L’insécurité
continue d’être intenable malgré de
bonnes intentions de nos agents des forces de l’ordre, pour
lui donner
des « mensurations »
raisonnables. Les malfaiteurs occasionnent
toujours tristesse et désolation dans les rangs des
populations. Et
quand des agents même des forces de l’ordre
deviennent des animateurs
attitrés de la pègre, il y a des raisons de
désespérer. Le sergent
Kouassi Noël Jean Luc, né en 1972 à
Treichville et en fonction à la
Préfecture de police d’Abidjan, est au nombre de
ceux qui souillent la
corporation de la police nationale. L’homme était
tout simplement chef
de gang. Et comme Dieu ne cautionne pas de telles dérives,
il s’est
fait épingler. Et ce, grâce à la
vigilance d’un chauffeur de taxi.
C’était le mercredi 18 février dernier.
Ce jour-là en fait, indiquent
nos sources, dans la commune d’Abobo, des individus au nombre
de
quatre, empruntent un taxi-compteur. Ils demandent à
être conduits au
quartier reculé de « Pk
18 ». Le chauffeur embarque ces clients.
Mais
après quelques mètres parcourus, le conducteur
remarque des attitudes
bien bizarres de la part de ses passagers. Celui qui est assis
à
l’avant avec lui, se retourne très souvent et
chuchote on ne sait quoi,
avec les trois autres installés sur la banquette
arrière. Aux yeux du
chauffeur de taxi, ces attitudes sont bien loin
d’être innocentes. Il
en est d’ailleurs situé, lorsque jetant
discrètement un coup d’œil sur
son voisin immédiat, il remarque débordant sous
la chemise de ce
dernier, le canon d’un pistolet. Cette fois, il est
totalement
convaincu de la sombre nature de ses passagers. Et rien ne dit
qu’il
n’est pas dans le viseur de ces derniers. Que faut-il faire
alors ? La
première station d’essence qui se
présente à lui est une aubaine. Il y
fonce. Puis, il descend , effectivement, sont des gangsters et qui
comprennent qu’ils sont démasqués,
sortent eux aussi du taxi et se
mettent à détaler. Les appels de
détresse du chauffeur de taxi,
parvenus à de bonnes volontés, les criminels sont
pris en chasse. Deux
d’entre eux sont chopés. Il s’agit de
Ouédraogo Moussa, veilleur de
nuit âgé de 55 ans et de Kouassi Noël
Jean. Fouillé, il se trouve que
ce dernier est sergent de police en service à la
Préfecture de police
d’Abidjan. Deux armes à feu sont saisies sur lui.
Tous les deux sont
conduits à la Police criminelle pour continuation
d’enquête. Et là, à
en croire les informations, il est demandé au policier
d’où il tient la
seconde arme à feu trouvée en sa
possession ? Vu qu’il est connu qu’un
policier a droit en toute légalité, à
une seule arme de dotation. A
cela, le sergent Kouassi Noël répond
qu’il a ramassé le second pistolet
automatique dans les environs de la morgue d’Anyama. Et ce,
au cours
d’une opération de ratissage.
Qu’à cela ne tienne. Pourquoi, alors,
n’en a-t-il pas parlé à son
supérieur ? L’homme bégaie
avant d’avancer
une autre version. C’est que l’arme en question est
la dotation d’un
adjudant-chef de police du nom de Konan Kouakou. Ce dernier,
bénéficiant de congés maladie, est
allé tout simplement déposer son
arme à l’armurerie de la Préfecture de
police. Ainsi, après sa
permission, viendrait-il la récupérer. Et selon
le sergent Kouassi
Noël, c’est le responsable de l’armurerie
qui lui a vendu le pistolet
de l’adjudant-chef. Mais confondu une fois de plus
à ce niveau, le
policier, accusé de mentir comme un dentiste, donne cette
fois, la
vraie version. Et celle-là est toute simple.
L’homme explique que des
collègues et lui, désignés pour un
service commandé, ont été
autorisés
à se rendre dans l’armurerie de la
Préfecture de police, pour se faire
remettre des kalachnikovs. Et sur place, profitant de
l’inattention du
responsable des lieux, il chipe le pistolet qui se trouve
être l’arme
de dotation de l’adjudant-chef de police. Poursuivant, le
flic d’un
autre genre souligne mettre cette autre arme à la
disposition du gang
dont il est le chef, pour commettre des attaques. A ce propos, son
acolyte Ouédraogo Moussa, le veilleur de nuit,
précise que leur gang
est spécialisé dans les braquages des
taxis-compteurs. Et c’est la
énième attaque qu’ils devaient
commettre le 18 février dernier, lorsque
tout s’est gâté. Les deux autres lascars
en fuite, sont recherchés. En
attendant, le sergent de police et le veilleur de nuit ont
été déférés
devant le parquet. C’était le mardi dernier 3 mars.
KIKIE Ahou Nazaire