassé
à Marcory au même moment
où une dame au Plateau subissait les violences physiques de
deux autres
policiers. Qui de ceux qu`on ne voit pas, qu` on n`entend pas, parce
qu`ils ont eu peur de les dénoncer ; le racket est devenu,
mesdames et
messieurs, un problème social en Côte d`Ivoire
auquel il faut
impérativement et maintenant trouver solution. Le
Président de la
République l`a dénoncé lui qui
connaît tous les problèmes des
ivoiriens, il s`est élevé contre le racket de nos
forces sur les
barrages et contre nos propres frères et sœurs. Le
premier ministre
n`exprimait pas moins son ras-le-bol, lui qui déclarait
à propos du
racket : “souvent, j`ai honte !” Il est d`autant
plus préoccupant qu`il
devient un problème politique car il est souvent
cité comme un facteur
favorisant la hausse des prix. Le Président Fologo l`a
dénoncé, lui qui
appelait à trouver un remède au racket. Les
voyageurs, transporteurs,
commerçants, étudiants, journalistes, bouchers,
commerçants de
vivriers, tous sans exception dénoncent le racket. Si les
ivoiriens ne
le supportent plus, c`est parce qu`il a atteint des proportions qui ont
dépassé le seuil du tolérable : ils ne
se cachent même plus, maintenant
ils font la monnaie, quelle honte, quel choc de la conscience ou bien
ils sont nés avant la honte, quand même si vous
n`avez pas honte, ayez
pitié, ayez peur de Dieu ! Des comportements
exaspérants qui poussent à
bout de patience des chefs, des vrais chefs;
Ainsi, l`un des
plus brillants de nos généraux, le
Général de Brigade
Djè Bi ne s`exclamait-il pas après
la bavure de Yopougon : “il
n`est
écrit nulle part que le contrôle
systématique des véhicules de
transport en commun et des particuliers fait partie des
tâches au
CeCOS.
Les
contrôles de véhicules ne s`effectuent que lorsque
les
indices ou des renseignements reçus font
soupçonner qu`ils
transportaient des produits délictueux tels la drogue, la
fausse
monnaie, de l`argent ou des objets volés ; l`acharnement
qu`exerce
certains éléments de CeCOS à
l`encontre des chauffeurs de gbaka ne se
justifie donc pas, surtout que depuis trois ans, aucun document
n`indique qu`on a fait telle ou telle saisie de drogue, des personnes
recherchées dans un camion ou dans un gbaka. Alors, le
général de
s`interroger : que cherchez-vous dans les
gbaka si ce n`est de l`argent
? Et le général qui continue
d`éclairer, qu`excédé par le racket
systématique, certains ne voient même plus
l`importance de se mettre en
règle. Certains chauffeurs répliquent par
l`indiscipline née de leur
ras-le bol, les agents se sentent humiliés et
l`irréparable survient”.
Merci mon général, mille fois merci de penser et
de dire ce que les
ivoiriens pensent. Au cours d`un contrôle,
j`ai
demandé à un élément de
la BAE ce qu`il faisait à côté d`un
taxi,
``De quelle
unité êtes-vous ?
Lui ai-je demandé :
BAE,
répond-il : ça veut dire quoi BAE ?
Brigade
anti-émeute ; fier qu`il est de le préciser.
Bien. Alors, dites-moi, il
y a quelle émeute dans ce taxi que vous
contrôlez….
Sont autant
d`anecdote que nous rencontrons tous les jours malheureusement avec des
gens qui ne savent même pas pourquoi ils sont là,
pourquoi ils portent
le prestigieux uniforme des Forces de Défense et de
Sécurité, un
uniforme cocufié tous les jours par des inconscients plus
avides
d`argent que de l`honneur et la dignité de leur corporation.
Que
doit-on attendre d`individus pareils ? La prison et la radiation, rien
d`autre. Oh, je sais combien de personnes s`apprêtent
à me répondre :
le racket n`est pas le seul fait des Forces de Défense et de
Sécurité.
Oui mais n`oubliez pas deux choses:
1 - D`abord, ils sont sur la route, visibles, en contact direct et tout
ce qu`ils font est observé par tous; Dans un car,
à bord d`un taxi ou
d`un véhicule personnel tout le monde les regarde. Ils sont
exposés à
la vue de tous. 2- Ensuite, nous reconnaissons que la corruption, le
racket, la violence sont des poisons qui minent notre
société ; ce
n`est pas discutable et ils sont à tous les niveaux
condamnables.
- Ensuite les Forces de défense et de
sécurité doivent les premiers
montrer l`exemple et être irréprochables. Si nous
voulons lutter contre
la corruption et le racket dans notre pays, il urge que nous
commencions par ceux qui minent nos Forces de Défense car
c`est à eux
qu`appartient la charge de combattre par la recherche, des auteurs de
la corruption et autre, et les déférer devant les
tribunaux, c`est par
eux que doit commencer la remise en cause, le nettoyage. Allons au
Ghana, ce pays qui était connu il y a 20 ans pour l`une des
polices les
plus ripoux est aujourd`hui, cité en exemple et de bel
exemple. Nous
avons pris leur place il y a 20 ans, c`est-à-dire au moment
où les
autres changent et avancent, c`est là que nous reculons
à pas de
géants. C`est inacceptable. Je me suis rendu en
Namibie, même décor :
jamais vu la couleur de la tenue d`un policier : une Police
discrète ,
dans un pays pourtant réputé à cause
de son voisinage avec l`Afrique du
Sud, être un foyer criminogène intense. C`est ici
qu`on voit les
policiers partout dans toutes les rues en train de traîner de
vieux
pneus qui ne contribuent qu`à enlaidir les routes. La lutte
contre le
racket doit être un combat national et doit être
à compter de
maintenant, considéré comme l`ennemi n°1
du peuple ivoirien. Sa lutte
doit s`étendre à tous les niveaux :
éducation familiale, formation de
base, formation permanente, la répression doit
être vraiment au stade
de la thérapie de choc, constater, arrêter,
poursuivre, juger et
condamner pour extirper de nos rangs, cette race de nos forces dont les
agissements délictueux de plus en plus fréquents
provoquent une
dangereuse et regrettable dégradation des
nécessaires rapports entre la
population et ses Forces de Défense et de
Sécurité. La lutte contre le
racket est l`affaire de tous; Si vous ne vous reprochez rien, si vous
êtes en règle vis-à-vis des
règlements, refusez de donner de l`argent,
prenez au besoin des photos sur les tentatives d`intimidation des
agents, laissez au besoin votre véhicule et rendez-vous au
parquet, il
y aura toujours un magistrat disponible à vous
écouter et aller voir ce
qui se passe. Madame, vous qui m`avez un jour dans le journal le
patriote, interpellé en ces termes : nous vous voyons
toujours sur le
terrain mais nous ne sentons pas le résultat, nous ne voyons
pas les
procès. Les procès, nous les débutons
aujourd`hui et se poursuivront
tous les jours pendant toute l`année pour juger tous ceux
qui
ternissent l`image de l`armée par leur comportement qui
attentent aux
libertés individuelles violant gravement les droits humains.
Prenez
patience, nous ne finissons pas avec eux le même jour mais
nous y
croyons. J’ai fait un rêve
Nous n`avons pas la prétention d`y parvenir
seulement demain
ou après
demain mais un jour, nous y arriverons, car comme Martin Luther King,
I`ve a dream ;
Oui, monsieur le Président, Monsieur le ministre, Mesdames
et
Messieurs, j`ai fait un rêve : celui d`une Côte
d`Ivoire débarrassée du
racket, de la corruption.
J`ai fait un rêve d`une Côte d`Ivoire,
qui sera un
jour, l`exemple
d`une moralisation irréprochable de son armée et
de ses Forces de
l`ordre. Comme le Ghana, cité plus haut la France, les
Etats-Unis,
l`Australie, j`ai rêvé d`une Côte
d`Ivoire avec sa police, sa
gendarmerie qui feront mieux que ces pays, aimés de
l`extérieur, adulée
et applaudie de son peuple, à commencer par ceux qui sont le
premier
contact avec l`étranger c`est-à-dire, aux
frontières terrestres, à
l`aéroport, au Port, puis sur les routes, ensuite dans nos
quartiers.
J`ai fait le rêve d`une côte d`Ivoire où
l` orphelin ou celui qui n’a
personne derrière lui, est traité et
considéré de la même façon
aux
barrages, dans les bureaux , partout sans être
racketté. J`ai fait un
rêve, celui d`une Côte d`Ivoire où le
racket n`existe plus ou presque,
ou la population est conseillée et orientée au
lieu d`être violentée,
battue, brimée et humiliée, où nos
frères sont disponibles et courtois
au lieu d`être sur les nerfs, ou nos Forces ouvrent leurs
bras pour
accueillir le civil en détresse au lieu d`être
celui qu`on fuit ou
contre qui on porte plainte.
J`ai fait un rêve, j`ai fait un rêve
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