Le parti Ecologique Ivoirien


Doublement analphabète
( Ho ! Pourquoi des enfants non scolarisés ? Où est l'école gratuite pour tous en Côte d'Ivoire ? )


Salut à vous chers lecteurs, nous sommes de retour après deux semaines d’absence. Pour toujours lire entre les lignes. Let’s go !

Petit cireur de chaussures et analphabèteIl est 11 heures ce 18 septembre 2002. De retour de la mairie du Plateau où nous nous étions rendu pour établir quelques extraits d’acte de naissance, nous décidons de passer un coup de brosse sur notre paire de chaussures. Après quelques pas, nous apercevons au coin d’une rue un cireur. Ok, ça y est ! Nous nous approchons donc de lui et que découvrons-nous ? Un gamin d’environ dix (10) ans aux côtés d’un jeune homme, lui, en âge de travailler. Occupé à une autre tâche, celui-ci ordonne à celui-là de donner un autre éclat à nos chaussures. Bien ! Tout en le faisant, nous engageons une causerie avec le mineur. Nous découvrons alors qu’il n’est pas scolarisé et qu’il est obligé de cirer pour avoir de quoi manger. A la question de savoir s’il sait au moins distinguer les enfant vendeuse de ruelettres de l’alphabet, il nous répond qu’il n’a jamais mis les pieds dans une école. Toutefois, il dira qu’il sait compter. Très bien compter. Surtout quand il s’agit d’argent. Tonton, nous a-t-il dit sourire aux lèvres, «je ne suis pas allé à l’école, mais je sais compter l’argent. Personne ne peut me voler».
Et pourtant, seulement la veille, soit le 17 septembre, l’école avait repris ses droits sur toute l’étendue du territoire national. Une première depuis cinq ans. Depuis la fameuse date du 19 septembre 2002, où la Côte d’Ivoire ouvrait la page de la plus grave crise de son histoire, avec la destitution manquée du régime Gbagbo, très vite muée en rébellion armée avec scission du pays. Heureusement, la paix n’est plus loin. Dieu est en train d’exaucer les prières des Ivoiriens. Louons-le pour qu’il en soit ainsi ! Il est donc temps que certains sujets, qui avaient carrément été rejetés aux calendes grecques, refassent surface pour la construction de cette nation âgée seulement de 47 ans. Tâche qui bien entendu incombe à tous.

A s’imaginer le nombre d’enfants dans la même situation que notre ami du 18 septembre, l’on ne peut qu’avoir des céphalées. De violentes céphalées capables de se muer en migraines. Rien à dire là dessus. Sans se fier aux statistiques réelles que nous n’avons pas, et sans donc avancer de chiffres fiables au risque de nous tromper et mener ainsi en pâture tout notre lectorat, il est évident que des milliers d’enfants ne sont pas scolarisés en ce 21ème siècle. Et pourtant, au rythme de la mondialisation, l’analphabète n’est plus celui qui ne sait ni lire ni écrire, mais plutôt celui qui ne sait pas manipuler un ordinateur. Y a-t-il pire injure qu’on puisse faire à un être humain ici bas à l’heure actuelle que de le traiter d’analphabète ? En notre connaissance - et certainement que vous lecteurs êtes animés de ce même esprit -, non ! La pauvreté est à n’en point douter l’un des, sinon le plus grand crime de nos temps, au vu de l’allure et de l’esprit que les humains ont donné à la planète, devenue aujourd’hui un gros village. Vive les Nouvelles technologies de l’information et de la communication ! Vive Internet ! Vive la téléphonie mobile ! Mais, l’on a beau être pauvre, l’on éprouve à coup sûr une certaine fierté à décrypter les messages diffusés ça et là via la radio, la télévision ou même à participer à un débat entre amis, entre hommes ou encore à donner son avis sur un sujet, fusse-t-il sujet à polémique.

Ces enfants qui sans le vouloir entrent dans la vie active de façon précoce, ces enfants si jeunes et si vieux car obligés de jouer le rôle de leurs pères, ces enfants qui ne méritent plus de se faire appeler ainsi parce que très souvent, leurs revenus quotidiens servent de pitance dans nombre de foyers de notre société, ces enfants méritent-ils d’être abandonnés à leur triste sort? A cette question, pas d’autres réponses que la négative. En tout cas, pour un être humain en possession de toutes ses facultés. Les hommes dans la pérennisation de la race humaine doivent assurer la relève. Ils se doivent de laisser un héritage conséquent à leurs progénitures, héritage pas forcément matériel, mais dynamique et essentiel, celui que nous appelons le bon sens. Si «le bon sens reste la chose la mieux partagée au monde», quel châtiment devrait-on réserver à ceux des hommes qui, volontairement décident de faire obstacle à l’acquisition du bon sens par leurs enfants, c'est-à-dire ceux qui refusent de les envoyer à l’école ? A ce débat qui reste ouvert, l’on ne doit pas omettre le cas de ceux pour qui l’école n’est pas la voie idoine d’acquisition du bon sens. Savent-ils eux-mêmes raisonner au point de tenir de tels propos ? La situation des enfants non scolarisés est très critique. Il y a péril en la demeure et la seule chose qui devrait, sinon qui doit nous préoccuper n’est rien d’autre que le cas de ces enfants qui par la faute de toute la société vont à vau-l’eau.
Faut-il rester sans réagir alors que nous-mêmes parvenons à faire partager nos idées avec vous lecteurs parce que nous avons été scolarisés ? C’est avec joie que nous avons accueilli l’idée de l’école gratuite lancée par le président Gbagbo lors de la campagne présidentielle de 2000. Cette vision qui a longtemps été le rêve de l’homme de basse classe sociale était enfin devenue réalité avec Laurent Gbagbo. Alléluia ! Mais, sept (7) ans après, toujours rien à telle enseigne que lorsque le ministre de l’Education nationale et de la Formation de base Gilbert Bleu Lainé affirme que les parents ne doivent verser aucun centime pour l’inscription de leurs enfants dans le primaire, tout le monde est sceptique. Dit-il vrai ? Le constat est que très souvent, sur le terrain, c'est-à-dire dans les écoles, les enseignants se sont érigés en obstacle à la gratuité de l’école. Au vu et au su de tous. Et jamais, en notre connaissance, une quelconque sanction, fusse-t-elle verbale, n’a été prononcée. Le système en lui-même est un obstacle à l’épanouissement des masses. Chacun veut se servir, faire ses provisions avant l’avènement de la saison sèche. Et pourtant, nous sommes situés dans une région humide. Si seulement on avait le sens de la communauté. Si seulement on acceptait de servir le peuple au lieu d’opprimer le peuple pour nos services. En la matière, les dirigeants ivoiriens devraient être un peu plus regardants. S’il n’est peut-être pas trop tard, il serait intéressant qu’eux-mêmes commencent par donner l’exemple. Le peuple, éternel opprimé ne pourra que suivre. Pour l’heure nous souhaitons bonne rentrée scolaire aux enfants qui ont pu être scolarisés et prions les autorités et structures compétentes de se pencher un peu plus sur la question des enfants non scolarisés. Car tous, ils ont besoin de nous et doivent quitter cette catégorie de double analphabète que nous devons bannir. A samedi prochain, et bon week-end à tous. Que Dieu veille sur nous !

Roland Michel Yobouet (rmkyob@yahoo.fr)


Source : lecourrierdabidjan.info



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