Le parti Ecologique Ivoirien


Jebeniana, dégradation sociale et environnementale

Développement non durable

   Mardi 23 octobre, 21h33

Photo Poubelle à TunisSitué à 30 kilomètres de Sfax, sur la route du Sahel, la ville de Jebeniana constitue l’exemple type du développement non durable, de la main mise de quelques notables sur l’ensemble des activités politiques et économiques, de la pratique des combines, du règne de la corruption et de la violence, de l’exclusion des habitants, du vide culturel, de l’absence d’infrastructures et de l’indifférence des responsables locaux à l’égard des conditions de vie de la population.

Les routes reliant Jebiniana demeurent désuètes, étroites, cabossées et impropres à une circulation de plus en plus intense et dangereuse. La portion de cette route qui commence près du marabout Sidi Bishèg jusqu’à l’épicerie Ghlem Bahri est digne du siècle passé, avec ses bosses, ses trous et son étroitesse.

Lorsqu’il pleut à Jebeniana, c’est la panique générale car, par manque de canalisations et d’égouts, l’eau stagne à plusieurs endroits en charriant la boue et la circulation devient impossible. La municipalité pompe cette eau dans une citerne tirée par un tracteur, comme dans les années 60 (image digne des vieux westerns américains). Car, les fonctionnaires et « les élus nommés » pour veiller au bien-être des habitants n’ont pas pensé à installer des canalisations pour l’évacuation des eaux usées. Les canalisations, posées depuis des années ne sont pas raccordées aux égouts. Il n’existe pas de station d’épuration des eaux usées. Certaines familles ont installé les raccordements eux-mêmes, d’autres versent carrément leurs eaux usées et le contenu de leurs poubelles directement dans les canalisations. Tous ces détritus se déversent dans un champ, près de 4 kilomètres du village, et dégagent des odeurs nauséabondes et constituent une source permanente de pollution et de maladies pour tous les habitants de la région.

A Jebeniana, la décharge municipale est à ciel ouvert. Elle s’est transformée en un immense tas où se mêlent déchets, ordures, carcasses d’animaux, plastics, verres, pneus … d’où se dégage une fumée ocre, étouffante et chargée de gaz toxique et asphyxiant pour les riverains. Utilisée depuis 1960, cette décharge s’étale jusqu’au bord de la route, déborde les champs d’oliviers voisins et constitue un lieu privilégié pour les chiens errants.

Face à l’étroitesse de la décharge, les employés de la municipalité chargés de la voirie déversent les ordures n’importe où, dans les oliveraies des habitants, au coin d’une rue, au fond d’un quartier en ruine, au bord de la route … Jebeniana est en train de se transformer ainsi en une gigantesque poubelle.

Au marché de poissons, une odeur désagréable vous assaille les narines, de l’eau usée stagne sur le sol et les étalages dégagent un air misérable. Aucun prix n’est indiqué et les vendeurs marchandent selon la tête du client. Lorsque plusieurs sortes de poissons sont mélangées, le prix proposé tient compte des poissons les plus chers. Comparaison faite, les poissons coûtent toujours plus cher qu’à Sfax, deuxième ville du pays où le pouvoir d’achat se trouve plus élevé que dans les villages environnants. Le bureau de l’association des consommateurs se situe à dix mètres du marché de poissons, mais aucun agent ne se soucie de ce qui s’y passe.

Les fonctionnaires de la municipalité se désintéressent totalement des problèmes du village. Ils passent leurs temps à discuter des faits divers, enfermés dans leurs bureaux, s’adonnent de temps à autre à quelques tâches bureaucratiques et ignorent superbement ce qui se passe à l’extérieur.

Bondés à longueur d’année, les cafés expriment un fantastique baromètre pour le chômage qui touche la région. Beaucoup de jeunes y passent toute leur journée tandis que de nombreuses filles travaillent dans le secteur de la confection de vêtements pour nourrir plusieurs familles. Ouvriers, inactifs et intellectuels, tous consacrent des heures entières à taper le carton, refaire le monde, donner les solutions pour la guerre en Irak et la résistance en Palestine, raconter les dernières blagues concernant les clans au pouvoir et commenter les faits divers du village ainsi que les matchs de football.

Jebeniana manque totalement d'infrastructures et de lieux de distraction. La culture y est totalement absente et la libre expression bannie. C’est pourquoi un grand nombre de ses habitants se tourne vers l’alcool pour oublier la précarité de leur vie tandis que d’autres prennent le chemin de la mosquée pour faire semblant de donner un sens à leur existence.

Jebeniana est l’expression même de la négation de se qui fonde l’Etat : le bien public. Les gens n’accordent plus d’importance ni aux lois, ni aux normes, ni aux valeurs, ni aux règles que le pouvoir politique ne cesse de mettre en avant pour consolider la cohésion sociale et l’adhésion idéologique.

Ainsi à Jebeniana, la pauvreté, le développement non durable, aboutissent à des conditions de vie très précaires où cohabitent toutes les difficultés du monde pour ses habitants (accès à la santé, accès au travail et à la démocratie et aux droits de l’Homme). Cette situation s’exprime par l’absence de participation à la vie civile, sociale, culturelle et à tout pouvoir de décision. Face à tous ces problèmes, qui se trouvent dans tous les villages de Tunisie, nous dénonçons l’absence totale des responsables de l’environnement dont le rôle est de présenter aux instances internationales dont la banque mondiale une image tronquée de la réalité de notre environnement.

 

Tunis le 23/10/2007

Abdelkader Zitouni

Coordinateur National du parti « Tunisie Verte »

membre du Parti Vert Européen,

membre de la fédération des verts africains,

membre de "Global Green".

E- mail : tunisie.verte@gmail.com

Tel : 00.216.98.510.596

Fax : 00.216.71.750.907

 

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