Le Parti Ecologique Ivoirien



Pollution à Treichville Un mort chez le propriétaire des déchets


mercredi 15 juillet 2009 - Par Nord Sud


Le produit chimique dont l'odeur s'est répandue lundi  soir au quartier Biafra, à Treichville, est venue de la Société  tropicale d'engrais et de produits chimiques (Stepc) dont un employé est mort en avril après avoir inhalé du chlore liquide.

Les déchets chimiques qui ont créé des frayeurs lundi à Biafra ne sont pas de simples produits phytosanitaires comme on a pu le lire hier dans la presse. S'il est vrai qu'elle est utilisée dans l'agriculture, cette matière qui entre dans la fabrication de « Tuosulfan » produit utilisé pour le traitement des cacaoyers, n'en reste pas moins  hautement toxique et dangereuse pour l'organisme humain. Selon nos sources, elle est aussi  mortelle  que la plupart des  intrants  exploités par la firme d'où sont venus ces déchets. Il s'agit de la Société  tropicale d'engrais et de produits chimiques (Stepc) située dans la zone industrielle de Vridi. Un de ses employés, Olivier Akolé, 34 ans, est mort le 4 mai après avoir inhalé du  chlore liquide entrant  dans la fabrication de l'engrais NPK. Nous annoncions ce drame dans notre parution du mercredi 6 mai (Nord-Sud Quotidien n° 1190). L'infortuné a d'abord perdu connaissance puis s'est mis  à saigner du nez.  Evacué dans une clinique à Biétry, il a rendu l'âme au moment où les médecins s'activaient à le sauver. L'accident   est survenu suite à une fuite au niveau d'une bouteille. «C'est un produit très dangereux dont la manipulation exige un maximum de protection. Au moment du transport des bouteilles pour les mettre dans un entrepôt, les employés n'avaient ni masque à gaz ni cache-nez pour se protéger contre une éventuelle échappée du contenu. Evidement, lorsqu'il y a eu la fuite, ils ont pris un coup », avait rapporté un témoin. Quatre autres travailleurs de l'entreprise qui ont absorbé le liquide ont subi des malaises. Revenons au fluide déversé non loin du quartier Biafra, dans la commune de Treichville. C'est une matière première qui n'a pu être utilisée parce que décomposée. En pareille situation, disent les spécialistes, les composantes dangereuses doivent être neutralisées avant tout déversement dans la nature. Cette opération, qui se fait à l'aide de javel et d'eau de chaux,  n'aurait pas été respectée par l'usine, avant de confier les stocks à son sous-traitant « Envipur ». Celui-ci a affrété des camions de vidange qui ont déversé le produit dans un dépotoir lundi après-midi. La Stepc  est spécialisée dans la fabrication de phytosanitaires pour différentes culture. Elle produit  tant des insecticides, des fongicides et herbicides, que des régulateurs de croissance. La gamme comprend plus de 80 spécialités adaptées aux principales cultures de la sous-région. Son département Chimie réalise des productions touchant la plupart des secteurs industriels et artisanaux de la Côte d'Ivoire et de la sous-région: traitement des eaux, agro-alimentaire, industrie minière, savons et détergent. La Stpc, c'est 30.000 m2 de terrain avec 600 m2 de surface de bureaux et 11.000 m2 de bâtiments de stockage, une unité de broyage amendements calciques de 25 tonnes/heure avec une aire de stockage vrac de 10.000 tonnes, un atelier de formulation de produits phytosanitaires (herbicides et insecticides) et de reconditionnement, un atelier de production d'engrais solubles, 63.000 m2 de terrain répartis sur deux sites avec accès au quai.

 

Cissé Sindou

Source : nordsudmedia.info

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