Le Parti Ecologique Ivoirien



Processus électoral Le contentieux bascule de plus en plus dans la violence


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samedi 06 février 2010 - Par L'Inter


Après Katiola, Divo, le tribunal de Man saccagé hier Les ordinateurs et des documents emportés, un véhicule incendié

Après les villes de Katiola et de Divo où des manifestants, qui disent protester contre une éventuelle radiation de leur nom de la liste électorale, ont assiégé les tribunaux pour empêcher les audiences de se tenir dans le cadre du contentieux, ce fut au tour du tribunal de Man d’être visité par les manifestants mécontents. Ces refoulés de la liste électorale provisoire ont visité hier vendredi 05 février 2010 le temple de Thémis à Man, pour encore une fois protester contre la tenue d’un procès qu’ils soupçonnent de finir par la radiation des personnes de la liste électorale. Selon des témoins que nous avons joints, ces manifestants d’hier étaient évalués à une centaine. Essentiellement des personnes qui doutent de leur présence sur la liste électorale. Elles se sont attaquées au tribunal et ont emporté des documents et les ordinateurs qu’elles ont trouvés sur place. Dans leur fureur, ces Ivoiriens « douteux » ont saccagé la buvette du palais de justice, et incendié un véhicule. Ce véhicule a été reconnu comme celui appartenant à un proche de Laurent Gbagbo du nom de Yaké Evariste, qui était en tournée de mobilisation pour le compte de son candidat à l’Ouest. Cette situation a bloqué le processus, puisque les magistrats, pour éviter la colère de ces visiteurs indésirables d’un vendredi ont du fuir les bureaux du palais de justice, abandonnant documents et matériels. Selon nos sources, l’information relative à cet incident s’est vite propagée dans la ville, créant la psychose au sein des populations, qui ont encore souvenance des affres de la guerre. Les commerces et le grand marché, qui d’ordinaire grouillent de monde, sont restés fermés, paralysant les activités à Man. La capitale des 18 Montagnes n’est pas à sa première secousse. Déjà le mercredi 3 février dernier, le tribunal de cette ville avait été bloqué, et les audiences empêchées. ‘’ Nous avons constaté comme tout le monde que le parquet de Man programmait des audiences en radiation de pétitionnaires. Aussitôt, nous nous sommes rendus au tribunal et nous avons vu affichés des noms de personnes qui doivent comparaître en vue de leur radiation. Et nous ne savions pas grand-chose sur les plaignants. D’autant plus que les requêtes n’ont pas été formulées auprès de la Cei conformément au mode opératoire. C’est d’ailleurs ce qui nous a intrigués ‘’, a confié Serifou Mamadou, 2è vice-président de la Cei régionale, à un confrère de la place. ‘’ Il s’agit de dénonciations calomnieuses concernant 152 personnes qui devaient passer en audience de radiation ‘’, a expliqué à l’Agence France Presse (Afp), Maméry Soumahoro, une personnalité de la société civile locale. Toujours selon cette agence, la plupart des manifestants scandaient ‘’ pas de justice aux ordres ! ‘’, comme pour dénoncer une manipulation des magistrats par des personnes ou des organisations tapies dans l’ombre. Faut-il le rappeler, les incidents du même genre se sont multipliés au cours de cette semaine. Pour protester contre leur radiation de la liste électorale, des pétitionnaires se sont constitués en groupe pour empêcher les audiences à Katiola et Divo, en saccageant les locaux des tribunaux qu’ils visitent et faisant fuir les magistrats. Cette escalade de la violence n’est pas ex-nihilo et pourrait même s’aggraver. Elle pourrait s’expliquer par l’appel lancé récemment par le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (Rhdp), qui demande à tous ses militants de faire obstacle aux audiences destinées à radier des personnes de la liste électorale. ‘’ Le directoire du Rhdp appelle tous ses militants à empêcher les tribunaux d’opérer des radiations arbitraires, partisanes et illégales ‘’, note la déclaration lue le jeudi 04 février 2010, par Alphonse Djédjé Mady. Ce mot d’ordre semble être appliqué à la lettre sur le terrain par les militants Rhdp. Comme on peut le voir, la situation est explosive et interpelle vivement les acteurs de l’accord de Ouagadougou. A juste titre d’ailleurs, le Premier ministre Guillaume Soro, premier responsable de l’application de l’Apo, s’est précipité dans la capitale burkinabé. Il est allé prendre des conseils et des instructions auprès du facilitateur dans la crise ivoirienne, le président Blaise Compaoré, afin de venir juguler la crise naissante autour de l’affaire de la fraude portant sur les 429000 pétitionnaires douteux.

Hamadou ZIAO



Source : ivorian.net

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