http://www.parti-ecologique-ivoirien.org
P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Assa Yobouët Alexandre, président de l’Ong « Piétons en danger » : “Nous sommes tous en danger de mort”
|
vendredi 04 aout septembre - Par nordsudmedia.info |

•Quelle
est la situation des
bandes blanches et des panneaux de signalisation sur les routes
ivoiriennes ?
La
Côte d’Ivoire traverse une
crise d’insécurité
généralisée en ce qui concerne la
situation des piétons.
Jetez un regard sur
les voies publiques.
Depuis presque 10 ans, l’Etat ne se préoccupe plus
de la situation des piétons.
Les voies publiques, sont,
de manière
générale, dénudées de
bandes blanches. Nous avons, interpellé
plusieurs fois les autorités
pour trouver une solution. Malheureusement,
cela est resté sans suite.
•Que
vous ont-elles dit ?
Nous
avons interpellé pas mal
d’autorités : L’Oser (Office de la
sécurité routière), le
ministère des
Transports, l’Ageroute (Agence de gestion des routes), le
Fonds d’entretien
routier (Fer) etc. Ils sont restés amorphes
jusqu’en 2008 où nous avons
approché de façon personnelle certains
responsables de ces institutions pour les amener
à comprendre
l’importance de la sécurité des
piétons en Côte d’Ivoire. Parce que pour nous, tout
le monde est
piétons. Que
vous soyez DG, ministre ou
ouvrier, nous sommes tous des piétons. Donc, la situation
sécuritaire des
piétons concerne tout le monde. Ceux qui ont pu nous
comprendre ont accepté
d’être partenaires à notre projet pour
le retour de bandes blanches sur les
grandes voies. L’Ageroute a quand même
participé avec des pots de peinture. Le
Fer et l’Oser sont venus nous assister de manière
morale. Mais, c’est nous qui
avons tracé
les bandes.
•Combien
vous fallait-il pour
réaliser ce projet ?
Un
pot de peinture, pour faire
une bande blanche, coûte 125.000 Fcfa. Ce sont des pots de
peinture
particuliers. Pour un
carrefour, il
faut au minimum 10 pots,
sans oublier
les diluants. Les membres de l’Ong se sont saignés
en cotisant. Il y a eu
aussi l’apport
de quelques
partenaires. En
janvier 2008 nous avons
retracé les bandes des grands carrefours de Koumassi et de
Marcory. Pour les
réaliser, il fallait avoir des experts. Comme nous sommes
préoccupés par la
sûreté des piétons, nous avons
formé certains de nos volontaires qui sont
habilités à gérer les bandes blanches,
à les tracer et en respectant les normes
internationales. Ces
experts ont
travaillé aux différents carrefours à
leurs
risques et péril. Les travaux devaient
s’élever à 16 millions de Fcfa.
Mais, nous
n’en avons eu que 7. C’était
notre participation personnelle et les apports de pots de peinture des
partenaires que nous avons sollicités.
•Les
travaux se sont-ils limités
aux deux carrefours cités ?
Sur
le VGE (Boulevard Valery
Giscard d’Estaing), depuis le carrefour de «
Immeuble Roche », à Treichville
jusqu’au « Carrefour
Super Hayat » en
passant par le collège
Autoroute de
Treichville et le grand carrefour de
Marcory ». Les
travaux ont eu lieu
uniquement sur le VGE.
•Pourquoi
uniquement le VGE ?
Nous
avons remarqué qu’aux heures
de pointe, de 6h à 8h, où les
élèves vont à
l’école et les ouvriers
au travail, la population de masse fréquente
ces voies-là. Il fallait conjuguer nos efforts pour
réduire le taux de
mortalité dans ces zones. La masse piétonne
qui traverse les carrefours de Koumassi,
de Marcory et de Treichville peut être
estimée à 5.000 personnes. Nous
avions à sauver des vies humaines.
•N’y
a-t-il pas d’autres zones à
risques?
Si.
On peut parler des quartiers
à risque, je peux vous citer Abobo. Cette commune demeure la
championne en
matière de morts dans les accidents de piétons.
Yopougon vient en deuxième
position, puis Adjamé. Nous avons des images et des films
documentaires. Au
moment où nous faisions les bandes blanches, nous
étions à un taux de 59% de
taux de mortalité des piétons dans les accidents
au niveau des carrefours en
Côte d’ Ivoire. C’était en
2008. Lorsque nous avons fait les bandes blanches,
et que cela a été suivi de campagnes de
sensibilisation, le taux est tombé à
50%, soit une
réduction de 9%.
•Concrètement,
comment l’absence
de bandes blanches ou de panneaux
provoque-t-elle un accident?
Une
voie qui est dénudée de
bandes blanches et de panneaux de signalisation, est une voie qui
invite à la
mort. Le piéton ne sait pas où traverser et
l’automobiliste ne sait pas à quel
niveau laisser passer le piéton. Si les gens doivent sortir
pour aller se
donner à la mort, ça ne vaut pas la peine de
sortir.
•Ces
accidents sont-ils
toujours liés uniquement
à l’absence bandes ou des panneaux ?
Vous
avez raison. Il y a
aussi l’indiscipline des chauffeurs.
L’éducation des piétons n’est
pas encore formalisée. S’ajoute
l’inconduite des
chauffeurs en Côte d’Ivoire. 60% de nos chauffeurs
sont des analphabètes. Ils
ne maîtrisent pas véritablement le code de la
route. Mais, pour des problèmes
d’emploi, ils acquièrent facilement leur permis et
se jettent dans la conduite.
Il y a aussi des intellectuels qui, par non-vigilance,
créent des accidents.
•Qui
sont ceux qui détruisent ou
qui volent les panneaux ?
A
notre connaissance ce sont les
vendeurs de marmites qui utilisent ces panneaux . Mais, je pense
qu’aujourd’hui, pour les panneaux de signalisation
et les bandes blanches,
l’Etat doit revoir ses stratégies de
sécurisation. L’Etat
est
responsable des automobilistes et des piétons.
Aujourd’hui, si vous
allez à l’Oser, on vous dira que le budget a
été réduit. A l’Ageroute,
c’est
pareil. Tout dernièrement, la Banque mondiale
était obligée de décaisser avec
le Ppte (Programme des pays pauvres très
endettés) pour réparer les voies. Il
faut qu’on sache que les piétons sont en danger de
mort, notre insécurité ne
préoccupe guerre l’Etat. A
l’intérieur de l’Etat, il y a des
démembrements que
sont les communes. Un maire ne peut exister que si seulement sa
population
piétonne est sécurisée.
Interview
réalisée
par Raphaël Tanoh
Reproduction interdite du site