LES GRANDS HOMMES POLITIQUES ET D'ETAT AFRICAINS



 Drapeau d'Afrique du sud  Nelson MANDELA  Sceau d'Afrique du Sud  
    (Afrique du Sud)
   
   
Nelson Mandela     Fils d'un chef Thembu, Mandela est né en 1918 dans la province  sud-africaine de l’Umtata. Il étudie à Fort Hare, d'où il est renvoyé pour  avoir participé à une manifestation d'étudiants, et à l'université de  Witwatersrand, où il obtient un diplôme en droit en 1942. En 1944,  Mandela adhère au Congrès national africain (ANC). Lorsque le « Parti    national » arrive au pouvoir, en 1948, et introduit l'apartheid, Mandela et  l’ANC résistent à la politique raciste du gouvernement. En 1956, Mandela  est arrêté et jugé pour trahison, mais il sera acquitté en 1961.

    Après le massacre de Sharpeville en 1960, l’ANC et le Congrès panafricain sont interdits. MandelaLa Ségrégation raciale abandonne alors la stratégie non-violente de l’ANC et fonde une organisation militaire, Umkhonto we Sizwe. En 1962, il est condamné à cinq ans de travaux forcés et, en 1963, il est inculpé avec d'autres leaders, de sabotage, trahison et complot. Pour ces faits, il est condamné en 1964, avec sept autres militants, à la prison à vie. En 1990, après 26 ans de prison de détention pour raisons politiques (ce qui est un record), le président F.W. de Klerk supprime l’interdiction de l’ANC et libère Mandela, qui est élu président de l’ANC en 1991.

    Les deux hommes conduisent alors les négociations qui mettent fin à l’apartheid, ce qui leur vaudra de recevoir le prix Nobel de la paix en 1993. Un an plus tard, à l'occasion des premières élections libres de l'histoire de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela est élu président de « la nation de l’arc en ciel », siège qu'il occupera de 1994 à 1999.

nelsonnelson=    Le massacre de Sharpeville: Le 21 mars 1960, la police sud-africaine  ouvre le feu sur une foule  de manifestants : 69 personnes sont tuées  et il y a plus de 180 blessés. C’est un moment  charnière de l'histoire  du pays, cette tuerie insensée déclenche une vague de protestations  tant  au niveau national qu’international.





LES GRANDS HOMMES POLITIQUES ET D'ETAT AFRICAINS





Le Drapeau Ivoirien  Félix HOUPHOUËT-BOIGNY  Le Sceau de Côte d'Ivoire
(Côte d’Ivoire)

Houphouet

    Monsieur HOUPHOUËT-BOIGNY est un député français toujours réélu de 1944 à l'indépendance de son pays. Il est alors nettement situé à gauche, « compagnon de route » des communistes. Il se rapproche cependant du centre et du centre gauche (Robert Schuman, François Mitterrand), participant à tous les cabinets ministériels de la France de 1956 à 1959. À ce titre, il participe à la rédaction de la loi-cadre Defferre sur l'autonomie des colonies africaines (1956) puis de la constitution de la Ve République française (texte sur Wikisource). Mais le projet de De Gaulle de Communauté franco-africaine qu'il soutient fait long feu. Lors de la proclamation de l'indépendance de la République de Côte d'Ivoire (7 août 1960).


Fonctions gouvernementales d’Houphouët Boigny en France

    Ministre Délégué à la présidence du Conseil du gouvernement Guy Mollet (du 1er février 1956 au 13 juin 1957)
    Ministre d'État du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 13 juin au 6 novembre 1957)
    Ministre de la Santé publique et de la Population du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)
    Ministre d'État du gouvernement Pierre Pflimlin (du 14 au 17 mai 1958)
    Ministre d'État du gouvernement Charles de Gaulle (du 1er juin 1958 au 8 janvier 1959)
    Ministre d’État du gouvernement Michel Debré (du 8 janvier au 20 mai 1959)
    Ministre conseiller du gouvernement Michel Debré Debré (du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961)

Felix HOUPHOUËT BOIGNY     Le Général de Gaule à Abidjan     La fondation Houphouët
    Le 27 novembre 1960, Félix     Voyage du général de Gaulle en Côte d'Ivoire : le             La Fondation HOUPHOUËT
   Houphouët-Boigny devient le   Général accompagné par Félix Houphouët-Boigny (à                      A Yamoussokro
       premier Président de la                 gauche) à Abidjan le 25 août 1958.
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Lire dans www.charles-de-gaulle.org

 


LES GRANDS HOMMES POLITIQUES ET D'ETAT AFRICAINS

                         

Drapeau d'Egypte

Anouar El-Sadate (1918-1981), Egypte

Prix Nobel en 1978

Diplomatie, politique

 

Anouar el-sadate

Né à Mit Abul-Kum, à l’époque de la domination britannique de l’Egypte, Sadate fait des études à l’Académie royale militaire du Caire. En 1938, il fonde, avec Gamal Abdel Nasser, un groupe clandestin d'officiers, El-Dhobatt El-Ahrar, dont le but est d’obtenir l'indépendance du pays. En 1952, Sadate figure parmi les dirigeants de la révolution égyptienne qui provoque la chute puis l’exil du roi Farouk.

Il poursuit sa collaboration avec Nasser, en tant que vice-président de l'Egypte de 1964 à 1966 et une nouvelle fois à partir de 1969. A la mort de Nasser, en septembre 1970, Sadate est élu  Président.


  Il dirige son pays alors que celui-ci connaît une période d’importants problèmes sociaux et économiques. En 1973, il tente, par la guerre, de récupérer le Sinaï (occupé par Israël depuis 1967). Cette guerre sera courte et elle va surtout permettre de déclencher le processus de paix car, dans les deux camps, l’aspiration à la paix l’emporte. En novembre 1977, Sadate accepte l’invitation du gouvernement israélien et assiste à une réunion de la Knesset (parlement). Une année plus tard, en septembre 1978, Egyptiens et Israéliens signent les Accords de Camp David (aux USA) mettant fin aux hostilités qui les opposent depuis la naissance d’Israël en 1948. C'est grâce à cet accord que le prix Nobel de la paix est attribué à Anouar el-Sadate et Menachem Begin (pour les Israéliens). Malheureusement, la signature de ces accords de paix engendre une opposition importante en Egypte et, en octobre 1981, Sadate est assassiné par un groupe de militants islamistes.

  Anouar el-Sadate (25 décembre 1918 - 6 octobre 1981), en arabe ???? ???????, fut le président de la république arabe d'Égypte de 1970 à son assassinat en 1981. Il reçut le prix Nobel de la paix en 1978 pour les négociations de paix avec Israël. Il est considéré en Égypte et en Occident comme l'unes des figures égyptiennes et du Moyen-Orient les plus influentes de l'histoire moderne. Sadate est né à Mit Abu Al-Kum, Al-Minufiyah, en Égypte, dans une famille égypto-soudanaise pauvre, parmi 12 frères et soeurs. Il étudia à l'académie militaire royale au Caire, dont il fut diplômé en 1938 et à l'issue de laquelle il fut affecté au corps des télécommunications. Il rejoint le Mouvement des officiers libres, dont le but était de libérer l'Égypte du contrôle britannique. Durant la Seconde Guerre mondiale Sadate fut emprisonné par les troupes britanniques pour son soutien aux puissances de l'Axe. Il participa en 1952 au coup d'État qui détrôna le roi Farouk I. En 1964, après avoir tenu plusieurs postes dans le gouvernement égyptien, il fut choisi pour devenir vice-président par son ami le président Gamal Abdel Nasser. Il occupa ce poste jusqu'en 1966, puis entre 1969 et 1970, année durant laquelle Nasser mourut. Il lui succéda alors comme président de l'Égypte. En 1973, Sadate, de concert avec la Syrie, mena l'Égypte dans la guerre de Kippour contre Israël pour essayer de reprendre le Sinaï perdu en 1967 lors de la guerre des Six Jours. Il élabora ainsi une astucieuse manœuvre militaire afin de masquer ses plans : faisant passer ses mouvements de troupes le long du canal de Suez pour des exercices militaires - fréquents à l'époque dans l'armée égyptienne - il se mit dans une position favorable sans éveiller les soupçons israéliens. En parallèle il s'assura suffisamment de soutien militaire et logistique, sans que ses alliés ne soient au courant du jour où il passerait à l'offensive. Seul Hafez el-Assad, président syrien, fut mis au courant afin de mener une offensive coordonnée avec l'assaut égyptien. Le 6 octobre, alors que Sadate ordonnait le début des hostilités, l'État-Major israélien fut surpris et dut se rendre à l'évidence : malgré une nette supériorité militaire de Tsahal, les forces égyptiennes étaient décidées à reprendre les territoires perdus en 1967. Et même si l'effet escompté par Sadate fut réussi, les Égyptiens, tout comme les Syriens, ne purent contenir les contre-attaques israéliennes. Finalement un cessez-le-feu fut négocié entre les États-Unis et l'Union des républiques socialistes soviétiques, alliés respectifs d'Israël et de l'Égypte, et des pourparlers de désengagement purent débuter au Kilomètre 101 de la route Le Caire-Suez. Sadate sortait certes perdant sur le plan militaire et territorial, il n'en demeurait pas moins le grand gagnant : il avait prouvé que Tsahal n'était pas invincible - en parvenant à lui faire face quelques jours durant - tout en restaurant l'honneur arabe perdu en 1967 avec une défaite Begin Carte et Sadat au Camp David en 1978cinglante. En novembre 1977, Sadate devint le premier dirigeant arabe en visite officielle en Israël, où il rencontra le premier ministre Menahem Begin, et prit la parole devant la Knesset à Jérusalem. Il effectua cette visite après avoir été invité par Begin et rechercha un accord de paix permanent. Beaucoup du monde arabe réagit très défavorablement à cette visite, du fait qu'Israël était considéré comme un état voyou et un symbole de l'impérialisme. Le 17 septembre 1978 les accords de Camp David furent signés, pour lesquels Sadate et Begin reçurent le prix Nobel de la paix. Néanmoins cet accord fut extrêmement impopulaire dans le monde arabe et musulman. L'Égypte était alors le plus puisasnt des nations arabes et une icone du nationalisme arabe. De nombreux espoirs reposaient dans la capacité de l'Égypte à obtenir des concessions d'Israël pour les réfugiés, principalement palestiniens, dans le monde arabe. En signant les accords, Sadate fit défection aux autres nations arabes qui devraient alors négocier seules. Ceci fut donc considéré comme une trahison du pan-arabisme de son prédécesseur Nasser, détruisant la vision d'un front arabe uni. En septembre 1981, Sadate lança une offensive majeure contre les intellectuels et les activistes de tout le spectre idéologique, emprisonnant des communistes, des nasséristes, des féministes, des islamistes, des professeurs d'université, des journalistes et des membres de groupes d'étudiants. Presque 1600 personnes furent arrêtées, attirant une condamnation unanime pour leur radicalité. Parallèlement, le soutien interne de Sadate disparaissait sous la pression à la fois d'une crise économique ainsi qu'en réaction à la violence de la répression des dissidents. Le 6 octobre, un mois après la vague d'arrestation, Sadate fut assassiné durant une parade militaire au Caire par des membres de l'armée qui appartenaient à l'organisation du Jihad islamique égyptien. Ils s'opposaient à la négociation entamée par Sadate avec Israël, ainsi qu'à son usage de la force durant l'opération de septembre. Une fatwa approuvant l'assassinat avait été émise par Omar Abdel-Rahman, un imam par la suite inculpé par les États-Unis pour son rôle dans l'attaque à la bombe du World Trade Center, le 26 février 1993. Des règles de retrait des munitions lors de la parade avaient été mises en place pour cette événement afin de parer à tout risque de révolte, mais les officiers en charge de leur application étaient en pélerinage à La Mecque. Au passage des avions de combats Mirage, un camion de transport de troupe, simulant une panne, s'arrêta devant la tribune présidentielle et un lieutenant Khalid Islambouli en sortit, se dirigeant vers le président. Sadate se tenait debout pour recevoir son salut, lorsqu'Islambouli jeta une grenade fumigène, signal de l'assaut. Les conjurés sortirent alors du camion, lançant des grenades et tirant à l'aide de fusils d'assauts. Khalid Islambouli tira à plusieurs reprises sur le président égyptien, secondés par d'autres assaillants, au cri de "Mort au Pharaon". Il fut par la suite jugé coupable de cet acte et exécuté en avril 1982. Dans l'assaut, beaucoup de dignitaires présents furent blessés, incluant l'ancien ministre Boutros Boutros-Ghali (futur secrétaire général des Nations unies) et James Tully, alors ministre irlandais de la Défense. Dans la fusillade s'ensuivant, 7 personnes furent tuées, dont l'ambassadeur de Cuba et un prêtre grec orthodoxe, et 28 blessées. Sadate fut conduit à l'hôpital, mais fut déclaré mort dans les heures qui suivirent. Le vice-président Hosni Moubarak, qui fut blessé à la main durant l'attaque, lui succéda. Un nombre record de dignitaires du monde entier se rendirent aux funérailles de Sadate, incluant notamment 3 anciens présidents américains Gerald Ford, Jimmy Carter et Richard Nixon en plus du président en exercice Ronald Reagan. Plus de 300 islamistes radicaux furent poursuivis dans le cadre du procès de Khalid Islambouli, parmi eux Ayman al-Zawahiri, Omar Abdel-Rahman, et Abd al-Hamid Kishk. Le procès fut suivi par la presse internationale et la connaissance de l'anglais de Zawahiri en fit le porte-parole de facto des accusés. Zawahiri fut relâché de prison en 1984, avant de voyager en Afghanistan et se rapprocher d'Oussama Ben Laden. Après son emprisonnement en 1946–1947 pendant 18 mois, Sadate découvre la loi de l'existence, l'amour : « L'amour a triomphé en fin de compte. Car, en fait, je ne puis parvenir à haïr qui que ce soit; ma nature est vouée à l'amour. C'est ce qui m'est apparu clairement, à travers mille souffrances et mille peines, dans la cellule n°54. La souffrance cristallise la force intérieure d'une âme ; c'est par elle que l'homme de caractère peut parvenir au fond de lui même et sonder les profondeurs de sa conscience. C'est par la souffrance que j'ai découvert que je suis par nature enclin à faire le bien, et que l'amour est la véritable motivation qui se trouve derrière tout mes actes. Sans amour, je ne pourrai rien faire. L'amour m'a apporté la foi, la pleine confiance en moi et dans tout ce qui m'entoure. Mon amour de l'univers découle de mon amour de Dieu. Comme le Créateur est mon ami, je ne puis avoir peur des hommes, puisque c'est lui qui règne sur leur existence et sur l'univers tout entier. »

Source : 

ramsnblog.spaces.live.com

 

 




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                                                                 Source Paul yange

Drapeau du Ghana  Kwame NKRUMAH Sceau du Ghana 
(Ghana)


Kwame NKRUMAH (1909 - 1972) Le père du Panafricanisme


Kwame Nkrumah

Kwame NKRUMAH à Londres    Nkrumah a commencé sa carrière comme enseignant dans une école religieuse, avant de devenir rapidement principal. Il a tenté de créer un environnement de haut niveau pour ses élèves, en créant des clubs littéraires, des sociétés académiques, ou en invitant des personnalités à venir discuter avec les élèves. Pendant ce temps, la grogne contre la puissance coloniale britannique, menée par J. B. Danquah et les planteurs de cacao montait, dans un pays qui commençait à rêver d’indépendance. Convaincu d’être appelé à jouer un rôle historique dans l’indépendance de son pays, Nkrumah estimait que son éducation n’était pas encore au niveau qui devait être celui d’un futur leader, et a pris la décision de continuer ses études aux Etats-Unis. Nkrumah a fait ses débuts d’auteur aux Etats-Unis, publiant en 1943 Education and Nationalism in Africa, puis Towards colonial freedom, une vive dénonciation de la colonisation, dépeinte comme un moyen de priver les indigènes du droit que Dieu leur avait offert de connaître la prospérité. Il quitte les Etats-Unis en 1945 solidement diplômé. Bachelor of Science degrees en Economie et Sociologie, Bachelor of Theology degree et Master of Philosophy degree. Il avait également quasiment terminé son doctorat en philosophie. Sa prochaine destination : l’Angleterre, le pays qui maintenait la Gold Coast sous sa coupole.

    Après 12 ans d’absence, Kwame Nkrumah retrouve son pays le 10 Décembre 1947. Il retrouve un pays encore sous forte domination britannique, mais un pays résistant de plus en plus à la puissance coloniale. Une forte répression était en cours, les britanniques voulant tuer dans l’œuf toute velléité d’indépendance : les grèves furent interdites, certains responsables politiques furent exhilés de force, et les responsables britanniques suspectés de sympathie avec les indépendantistes perdirent leur poste.

    Nkrumah devint rapidement le Secrétaire Général du principal parti United Gold Coast Convention (UGCC) dirigé par J.B. Danquah, et commencera rapidement un tour du pays qui lui permettra de révéler ses talents d’orateur, et de montrer sa puissante rhétorique, tout en lui permettant de prendre le pouls du pays, et de sentir que ce dernier commence à rêver de plus en plus d’indépendance et d’auto-détermination. Il met sur pied une campagne pacifiste, destinée à mettre en difficultés l’administration britannique. Au programme, boycott des produits européens, grèves de plus en plus fréquentes, ralentissement de l’économie.

    Le 28 Février 1948 marquera un tournant de l’histoire d’un pays où rien ne sera plus commeKwame NKRIMAH à sa sortie de prison avant. D’anciens militaires manifestaient pacifiquement, et surtout sans leurs armes, quand l’armée anglaise ouvrit le feu. 63 d’entre eux furent tués ou gravement blessés. 5 jours d’émeutes conduisirent l’administration britannique à décréter l’état d’urgence et à emprisonner tout l’état-major de l’UGCC, dont Kwame Nkrumah. Le calme ne revint pas totalement, et sous la pression, l’Angleterre dut mettre sur pied un plan qui devait ultimement conduire le pays à l’indépendance.

    Dans le même temps, selon certaines sources, convaincu que l’UGCC ne comprenait pas totalement sa vision, Nkrumah démissionna de ce parti pour fonder le CPP ou Convention Peoples Party. D’après d’autres sources, il en fut exclu pour avoir mené une campagne de désobéissance civile. Quand des municipales furent organisées en 1950, bien qu’emprisonné cette année là, Nkrumah connut un grand succès puisque son parti gagna avec 22.780 voix sur 23.122 votants. Libéré en 1951, Nkrumah continua la lutte pour l’indépendance, et progressivement l’Angleterre lâcha prise. Le 05 Mars 1952, Kwame Nkrumah est nommé Premier Ministre. Le 18 Novembre 1956 une date est trouvée pour l’indépendance, et celle-ci sera le 06 Mars 1957. Après plusieurs années de lutte, Kwame Nkrumah peut savourer son triomphe, ce 06 Mars 1957, c’est devant une foule enthousiaste qu’il déclare l’indépendance de son pays. Le nom du pays sera changé, de Gold Coast il deviendra Ghana, du nom d’un des plus anciens empires ouest-africains. Nkrumah prononcera un discours qui fera date, et qui montre qu’au moment où son pays accède à l’indépendance, toutes ses pensées vont déjà vers les autres pays africains qui eux n’ont pas encore été libérés car, d’après lui, l’indépendance du Ghana n’a aucun sens, tant que les autres pays n’auront pas été eux aussi libérés du joug colonial. Nkwame Nkrumah :
Nous re-dédions maintenant notre action à la lutte pour émanciper les autres pays car l’indépendance du Ghana n’a aucun sens, tant qu’elle n’est pas liée à une libération totale du continent africain. Nkrumah sera d’ailleurs l’un des pères-fondateurs de L’OUA ou Organisation de l’Unité Africaine, qui voit le jour en 1963. Mais l’aide qu’il propose aux autres pays ne sera pas acceptée, les différents leaders préférant ici et là jouer leur carte personnelle.

Kwame Nkrumah présentant l'un de ses plus ambitieux projets    Après l’indépendance, Nkrumah met sur pied une politique volontariste et ambitieuse, destinée à permettre au Ghana d’évoluer, et de s’affranchir de ses limitations antérieures. En particulier, il voulait développer l’agriculture afin qu’elle ne dépende plus du seul cacao, ce qui, en cas de chute des prix, aurait mis le pays dans une situation délicate. Il voulait également réduire la dépendance du pays par rapport aux manufacturiers étranger, et sortir le Ghana de son rôle de fournisseur de matières premières. Tout ceci s’est traduit par la construction de nombreuses routes, d’hôpitaux, d’université, et d’une foule de projets industriels, dont un très ambitieux barrage hydro-électrique sur la Volta. A l’indépendance, les prix du cacao étaient à de très haut niveau, ce qui a permis à cette politique d’être mise en application, et à Nkrumah d’être un leader respecté et adoré par ses administrés. Si l’histoire s’était arrêtée là, l’étoile de Nkrumah serait restée très haute dans le firmament des leaders africains…

    Nkrumah était convaincu de la justesse de sa pensée, et ne voulait souffrir aucun obstacle sur leLa joie de la foule à l'annonce de la destitution de Kwame Nkrumah chemin devant mener le Ghana et l’Afrique en général vers la prospérité. En conséquence, il a violemment écarté tout obstacle, réel ou perçu, vers cette destinée. Il a commencé par retirer une bonne partie de leurs pouvoirs aux chefs traditionnels qui faisaient autorité depuis plusieurs centaines d’années dans ce pays des Akan. Il devint rapidement obsédé par sa sécurité, notamment après deux tentatives manquées d’assassinat sur sa personne. En 1964, il se décréta Président à vie, instaura le mono-partisme et dissout toutes les formations politiques. Il emprisonna un grand nombre d’opposants, dont J.B. Danquah avec qui il avait fait équipe dans l’UGCC. Pour se justifier : « même un système basé sur une constitution démocratique peut être contraint, dans la période suivant l’indépendance, à des mesures de type totalitaire ».

Coupé du peuple, Nkrumah devint de plus en plus impopulaire au sein de ces masses laborieuses qui l’avaient porté au pouvoir. Ce qui devait arriver arriva. Le 24 Février 1966, alors que Kwame Nkrumah se trouvait en voyage officiel au Vietnam, à l’invitation d’Ho Chi Min, un coup d’état éclata, mené par le colonel Emmanual Kwasi Kotoka. Le parlement fut dissous, le parti de Nkrumah, le CPP fut interdit, et Nkrumah lui-même fut banni.

    Le reste de la vie de Nkrumah fut donc passé en exil, et c’est à Bucarest en Roumanie qu’il mourut, le 27 Avril 1972. Son aura fut finalement ternie par les dernières années de son règne, mais pour beaucoup, Kwame Nkrumah restera un visionnaire, l’un des tous premiers à avoir vu la force que pouvait représenter une Afrique unie, qui aurait pu enfin devenir une puissance économique auto-dirigée, et non plus une simple pourvoyeuse de matières premières pour le riche occident. Pour conclure, ces propos de Nkrumah lui-même en 1961 : « Divisés nous sommes faibles. Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces de ce monde. Je suis profondément et sincèrement persuadé qu’avec notre sagesse ancestrale et notre dignité, notre respect inné pour la vie humaine, l’intense humanité qui est notre héritage, la race Africaine, unie sous un gouvernement fédéral, émergera non pas comme un énième bloc prompt à étaler sa richesse et sa force, mais comme une Grande Force dont la Grandeur est indestructible parce qu’elle est bâtie non pas sur la terreur, l’envie et la suspicion, ni gagnée aux dépends des autres, mais basée sur l’espoir, la confiance, l’amitié, et dirigée pour le bien de toute l’Humanité ».


Kwame Nkrumah en tenue traditionnelleMonument érigé à la gloire de Kwame Nkrumah

     6 mars 1957 : la Gold Coast devient le Ghana et le premier pays d’Afrique indépendant  
 A partir d'aujourd'hui, vous n'êtes plus un peuple colonial, mais un peuple indépendant et libre!


                                                                                                        Kwame NKRUMAH LE 6 mars 1957



Source Paul YANGE


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Drapeau d'Algerie Ahmed Ben Bella  Sceau d'Algerie
(Algerie)


 Hamed Ben BELLA



Ahmed Ben Bella est une des hautes figures du nationalisme arabe. Il fut l’un des neufs membres du Comité révolutionnaire algérien qui donna naissance au Front de Libération Nationale (FLN). Arrêté par l’occupant français en 1952, il s’évade. Arrêté de nouveau en 1956, avec cinq autres compagnons, il est détenu à la prison de la Santé jusqu’en 1962. Après la signature des accords d’Évian, il devient le premier président élu de l’Algérie indépendante. Sur le plan intérieur, il mène une politique socialiste caractérisée par un vaste programme de réforme agraire

Ahmed Ben Bella : "je suis Algérien d’origine marocaine par mes parents, mais toute ma vie c’est l’Algérie. Je suis né là-bas. Je suis un fils de l’Algérie"

Source

 Sur le plan international, il fait entrer son pays à l’ONU et l’engage dans le mouvement des non-alignés. Son influence grandissante dans la lutte contre l’impérialisme conduisent de grandes puissances à favoriser son renversement par un coup d’État militaire. Il est placé en résidence surveillée de 1965 à 1980. Depuis lors, il s’est tenu à l’écart des affaires intérieures de son pays, mais continue à jouer un rôle international, notamment en tant que président de la Campagne internationale contre l’agression en Irak. Acteur central de bouleversements historiques.

(Silvia CATTORI)




Hamed Ben BELLA           









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L'histoir se retient, l'histoir s'écrit
 Drapeau du Congo            Patrice LUMUMBA           Sceau de la République démocratique du Congo
       (République Démocratique du Congo)

LA Belgique a laissé la C.I.A assassiner LUMUMBA
(Autopsie d’un crime d’Etat)


    Première victime de l’Afrique indépendante, Patrice Emery LUMUMBA à 35 ans en juin 1960. Il est le Premier ministre du Congo Léopoldville après avoir remporté les élections législatives de mai. Le leader du Mouvement National Congolais (MNC), Lumumba est un nationaliste qui se bat pour un Congo unitaire. Chef du gouvernement, il doit cohabiter avec Joseph Kasa-Vubu. Le chef de l’Etat, adepte du fédéralisme et d’un nationalisme plutôt ethnique. Moïse Tshombé, président du gouvernement provincial du Katanga, est l’un de ses adversaires les plus farouches.

Patrice Emery LUMUMBA l'Homme    Le 30 juin 1960, jours de l’indépendance, Lumumba prononce un discours qui blesse les Belges. Le 4 juillet, la force publique se mutine dans plusieurs casernes.

    Le 10, l’armée belge intervient au Congo pour « protéger » sesPatrice Emery Lumumba Elias ressortissants. (Mission toujours humanitaire). Le 11, Tshombé, soutenu par la Belgique, proclame la sécession. Lumumba rompt les relations diplomatiques avec la Belgique. Il appelle les pays amis à son secours, sans oublier l’O.N.U. et… l’Union Soviétique.

    Dans le camp occidental, l’appel à Nikita Khrouchtchev est perçu, en cette période de guerre froide, comme une preuve que Lumumba est « communiste » La C.I.A., à travers son antenne de Léopoldville, entre en action pour éviter que le Congo bascule dans le cas communiste, il faut éliminer Lumumba. Ainsi en a décidé le président des Etats-Unis Dwight Eisenhower.

    Le 5 septembre 1960, Kasa-Vubu révoque le Premier ministre. Celui-ci réplique en révoquant le chef d’Etat. Le 14 septembre, le Colonel Mobutu, chef d’Etat Major, intervient pour « neutraliser » les deux hommes. En réalité, il s’agit d’écarter Lumumba, du pouvoir ; il est placé en résidence surveillée. Dans la nuit du 28 novembre 1960, l’ancien Premier ministre parvient à quitter la capitale en vu de rejoindre son fief de Stanleyville, dans le Nord-Est. Mais, l’armée le rattrape le 2 décembre 1960. Ramené à Léopoldville, détenu sous la responsabilité de Mobutu à Thysville, Lumumba est envoyé en pâture à Tshombé, le 17 janvier 1961. Le soir de son arrivé à Elisabethville.

    Un moi plus tard, les autorités katangaises annoncent que Lumumba a été tué par les villageois, après s’être évadé. En réalité, Patrice Emery Lumumba né le 2 juillet 1925 à Katako Kombé dans le nord du Kasaï, une nuit de janvier 1961, deux officiers belges se livrent sur lui à ce qu’il faille appeler une « sale besogne ». Ils ont achevé de découper un corps en morceaux qu’ils jettent dans un fût d’acide afin de le dissoudre. Le crâne n’étant pas dissous, sera réduit en poudre puis dispersé. Un des officiers, le Belge Gérard Soete, le déclara avoir conservé un doigt et une dent en or provenant de la victime.

Essayant de gagner la province du Kasaï contrôlée par ses partisans fin novembre 1960, Lumumba est capturé. De sa prison, il écrit à sa femme Pauline.

Ma compagne chérie,

Ma compagne chérieJe t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu. Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ?


Patrice Lumumba       LUMUMBA       Patrice Lumumba

                Le livre du sociologue belge Ludo de Witte révéla dans quelles conditions était mort Lumumba

     "A mes enfants que je laisse et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu'on dise que l'avenir du Congo est beau !"

                                                                                                                                                                                                                                                                                             Patrice Emery LUMUMBA




LES GRANDS HOMMES POLITIQUES ET D'ETAT AFRICAINS




Le Drapeau du Burkina Fasso  Thomas SANKARA Sceau du Burkina
    (Burkina Fasso 1949 – 1987)

    Thomas SANKARA est né le 21 décembre 1949 à Yako. Il fut assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou. Homme politique burkinabè, il incarna et dirigea la révolution burkinabè du 4 août 1983 jusqu'à son assassinat lors du coup d'État de son successeur Blaise Compaoré.

 Thomas SANKARA   L'héritage politique et identitaire de Thomas SANKARA tout comme ceux de Patrice Lumumba, Amílcar Cabral ou Kwame Nkrumah est considérable en Afrique et en particulier dans la jeunesse africaine en mal de modèle reflétant un réel espoir.

    Son gouvernement entreprit des réformes majeures pour combattre la corruption et améliorer l'éducation, l'agriculture et le statut des femmes. Son programme révolutionnaire se heurta à une forte opposition du pouvoir traditionnel qu'il marginalisait ainsi que d'une classe moyenne peu nombreuse mais relativement puissante. Ajoutés aux tensions entre radicaux et modérés, ces facteurs provoquèrent son assassinat lors du coup d'État sanglant du 15 octobre 1987.

    Issu d'une famille catholique, Thomas Sankara était un « Peul Mossi ». Son père était un ancien combattant et prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale. Il a fait ses études secondaires à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays. Il a suivi une formation d'officier à Madagascar et devint en 1976 commandant du centre de commando de Pô. La même année, il fait la connaissance de Blaise Compaoré avec lequel il formera le Regroupement des officiers communistes (ROC) dont les autres membres les plus connus sont Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani.

    En septembre 1981, il devient secrétaire d'État à l'information dans le gouvernement du colonelThomas Sankara discourant Saye Zerbo. Il démissionnera le 21 avril 1982, déclarant « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! » Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d'État portait au pouvoir le médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo. Thomas SANKARA devint premier ministre en janvier 1983, mais fut limogé et mis aux arrêts le 17 mai après une visite de Jean-Christophe Mitterrand, fils et conseiller de François Mitterrand.

    Un nouveau coup d'État, le 4 août 1983 place Thomas SANKARA à la présidence. Il définit son programme comme anti-impérialiste, en particulier dans son « Discours d'orientation politique », écrit par Valère Somé. Son gouvernement retira aux chefs traditionnels les pouvoirs Féodaux qu'ils continuaient d'exercer.

    Il créa les CDR (Comités de défense de la révolution), qui eurent toutefois tendance à se comporter en milice révolutionnaire faisant parfois régner une terreur peu conforme aux objectifs de lutte contre la corruption.
        Thomas SANKARA le capitaine               Le Burkina Fasso dans l'Afrique
    Le 15 octobre 1987, Thomas SANKARA fut assassiné lors d'un coup d'État organisé par celui qui était considéré comme son frère, Blaise Compaoré. Plusieurs jours plus tard, il fut déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire. L'absence de tout procès ou de toute enquête de la part du gouvernement burkinabè a été condamnée en 2006 par le Comité des droits de l’homme des Nations unies.

Thomas SANKARA le rebelleSes grandes actions furent : Campagne massive de vaccination des Burkinabé qui fera chuter le taux de mortalité infantile alors le plus haut d’Afrique. Construction considérable d'écoles et d’hôpitaux, campagne de reboisement : plantation de millions d'arbres pour faire reculer le Sahel. Grandes réformes agraires de redistribution des terres aux paysans, élévation des prix et suppression des impôts agricoles. Institution de Tribunaux Populaires de la Révolution (TPR). Grandes mesures de libération de la femme (interdiction de l'excision, réglementation de la polygamie, participation à la vie politique, etc.). Aides au logement (baisse des loyers, grandes constructions de logement pour tous), et tant d'autres…


Thomas SANKARA L'Avenue Thomas Sankara
L'Avenue Thomas SANKARA au Burkina Fasso




UN GRAND HOMME POLITIQUE ET D'ETAT - (AIME CESAIRE)

  • Aimé Césaire

  • De 1945 à 2001 : 
  • Maire de Fort-de-France (durant 56 ans)

  • De 1945 à 1993 :
  •  Député de la Martinique

  • De 1983 à 1986 : 
  • Président du Conseil Régional de la Martinique

  • De 1945 à 1949 et 1955 à 1970 : 
  • Conseiller général de Fort-de-France


26 juin 1913 - 17 avril 2008

Aimé CESAIRE
Aimé Césaire
Parlementaire français
Naissance 26 juin 1913
Décès 17 avril 2008
Mandat Député 1945-1993
Début du mandat
Fin du mandat {{{fin du mandat}}}
Circonscription Martinique
Groupe parlementaire PCF (1945-1956)
NI (1956-1978)
App. PS (1978-1993)

Aimé Césaire, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire, est un poète et homme politique français né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique) et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Il fut l'un des fondateurs du mouvement littéraire la négritude et un anticolonialiste résolu.

Les jeunes années

Aimé Césaire fait partie d'une famille de sept enfants ; son père est enseignant et sa mère couturière. Son grand-père fut le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et écrire ; elle enseigna très tôt à ses petits-enfants la lecture et l'écriture. De 1919 à 1924, Aimé Césaire fréquente l'école primaire de Basse-Pointe, où son père est contrôleur des contributions, puis obtient une bourse pour le lycée Victor Schoelcher à Fort-de-France. En septembre 1931, il arrive à Paris en tant que boursier du gouvernement français pour entrer en classe d'hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où, dès le premier jour, il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié qui durera jusqu'à la mort de ce dernier. Maire de Fort-de-France, il donne la priorité aux logements, aux écoles et aux équipements sanitaires. Césaire devient donc un fervent défenseur de la « départementalisation », loi de 1946, prônée par l'ensemble des progressistes d'outre-mer, intégrant les territoires ultra-marins au territoire national.

Émergence du concept de négritude

Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas, qu’il connaît depuis la Martinique, découvrent progressivement une part refoulée de leur identité, la composante africaine, victime de l'aliénation culturelle caractérisant les sociétés coloniales de Martinique et de Guyane.

En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains (parmi lesquels Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), le journal L'étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l'idéologie colonialiste.

Construit contre l'idéologie coloniale française de l'époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Ayant réussi en 1935 le concours d'entrée à l'École normale supérieure, Césaire passe l'été en Dalmatie chez son ami Petar Guberina et commence à y écrire le Cahier d'un retour au pays natal, qu'il achèvera en 1938. Il lit en 1936 la traduction de l’Histoire de la civilisation africaine de Frobenius. Il prépare sa sortie en 1938 de l'Ecole normale supérieure avec un mémoire, « Le Thème du Sud dans la littérature négro-américaine des USA ». Épousant en 1937 une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, Aimé Césaire, agrégé de lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner, tout comme son épouse, au lycée Schœlcher.

Le combat culturel sous le régime de Vichy

La situation martiniquaise à la fin des années 30 est celle d'un pays en proie à une aliénation culturelle profonde, les élites privilégiant avant tout les références arrivant de la France, métropole coloniale. En matière de littérature, les rares ouvrages martiniquais de l'époque vont jusqu'à revêtir un exotisme de bon aloi, pastichant le regard extérieur manifeste dans les quelques livres français mentionnant la Martinique. Ce doudouisme, dont des auteurs tels que Mayotte Capécia sont les tenants, allait nettement alimenter les clichés frappant la population martiniquaise.

C'est en réaction contre cette situation que le couple Césaire, épaulé par d'autres intellectuels martiniquais comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée, fonde en 1941 la Revue Tropiques. Alors que la Seconde Guerre mondiale provoque le blocus de la Martinique par les États-Unis (qui ne font pas confiance au régime de collaboration de Vichy), les conditions de vie sur place se dégradent. Le régime instauré par l’Amiral Robert, envoyé spécial du gouvernement de Vichy, est raciste et répressif. Dans les communes, les élus de couleur sont déposés et remplacés par des représentants des békés (descendants des colons). Dans ce contexte, la censure vise directement la revue Tropiques, qui paraîtra, avec difficulté, jusqu’en 1943.

Le conflit mondial marque également le passage en Martinique du poète surréaliste André Breton (qui relate ses péripéties dans un bref ouvrage, Martinique, charmeuse de serpents). Breton découvre la poésie de Césaire à travers le Cahier d'un retour au pays natal et le rencontre en 1941. En 1943 il rédige la préface de l'édition bilingue du “Cahier d'un retour au pays natal”, publiée dans la revue “Fontaine” (n° 35) dirigée par Max-Pol Fouchet et en 1944 celle du recueil Les armes miraculeuses, qui marque le ralliement de Césaire au surréalisme. Surnommé "le nègre fondamental", il influencera des auteurs tels que Frantz Fanon, Edouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schoelcher), le guadeloupéen Daniel Maximin et bien d'autres. Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l'acculturation.

Après guerre, le combat politique

En 1945, Aimé Césaire, coopté par les élites communistes qui voient en lui le symbole d'un renouveau, est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu'il conservera sans interruption jusqu'en 1993. Son mandat, compte tenu de la situation économique et sociale d'une Martinique exsangue après des années de blocus et l'effondrement de l'industrie sucrière, est d'obtenir la départementalisation de la Martinique en 1946.

Il s'agit là d'une revendication qui remonte aux dernières années du XIXe siècle et qui avait pris corps en 1935, année du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France par Belain d'Esnambuc. Peu comprise par de nombreux mouvements de gauche en Martinique déjà proches de l'indépendantisme, à contre-courant des mouvements de libération survenant déjà en Indochine, en Inde ou au Maghreb, cette mesure vise, selon Césaire, à lutter contre l'emprise béké sur la politique martiniquaise, son clientélisme, sa corruption et le conservatisme structurel qui s'y attache. C'est, selon Césaire, par mesure d'assainissement, de modernisation, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique, que le jeune député prend cette décision.

En 1947 Césaire crée avec Alioune Diop la revue Présence africaine. En 1948 paraît l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, préfacée par Jean-Paul Sartre, qui consacre le mouvement de la “négritude”.

S'opposant au Parti communiste français sur la question de la déstalinisation, Aimé Césaire quitte le PC en 1956, s'inscrit au Parti du regroupement africain et des fédéralistes, puis fonde deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM), au sein duquel il va revendiquer l'autonomie de la Martinique. Siégeant a l'Assemblée nationale comme non inscrit de 1958 à 1978, puis comme apparenté socialiste de 1978 à 1993.

Aimé Césaire restera maire de Fort-de-France jusqu'en 2001. Le développement de la capitale de la Martinique depuis la Seconde Guerre Mondiale est caractérisé par un exode rural massif, provoqué par le déclin de l'industrie sucrière et l'explosion démographique créée par l'amélioration des conditions sanitaires de la population. L'émergence de quartiers populaires constituant une base électorale stable pour le PPM, et la création d'emplois pléthoriques à la mairie de Fort-de-France furent les solutions trouvées pour parer à court terme aux urgences sociales de l'époque. La politique culturelle d'Aimé Césaire est incarnée par la création du Service Municipal d'Action Culturelle (SERMAC), qui à travers des ateliers d'arts populaires (danse, artisanat, musique) et le prestigieux Festival de Fort-de-France, met en avant des parts jusqu'alors méprisées de la culture martiniquaise.

Son "discours du colonialisme" fut pour la première fois au programme du baccalauréat français en 1998.

Aimé Césaire s'est retiré de la vie politique (et notamment de la mairie de Fort-de-France, au profit de Serge Letchimy), mais reste un personnage incontournable de l'histoire martiniquaise jusqu'à sa mort. Après le décès de son camarade Senghor, il est resté l'un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste.

Jusqu'à sa mort, Aimé Césaire a toujours été sollicité et influent. On notera sa réaction à la loi française du 23 février 2005 sur de prétendus aspects positifs du colonialisme qu'il faudrait rendre obligatoire dans les programmes scolaires, loi dont il dénonce la lettre et l'esprit et qui l'amène à refuser de recevoir Nicolas Sarkozy. En mars 2006, Aimé Césaire revient sur sa décision et reçoit Nicolas Sarkozy puisque l'un des articles les plus controversé de la loi du 23 février 2005 est enfin abrogé. Il commente ainsi sa rencontre : « C'est un homme nouveau. On sent en lui une force, une volonté, des idées. C'est sur cette base-là que nous le jugerons. »

Durant la campagne de l'élection présidentielle de 2007, il soutient activement Ségolène Royal, en l'accompagnant lors du dernier rassemblement de sa vie publique. « Vous nous apportez la confiance et permettez-moi de vous dire aussi l'espérance. »

Mort 

Le 9 avril 2008, il est hospitalisé au CHU Pierre Zobda Quitman de Fort-de-France pour des problèmes cardiaques.Son etat de santée s'y agrave et meurt le matin du 17 avril 2008.

Hommages

Dès l'annonce de sa mort, de nombreuses personnalités politiques et littéraires lui ont rendu hommage comme le président de la République française Nicolas Sarkozy, l'ancien président sénégalais Abdou Diouf ou l'écrivain René Depestre.

Ségolène Royal, appuyée par d'autres élus, a demandé son entrée au Panthéon et une pétition a été mise en ligne pour qu'il soit inhumé au Panthéon le 10 mai 2008 

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé dans l'après-midi du 17 avril que des obsèques nationales lui seront rendues dimanche 20 avril 2008 à Fort-de-France. La présence du chef de l'État est prévue, Nicolas Sarkozy ayant par ailleurs fait savoir qu'il avait reporté sa présence aux journaux télévisés de 20h programmé à l'origine le lundi 21 avril.

Son parcours politique

  • De 1945 à 2001 : Maire de Fort-de-France (durant 56 ans)
  • De 1945 à 1993 : Député de la Martinique
  • De 1983 à 1986 : Président du Conseil Régional de la Martinique
  • De 1945 à 1949 et 1955 à 1970 : Conseiller général de Fort-de-France

Source fr.wikipedia.org



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UN GRAND HOMME DE LA POLITIQUE REGIONALE IVOIRIENNE



Drapeau ivoirien  AMIEN Ahua  Presidence_Symbole_RCI
(1941 - 1990)


Monsieur AMIEN Ahua est né en 1941 à Agnibilékro, à l’est de la Côte d’Ivoire.
Amien AHUA - Ancien Secrétaire Général de section du P.D.C.I d'Agnibilekro

    Issu de la famille royale d’Agnibilékro, anesthésiste, monsieur AMIEN Ahua a toujours exercé à l’hôpital d’Abengourou. Homme de tradition, homme très influent dans la région, puisqu’il n’aimait pas les injustices, il a vite pris sa retraite, pour défendre les intérêts des plus démunis dont il a fait sa cause, il s’est lancé dans la politique. Son message ayant eu échos, il a été élu en 1985 Secrétaire Général de section du P.D.C.I (alors Parti unique en Côte d’Ivoire). Il décède en pleine Campagne pour sa réélection le 28 septembre 1990 suite à un empoisonnement. Il sera enterré le 23 décembre 1990 au cimetière royal d’Agnibilékro où il repose désormais en paix. Oncle et père spirituel du Président du P.E.I, séduit par son combat pour la défense des plus démunis dont il a fait sien, convaincu que ce combat valait la peine, avec l’accord des membres du Bureau Exécutif et du Bureau politique du P.E.I, monsieur Edmond Edouard N’GOUAN a choisi cette page pour honorer la mémoire du combattant contre les injustice qu’était feu, monsieur AMIEN Ahua afin de rappeler sa noble cause.

    Il faut rappeler que monsieur AMIEN Ahua a été le dernier Secrétaire Général de section du P.D.C.I que le Président HOUPHOUËT, père de la nation ivoirienne a enterré, c'est-à-dire, le dernier dont il a assisté aux obsèques avant de nous quitter lui-même en 1993.

AGNIBILEKRO

Département depuis la fin des années 1980, elle est située à 270 Km au nord-est d'Abidjan, dans la région du Moyen Comoé. Agnibilekrou est une ville frontalière avec le Ghana. Elle est peuplée principalement d'Agni Djuablin. On y retrouve aussi une forte population de Dioulas, d’Abrons, de Koulangos, de Ghanéens et Guinéens. Agnibilekrole village d'Agnini Bilé". Elle est la capitale du Djuablin.






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