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50 ans après Les Abidjanais comme au village La galère des populations privées d’eau potable

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vendredi 23 juillet 2010 - Par L'Inter |

Pénurie d’eau à Abidjan
Des seaux d’eau portés sur la tête
Après le délestage qui a été un sérieux handicap pour les entreprises ainsi que plusieurs familles ivoiriennes, c’est la pénurie d’eau qui fait rage actuellement à Abidjan. Dans plusieurs quartiers de la capitale économique, les ménages connaissent de sérieuses difficultés d’approvisionnement en eau. Les robinets se sont asséchés et les familles sont obligées de rester en éveil pour espérer recueillir quelques gouttes d’eau à des heures indues. Le hic, c’est que ce phénomène qui, d’ordinaire, se vit dans les quartiers précaires a commencé à gagner les zones dites ‘’Résidentielles’’. Notamment, la Djibi (Cocody-Angré), Marcory GF, Remblai, Koumassi, etc. Notre équipe de reportage a fait le tour de certains quartiers pour faire l’état des lieux. Mercredi, 21 juillet 2010, il est 15 heures quand nous foulons le sol de la commune de Marcory GF. Partout, la grogne et le mécontentement consécutifs au manque d’eau sont perceptibles. M. et Mme Konan Jean-Baptiste que nous avons rencontrés n’ont pas manqué d’extérioriser leur misère. A en croire ce couple, cette situation qui perdure depuis des mois devient intenable. Selon nos interlocuteurs, l’eau qui arrivait dans les robinets vers 2 heures du matin pour être interrompue à 4 heures 30 il y a quelques mois, a cessé totalement de couler dans les robinets. Depuis cinq semaines, a poursuivi cette famille, la donne à laquelle les populations ont fini par s’accommoder a pris fin dans les ménages. ’’Les foyers sont obligés de s’acheter de l’eau minérale pour satisfaire des besoins primaires ; ce qui nous revient cher. C’est tout un calvaire pour les foyers à revenu modeste comme le mien’’, s’est plaint le couple Konan. Mme Gnagne, une autre habitante du quartier qui se veut moins alarmiste, a confié que le sort de sa famille est aux mains de la Providence. ’’Moi, c’est lorsque je dispose d’eau de pluie que je prépare ; donc, je milite pour qu’il pleuve chaque jour à Abidjan. Pour le reste du temps, je suis à la recherche d’eau’’, a-t-elle témoigné avec une bassine sur la tête. Ce décor de manque d’eau à Abidjan nous a été également servi à Angré-La Djibi. Dans ce quartier chic de Cocody, les populations ne peuvent espérer avoir de l’eau qu’à 3 heures du matin. ’’Nous souffrons d’insuffisance de sommeil. Parce que c’est à 3 heures du matin que les robinets coulent. Ce faisant, nous sommes obligés de nous lever à cette heure de la nuit pour recueillir l’eau’’, a confié une dame qui a requis l’anonymat. Mais pour plusieurs habitants de cette zone, c’est dans le quartier village d’Abobo-Té jouxtant leur cité, qu’ils sont bien obligés de se rendre pour charger de l’eau sur la tête. ’’Au moment où la Côte d’ivoire s’apprête à célébrer son cinquantenaire, il est curieux de savoir que, pour une grande métropole comme Abidjan, des populations continuent de porter de l’eau sur la tête’’, s’est indigné une femme d’une quarantaine d’années qui estime que la Société de distribution des eaux (SODECI) doit agir au plus vite.
G. DE GNAMIEN et Mariama BAMBA (stg)

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