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Société - France - Pan Afrique - Immigration

vendredi 7 septembre 2007, par Jalil Oumeddour

Critiquée, Rama Yade ne regrette « absolument pas »
sa visite aux squatters d’Aubervilliers

François Fillon lui a demandé des explications sur ce déplacement improvisé

La secrétaire d’Etat française aux affaires étrangères et aux droit de l’homme a, de son propre aveu, « improvisé » un déplacement jeudi matin auprès de squatteurs d’origine africaine évacués à la demande de la mairie communiste. Elle a justifié ce matin sa visite en déclarant qu’elle voulait montrer que « l’extrême gauche n’a pas de leçon à donner » à la droite en matière de logement.

Jointe au téléphone par Afrik.com, Rama Yade a déclaré qu’elle ne regrettait « absolument pas » de s’être rendue jeudi auprès des squatteurs en conflit avec la municipalité communiste d’Aubervilliers. Depuis le 11 juillet, 80 tentes sont installées dans cette ville par plus d’une centaine de squatteurs demandant à être relogés. Jeudi matin, elles ont été démontées et les squatteurs chassés brutalement par les forces de l’ordre. Confrontée depuis plusieurs années au squat d’une partie de son parc de logements sociaux, la mairie d’Aubervilliers accuse Mme Yade de venir, par sa visite, contester une décision de justice.

Après avoir été sommée par le Chef du gouvernement de justifier son cavalier seul, la secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et aux droits de l’Homme s’est expliquée ce matin sur Europe 1. Elle s’est dite « choquée par ce qu’elle voyait » et s’est étonnée de constater que l’expulsion du campement avait été à l’origine sollicité par « une municipalité communiste ». Elle a expliqué avoir voulu « arranger les choses » et « amorcer un dialogue ». Rama Yade a confié a Afrik.com qu’elle ne voulait pas revenir sur ses propos au risque « de transformer ou d’ajouter quelque chose à [ses] explications qui sont le stricte reflet de [sa] pensée. »

Rama Yade rappelée à l’ordre

Interrogée sur les explications qui lui ont été demandées par le Premier ministre après sa visite controversée, elle a répondu que « François Fillon a tout à fait compris le fond de [sa] pensée ». François Fillon a-t-il agi à la demande du Président de la République ? Aucune information n’a filtré à ce sujet. Il aurait en tous cas fait des remontrances à la Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme au sujet de son passage remarqué à Aubervilliers. Il s’agissait, du propre aveu de l’intéressée, d’une initiative personnelle et tout à fait improvisée. Le Premier ministre voulait « comprendre les raisons » de ce déplacement, et aurait insisté pour qu’à l’avenir elle ait recours aux vertus de la concertation.

La municipalité communiste voit d’un mauvais œil cette visite « improvisé »

« Nous sommes indignés de constater qu’une ministre conteste ainsi une décision de justice prise par un juge indépendant », a déclaré Roland Taysse, le directeur de cabinet du maire. La municipalité qui avait obtenu lundi, du tribunal de Bobigny, l’expulsion de ce campement, s’est indignée de cette visite qu’elle qualifie « de soutien affirmé aux squatteurs ».

Rama Yade répond aux communistes

« Ce qui s’est passé à Aubervilliers montre que ce camp supposé du bien [la gauche, ndlr] n’a vraiment aucune leçon à donner », a expliqué Rama Yade, « et pour l’avenir, c’est un enseignement utile, une clarification nécessaire. Demain, ils ne pourront pas défiler dans des squats en expliquant que nous, on est méchants, et qu’eux sont gentils, puisqu’ils font la même chose ». « Nos militants [UMP] en ont assez de se faire insulter quand c’est une mairie de droite qui opère ainsi. Nous en avons assez de nous faire traiter de fascistes par certains qui, au nom d’une supposée supériorité morale n’ont cessé depuis des mois de nous donner des leçons sur notre supposée inhumanité. »

La réaction du député PS de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg ne s’est pas fait attendre. Il a suggéré à la secrétaire d’Etat d’organiser une table ronde avec l’ensemble des communes d’Ile-de-France qui, « sans faire aucun effort, se situent bien en deçà du taux de 20% de logements sociaux » prévus par la loi. « Nos quartiers populaires attendent de la part du gouvernement des actes concrets et non des opérations de communication jouant sur la détresse des familles », a lancé l’élu.

Source : afrik.com



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