Le parti Ecologique Ivoirien



      Dire bien: Quand une grève entre dans sa                dimension inhumaine … elle devient un crime          sur la vie humaine


Lecteurs miens, c’est avec véhémence que je dénonce le segment “sans le service minimum” dans la grève des médecins (ou cadres supérieurs de la santé) déclenchée depuis plus d’une semaine. Sur qui compter désormais devant la maladie et la mort ? Lecteurs miens, le piège est là, le bordel aussi, grand ouvert et nous sommes engoncés, piégés, la mode de l’époque étant à l’impatience. Témoin, le front social où chaque corporation, pour avancer vite, en fait à sa tête de gréviste. Pis des pis, elles innovent dans la violence et le chantage, faisant de l’Etat un foutoir absolu. Il n’y a pas de fumée sans feu. Il y a cinq ans très bientôt, la rébellion donnait le ton, que dis-je ouvrait le feu des menaces et du chantage. Sous nos yeux, il a suffi à des moins que rien ou rebelles de prendre les armes pour être nommés ministres. Le coup d’Etat n’a pas réussi, le chantage si. Cela ne fait pas seulement des frustrations, cela fait aussi des émules. Beaucoup d’émulations. Des enseignants ont vu cela. Plus besoin de prendre l’escalier pour faire aboutir des revendications. Désormais c’est l’ascenseur qui sied. Et l’ascenseur, ce sont les mesures radicales : rétention de notes d’examens, blocage des cours, prise en otage de l’école. N’est-ce pas là une autre façon de gratter pour avoir l’argent en vitesse ? Les cadres supérieurs de la santé ou médecins n’échappent pas à ce type de grattage. Et pour que ça aille vite, l’ascenseur aura pour nom non pas “la grève illimitée” mais “sans le service minimum”… même si cela doit se mesurer en souffrances endurées par les populations, en morts. Or c’est au pied de la souffrance et de la mort que l’on voit le (vrai) médecin, c'est-à-dire celui qui a prêté le serment d’Hippocrate. Quand on jette ce serment datant de l’époque des Grecs à la décharge d’Akouédo comme qui jette Dieu avec l’eau du bain, on ne se comporte plus en êtres humains au service d’autres humains. Cet arrêt de travail trahit l’inhumanité de nos médecins grévistes, laquelle inhumanité provient non pas du syntagme “grève illimitée” (c’est leur droit) mais du syntagme “sans le service minimum” (qui relève de leurs devoirs). Avec ce dernier syntagme, la grève entre dans une dimension inhumaine et… devient un crime contre la vie humaine, un cas flagrant de non-assistance à personnes malades ou en danger de … mort.
Dans tous ces cas de grèves sauvages et aveugles (enseignants, gardes penitentiers, transporteurs… médecins), l’on défie l’Etat (ou le Gouvernement) qui n’est même plus écouté quand il délivre un discours sur la raison, la morale ou la déontologie encore moins quand il menace de suspendre les salaires et de radier les activistes. Qui obéit encore aux injonctions de l’Etat ? Plus grand monde. Peut-être que l’Etat paie là aussi ses erreurs d’appréciation, son manque de courage et autres bégaiements devant certaines dérives qui restent sans sanction. Et quand c’est ainsi, chacun se croit tout permis. Et quand on lui rappelle que nul n’est censé ignorer la loi (Nemo censetur ignorare legem), il répond ; “je m’en fous” ou “est-ce que c’est ça on mange ?”. Pour l’actualité, le Gouvernement supplie et dit : “Médecins, reprenez le travail, à défaut reprenez le service minimum !” “Niet et niet”, répondent les médecins grévistes qui croient plus au concret (l’argent) qu’aux propagandes et autres idéologies politiques. Attention ! Attention ! Sans doute que nous avons désormais affaire à un syndicalisme nouveau, un syndicalisme “désidéologisé”… qui avance sans état d’âme et sans peur et dont je laisse l’analyse aux collègues sociologues. Affaire à craindre et à suivre.
A ce stade de mon raisonnement, je peux risquer une devinette. Quelle différence y-a-t-il entre les médecins en grève (sans le service minimum) et les patients que sont les malades ? Aucune, tous les deux étant des impatients. Prendre soin des autres, c’est aussi prendre soin de soi-même. Ainsi si les seconds sont impatients de se faire soigner par les premiers, ceux-ci sont aussi impatients de faire soigner leur porte-feuille (ou salaire) par l’Etat qui est (peut-être) très affaibli, mais qui n’est pas mort. A moins que les médecins ne veuillent le soumettre à une euthanasie… Allah yé an kissi o ma (Que Dieu nous en garde !).
Qui l’eut cru ? Des médecins gagnés par l’impatience, laquelle n’est pas une vertu ! Comment cela peut-il arriver à des gens dont le métier exige passion et précision et dont la formation exige patience et endurance, les études médicales étant très longues, voire interminables ? La médecine, on le sait, est avant tout une science de la mesure longuement apprise tout au long des interminables études médicales. Le mot “médecine” vient du latin “medeor” qui signifie “donner des soins”. Sur le sujet, on peut relever que “medeor” vient d’une racine indo-européenne “men” qui exprime l’idée de réfléchir, de peser le pour et le contre, de juger sagement, de gouverner avec mesure. On sait combien les médecins furent nombreux parmi les élus locaux ou nationaux (cas du Président Félix Houphouet-Boigny, médecin), pour la simple raison que celui qui a pour tâche de soigner les individus peut prendre soin de la collectivité sans rien commettre d’irrémédiable” (cf. Odon Vallet, “Petit lexique des mots essentiels, Ed. Albin Michel, Paris, 2001, pp. 150-153). Après la lecture d’une telle définition on peut se demander si l’attitude de nos médecins en grève est conforme à la définition de leur métier fait de mesure et de modération (cf. par exemple leurs recommandations à nous faites pour éviter telle ou telle maladie) ? Comment la menace qui se dégage du segment “sans le service minimum” finit-elle par devenir la méthode d’un chantage ? Pour qui connaît le monde de la criminalité organisée, le chantage est une activité pratiquée par les maîtres-chanteurs (cf. Alain rey, “A mots découverts”, Ed. Robert Laffont, Paris, 2006, pp. 325-326). De nos jours, le chantage, activité fort répandue, consiste à extorquer un avantage, de l’argent, en menaçant, en terrorisant. Les médecins grévistes, de même qu’ils ne reconnaissent qu’un seul et unique Secrétaire Général, de même ils ne chantent qu’une seule et unique chanson : “Notre argent vite revu à la hausse ou nous laissons mourir les populations (vos électeurs)”. Voilà une chanson autant brève qu’ endeuillante et sans état d’âme.
J’ai écouté le communiqué de bonne foi du Gouvernement avec son appel à la reprise du travail mais tout y indique que l’Etat ivoirien n’a pas l’air de connaître cette chanson. Hélas ! Et dire que nous sommes à l’heure du dialogue direct … lequel est logiquement incompatible avec le dialogue de sourds qui a cours et qui se mesure en inhumanité chez les grévistes qui se placent cyniquement hors la loi, sans crainte de représailles… en souffrances endurées par la population, en morts. Tout simplement scandaleux… A dénoncer.

Koné Dramane

Source : notrevoie.com


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