La Côte d’Ivoire,
selon le professeur Sibailly Raymond, conseiller spécial du
Président de la République, a beaucoup
à faire, en ce qui concerne son environnement
macro-économique, si elle veut attirer davantage
d’investisseurs internationaux. C’est ce qui
ressort de son exposé d’hier mercredi 18 mars
2009, dans le cadre de la session de formation de l’Institut
africain de développement et de stratégies
(IADS). Les travaux de réflexion de la deuxième
journée de formation de la matinée
d’hier ont porté sur deux thèmes
majeurs que sont : «Investissements internationaux et
croissance en Afrique : Mythe ou réalité
», présenté par
l’ingénieur agronome, Kouassi Detoh et
«Investissements internationaux et intégration
régionale», présenté par le
professeur Sibailly Raymond. Au cours de son intervention, le
professeur Sibailly Raymond, Conseiller spécial du
président de la République, chargé des
politiques d’investissement et
d’intégration africaine, a fait savoir
qu’en matière d’investissements,
l’Afrique n’en reçoit pas assez.
Jusqu’à ce jour, les interventions des
investisseurs internationaux dans les économies africaines
représentent à peine 3% contre 17% pour
l’Asie. Concernant le cas spécifique de la
Côte d’Ivoire où les investissements se
font rares, le professeur Sibailly Raymond s’est appesanti
sur l’environnement macro-économique qui
n’est pas incitatif. A l’entendre, c’est
parce que ‘’notre environnement
macro-économique’’ n’offre pas
de garantie que les investisseurs privés hésitent
à injecter de l’argent en Afrique. Aux dires du
professeur, en Afrique, les chefs d’Etat viennent au pouvoir
pour se servir, mais non pas pour servir le peuple. Ce qui va sans dire
qu’il se pose un problème de gouvernance. Un mal
qui, selon lui, constitue un des handicaps pour
l’environnement économique. S’agissant
toujours des contraintes liées à
l’investissement en Côte d’Ivoire, le
conseiller spécial de Laurent Gbagbo a accusé
tous ceux qui, d’une manière ou d’une
autre, posent des actes qui ne rassurent pas les investisseurs, en
l’occurrence la Justice et les FDS (Forces de
Défense et de Sécurité). «Il
y a une véritable mafia au sein de la justice »,
dénonce-t-il. Indiquant que le mal est si profond que tous
les gouvernements qui se sont succédé
n’ont pu l’enrayer. Selon lui, le
phénomène perdure parce que le policier qui est
sur la route et qui rackette, ne se rend pas compte de l’acte
destructeur qu’il pose. Il en est de même pour les
tracasseries administratives. A en croire le professeur,
c’est la somme de ces comportements qui ont
surclassé la Côte d’Ivoire au
huitième rang des pays les plus corrompus en Afrique. Et
dans un tel contexte, il est clair que la Côte
d’Ivoire ne puisse pas être attractive en ce qui
concerne l’investissement privé.. Le mal de la
Côte d’Ivoire selon le professeur Sibailly Raymond,
ne s’arrête pas à ce niveau. Car, il y a
aussi la forte pression fiscale qui n’encourage pas les
investisseurs privés. Pour que ce pays
bénéficie de cette attraction, le
conférencier préconise un environnement
macro-éconmique sain. «S’il
n’y a pas de justice et de système de financement
efficace et adéquat, il n’y aura pas
d’investissement », prévient-il. M.
Kouassi Detoh, pour sa part, a relevé le
caractère complexe des investissements privés.
Tout en soulignant que l’Afrique est capable de relever les
défis du développement, il a
déclaré que les investissements internationaux ne
peuvent à eux seuls faire décoller la croissance.
Toutefois, il reste persuadé que la croissance de
l’Afrique doit être
précédée d’un changement de
mentalité et de comportement.. Pour M. Kouassi Detoh, ne
peut connaître de croissance, un pays qui
n’anticipe pas sur l’avenir, qui
n’invente pas, qui n’incite pas les citoyens
à faire des investissements, qui ne privilégie
pas la compétence ou qui ne lutte pas vigoureusement contre
la corruption. Une situation similaire à tous les pays
africains.
Honoré Kouassi