Le Parti Ecologique Ivoirien



De nouveaux déchets appréhendés au port de pêche Après le scandale des déchets toxiques en 2006 • Les occupants du camion citerne prêt à embarquer les déchets arrêtés



samedi 01 août 2009 - Par linter-ci.com


Les Ivoiriens ne sont pas au bout de leurs peines. Alors que le scandale des déchets toxiques déversés en Côte d’Ivoire continue de battre son plein, plusieurs autres menaces de produits toxiques sont décelées çà et là. Le dernier cas en date est celui des produits d’une société de la place, qui sans subir de traitement au préalable, devaient être déversés au centre de recueillement des eaux usées, à la descente du pont De Gaule. La vigilance des populations du quartier Biafra a permis de saisir les camions chargés de produits. Depuis hier, vendredi 31 juillet 2009, c’est une autre menace de produits toxiques qui est suspectée au port de pêche de Vridi. Alertés par une source proche de la zone portuaire d’Abidjan, nous nous sommes rendue sur les lieux. Sur place, nous avons approché les gendarmes en service au PC 4 (Poste de contrôle), à qui nous avons décliné notre identité et expliqué l’objet de notre présence en ces lieux. L’attitude d’abord méfiante, ces gendarmes nous ont répondu qu’ils n’étaient pas informés de cette situation. Puis de rajouter que pour accéder à l’enceinte du port, il fallait obtenir une autorisation de la direction générale du Port. Quelques minutes après, une autre personne, en tenue civile, entre en scène. Ce dernier est présenté par les agents de service comme étant leur chef. Très en branle, le nouveau venu fait observer que la situation est très tendue dans l’enceinte du port et que toutes les entrées doivent être filtrées. Des propos qui viennent ainsi confirmer nos soupçons. Comme pour se donner bonne conscience, il nous demande de patienter, le temps pour lui de s’informer. Aussitôt après, revirement de situation, comme les autres, il nous ramène à la direction générale du port. Dans cette impasse, nous avons joint le service des relations avec la presse, qui n’était pas aussi mieux informé que nous. Espérant obtenir une autorisation avec le chef du service communication du directeur général, nous avons été également très vite désillusionnés à ce niveau. Sa ligne directe nous balançait sur le fax et son téléphone portable sonnait normalement sans que ce dernier ne décroche. Même le SMS que nous lui avons fait parvenir est resté sans suite. Toutes ces intrigues nous ont poussée à vouloir percer ce mystère. C’est ainsi que nous nous sommes rendues au PC 5 où nous avons négocié notre entrée dans l’enceinte du port, cette fois-ci, sans nous faire remarquer comme journaliste. Direction, le poste de police du port. Et là, ce qui au départ était considéré comme une rumeur, devenait désormais la vérité. Le bateau suspecté était devant nous. Juste à côté de ce bateau, un camion citerne, de couleur rouge, prêt à embarquer des produits. Notre attention a été attirée par un groupe de personnes qui échangeaient à quelques mètres de ce navire, ainsi que des véhicules qui venaient et allaient. Au poste de police, c’est le commissaire Touré qui nous a reçue. Très avare en causerie, elle a indiqué qu’ils étaient encore à la phase du constat et qu’il était impossible de dire quoi que ce soit sur la nature des produits transportés par le navire dénommé, SEVASTOPOLSKAYA BUKHTA PANAMA. Elle nous a invitée tout de même à attendre, le temps d’en savoir plus avant de livrer une quelconque information. L’attente fut longue (de 10 heures à 12 heures), mais pas très fructueuse. Durant ces deux heures d’attente, c’est à travers des bribes de causerie que nous avons pu reconstituer les faits. Selon ces échanges, le bateau aurait accosté à 23 heures et aurait signalé le déchargement de poissons et non de produits. D’où vient-il qu’un camion citerne privé se retrouve à côté de ce navire ? Comment ce camion a pu échapper à la vigilance des gendarmes postés à différents postes de contrôle pour se retrouver dans l’enceinte du port ? Pour raison d’enquête, les occupants de ce véhicule ont été écroués à la prison du poste de police du port. Derrière les barreaux, le commissaire posait des questions pour savoir comment ce camion a pu échapper à la vigilance des agents de service. Nous avons beau tendre l’oreille, il était impossible d’entendre exactement ce qui se disait dans ces échanges. Selon une source policière, le camion citerne serait venu du quai 17, poste gardé par la gendarmerie du côté du PC 6. Les occupants du camion auraient brandit un document délivré par le CIAPOL pour pouvoir accéder à l’enceinte du port. Le hic, c’est que là, notre source fait remarquer qu’il y a eu une légèreté de la part des gendarmes de service, puisque, explique-t-il, pour rentrer dans le port, il faut, en plus du laissez-passer, un macaron pour les véhicules. Ce camion n’a pas de macaron. La police maritime qui a à charge de vérifier les montées et les descentes de produits, toujours selon notre source, a aussi failli à sa mission. C’est un policier, très attentif à ce qui se passait à quelques mètres de lui, qui a découvert le pot aux roses. En effet, dans le déchargement des produits, cet agent a constaté que chaque fois que du produit était déversé sur le sol, très rapidement, l’on essuyait. L’élément du CIAPOL mis en cause, un adjudant à la retraite a été entendu sur la question et mis aussi aux arrêts. Son arrestation s’est même passée en notre présence. Nous avons pris congé du commissaire de police après avoir échangé les contacts téléphoniques afin d’avoir dans les heures à venir, les résultats des analyses du CIAPOL sur la nature des produits suspectés. Jointe au téléphone à 15 heures 57 mn, le commissaire nous a fait remarquer que les résultats n’étaient pas encore disponibles.


par Irène Bath
 

Source : linter-ci.com

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