Le Parti Ecologique Ivoirien



Histoire et protection de l'environnement




apprendre à connaître son environnement et le protéger



Ecosystème  Histoire de l'environnement

L'étude de l'environnement est un domaine de recherche jeune, datant de la seconde moitié du XXe s. Discipline elle aussi récente (première chaire en Suisse en 1997), l'histoire de l'environnement s'attache à étudier les rapports entre une société et son environnement naturel sur deux plans: celui des événements physiques et matériels, celui des rapports entre l'homme et son environnement.

Dans le premier cas, il s'agit d'une part d'étudier les influences naturelles qui peuvent menacer la santé de la population ou influencer négativement la productivité de l'économie (anomalies climatiques, catastrophes naturelles, épidémies, épizooties), d'autre part d'analyser l'influence - considérée comme négative - des activités économiques sur le sol, l'eau, l'air, la faune et la flore. Pour cette raison, l'histoire de l'environnement collabore avec diverses sciences exactes et étudie des "archives naturelles" (dépôts dans le sol, profils polliniques, ossements). L'histoire du climat est déjà bien connue, tandis que le développement et la multiplication des espèces animales et végétales suscitent encore bien des interrogations.

Dans le second cas, il s'agit de thématiser la perception, l'évaluation et l'interprétation des modifications de l'environnement par différents groupes de la population, ainsi que la légitimation d'interventions ayant des répercussions sur le milieu naturel. Ces représentations diffèrent selon les cultures et évoluent avec le temps; on trouvera des interprétations reposant sur la religion, la croyance en la technique, le déterminisme environnemental. Le concept de développement durable, actuellement universellement reconnu dans ses trois pans de la rentabilité économique, de l'écologie et de la justice sociale, fournit aussi une base pour interpréter le passé dans la perspective de l'histoire de l'environnement.

Auteur: Christian Pfister / LD

Protection de l'environnement

Dans les sociétés agraires préindustrielles, l'exploitation était marquée par le souci de garantir la survie de la communauté sur le long terme grâce au maintien des ressources locales, malgré des surexploitations occasionnelles (forêts, alpages, champs et biens communaux, irrigation, force hydraulique). Les conséquences destructrices de l'industrialisation et de l'urbanisation sur l'environnement ne furent perçues et thématisées qu'à l'extrême fin du XIXe s. Ces "attitudes pré-écologiques" (François Walter) provoquèrent une prise de conscience limitée à certains secteurs, comme la forêt, la flore, la faune, les eaux et les nuisances sonores. La protection de l'environnement actuelle, issue de ces préoccupations, comprend tout ce qui est entrepris par l'homme pour maintenir, rééquilibrer ou améliorer son cadre de vie naturel. Elle englobe notamment la protection de l'air, des eaux, du sol, de la nature, du paysage, des espèces, et des mesures contre le bruit. L'aménagement du territoire et la politique énergétique offrent les meilleures possibilités d'action.

Dès la fin des années 1960, l'écologie rencontra vite un grand écho dans la population, quoique inégal selon les régions linguistiques, la Suisse alémanique étant aussi sensible plus tôt à ces problèmes. Cette prise de conscience s'explique d'une part comme une réaction à la modification de plus en plus forte de l'environnement naturel, destinée à répondre aux besoins humains. D'autre part, l'aisance croissante d'une large partie de la population, dont les besoins premiers étaient satisfaits, créa les conditions matérielles pour mettre en pratique les revendications du mouvement écologique , qui entraînent des mesures coûteuses: stations d'épuration, filtres, pots catalytiques, protections contre le bruit. L'avènement de la société de consommation provoqua donc à la fois une pollution accrue et une prise de conscience écologique généralisée.

Quoique la protection de l'environnement moderne et celle de la nature de type ancien présentent beaucoup de similarités, des différences importantes peuvent être distinguées quant aux buts, concepts, acteurs et stratégies politiques. Au contraire des ligues de la protection de la nature et du Heimatschutz, les écologistes actuels ne se limitent pas à protéger le milieu dans des réserves naturelles ou des parcs nationaux , mais visent des mesures globales dans le monde entier. L'écologie est devenue la nouvelle science maîtresse. Les milieux de la protection de l'environnement en vinrent à formuler des revendications avec des répercussions importantes pour la société et l'économie, tout en mettant en oeuvre des stratégies politiques nouvelles. Par exemple, dès le début des années 1970, les antinucléaires pratiquaient la protestation de masse sous toutes ses formes, tandis que les mouvements pour la protection de la nature (Pro Natura ou le WWF) hésitaient encore à mettre fondamentalement en cause le système politique ou à porter leurs revendications dans la rue. Des mouvements pour la protection de l'environnement naquirent divers partis politiques écologiques et des groupements comme Greenpeace, qui recouvraient presque l'ensemble de l'échiquier politique dans les années 1980, tout en étant pour la plupart proches du centre gauche.

Les premiers succès du combat contre les conséquences de l'urbanisation et de l'industrialisation furent atteints dans le domaine de la protection des eaux. Des mesures prises par l'Etat ou la cité pour empêcher la contamination de l'eau potable par les eaux usées ou les matières fécales sont attestées depuis l'Antiquité. Pourtant, les stations d'épuration n'apparurent en Suisse qu'au XXe s. et, dans un premier temps, seulement dans les villes dont les égouts menaçaient directement l'approvisionnement en eau, comme à Saint-Gall en 1917. Les eaux industrielles ont aussi provoqué des hécatombes de poissons dès la fin du XIXe s.; l'article ad hoc de la loi fédérale sur la pêche de 1888 ne fut guère appliqué. Dans l'entre-deux guerres, l'émoi fut grand devant l'apparition d'algues appelées "sang des Bourguignons" dans les lacs peu profonds, ceux de Morat et de Hallwil par exemple, favorisée par l'emploi massif d'engrais. Les premières initiatives pour l'assainissement des eaux provinrent des cantons, notamment celui de Zurich. En 1953, une votation populaire conféra à la Confédération le droit de légiférer dans le domaine de la protection des eaux (art. 24quater de l'ancienne Constitution). Malgré tout, la loi sur la protection des eaux de 1957 resta largement lettre morte: les avantages financiers offerts pour la construction de stations d'épuration ne suffisaient pas à pour convaincre les communes, le manque de personnel qualifié et de savoir-faire technique (en ce qui concerne les valeurs limites) constituaient les principaux obstacles. De plus, l'industrie lia l'épuration de ses eaux à celle des particuliers, selon le principe de l'égalité de traitement.

Il fallut inscrire la protection des eaux dans les constitutions fédérale et cantonales, accorder plus de compétences et de droits aux associations intéressées, rendre compte systématiquement de tous les incidents et accorder des subventions fédérales pour sortir les stations d'épuration de la phase pionnière. La révision de la loi sur la protection des eaux de 1971 accorda à la Confédération la compétence de fixer des valeurs limites uniformes. Les largesses des subventions fédérales et cantonales provoquèrent un véritable boom de la construction de stations d'épuration, entraînant des frais considérables pour la collectivité. La protection des eaux doit ses principaux succès à la période de haute conjoncture et à l'état d'esprit général des années 1960. L'accident de Schweizerhalle (1986) attira l'attention internationale sur les dangers de la pollution des eaux à grande échelle par des catastrophes chimiques majeures. La nouvelle révision de la loi en 1991 accrut la protection de l'environnement en abaissant les valeurs limites tolérées, sans pour autant remettre en question la primauté des intérêts économiques et énergétiques.

L'article constitutionnel sur la protection de l'environnement (art. 24septies, art. 74 de la Constitution de 1999) fut accepté en 1971 par 93% des votants. Il s'agissait de protéger l'homme et son milieu naturel "contre les atteintes nuisibles ou incommodantes qui leur sont portées." Dès lors, la protection de l'environnement relevait entièrement de la Confédération qui en délégua l'application aux cantons. L'accent porta sur la lutte contre la pollution de l'air et contre le bruit. L'élaboration d'une législation fut difficile pour deux raisons. D'une part, dès 1975, la récession mit quelque peu les préoccupations écologiques à l'arrière-plan et permit aux milieux économiques de combattre avec succès les initiatives écologiques en insistant sur leurs conséquences financières. D'autre part, l'application de la protection de l'environnement dans le cadre juridique et administratif existant s'avéra difficile à mettre en place: presque tous les domaines de la protection de l'environnement exigeaient une collaboration transversale entre de nombreux services de l'administration et l'adaptation de nombreuses législations. Par conséquent, il fallut attendre l'automne 1983 pour voir le Parlement adopter la première loi sur l'environnement, malgré la pression constante des organisations écologistes. La discussion médiatique sur la "mort des forêts", lancée très à-propos en septembre 1983, peu avant les élections aux Chambres fédérales, pourrait avoir influencé positivement la décision des parlementaires. La législation concerne la protection de l'air et du sol, celle contre le bruit, la gestion des déchets, les radiations, les atteintes à l'environnement et l'étude de l'impact environnemental de certaines constructions, ainsi que les mesures à prendre en cas de catastrophe. Très étendue, elle repose sur les quatre principes de la politique suisse en la matière: prévention, pollueur-payeur, coopération et responsabilité individuelle. Sur la base de la loi de 1991 et de celle sur la radioprotection, elle aussi de 1991, les ordonnances suivantes ont été mises en place: sur la protection de l'air (1985), sur les substances dangereuses pour l'environnement (1986), sur les polluants du sol (1986), sur la protection contre le bruit (1986), sur l'étude de l'impact sur l'environnement (1988), sur le traitement des déchets (1990), sur la protection contre les accidents majeurs (1991), sur la radioprotection (1994), sur les atteintes portées aux sols (1998) et sur la protection des eaux (deux textes en 1998).

Les succès les plus importants sont dus à des innovations techniques permettant, sans grands investissements, de limiter ou remplacer certaines substances toxiques: on a par exemple diminué le taux de plomb dans l'essence ou celui du soufre dans le mazout. En revanche, les mesures préconisées ont rencontré une grande résistance chaque fois qu'une industrie aurait dû investir fortement pour adapter sa production aux normes en vigueur (industrie de l'acier et de l'aluminium) ou lorsqu'un sacrifice individuel serait nécessaire (renoncer à la mobilité offerte par la voiture). En ce qui concerne la protection de l'air et la lutte contre le bruit notamment, le trafic routier n'a pas encore payé son tribut pour atteindre les objectifs fixés. Les débats sont rendus difficiles par des controverses continuelles entre ceux qui estiment que la technique permet une protection de l'environnement suffisante dans le cadre de l'économie de marché et ceux qui estiment qu'il faut prendre une nouvelle orientation, respectueuse des ressources naturelles. La décision est d'autant plus difficile que la plupart des problèmes environnementaux sont complexes et ne peuvent être expliqués par de simples liens de cause à effet.

Depuis les années 1980, la dimension mondiale de nombreux problèmes environnementaux et les stratégies proposées pour leur résolution ont fait de la protection de l'environnement l'un des grands thèmes de la politique internationale. Lors de la première conférence organisée par l'ONU sur ce thème (Stockholm, 1972), scientifiques et politiciens prônèrent la coopération internationale. Le protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, adopté en 1987, posa les bases pour la réduction des émissions de CFC (chlorofluorocarbures) et autres substances apparentées. Lors du "sommet de la terre" de Rio de Janeiro en 1992, la plus grande conférence jamais tenue sur l'environnement, les modifications climatiques, la protection des espèces et la destruction des forêts tropicales furent au centre des débats. Même si le principe d'un développement durable est incontesté dans son principe, le sommet - tout comme les conférences de Berlin (1995), Kyoto (1997) et Buenos Aires (1998) - se termina sans que des mesures concrètes soient prises, par exemple pour réduire la production de gaz à effet de serre. Tout comme les pays de l'Union européenne, la Suisse se propose d'atteindre en 2012 ses objectifs fixés à Kyoto par le biais de la loi sur le CO2 (dioxyde de carbone), soit de réduire de 8% les émissions de six gaz à effet de serre par rapport aux valeurs de 1990.

Auteur: Ueli Haefeli / LD

     

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