Notre voie-19/7/2007
Très bavards sur la situation
politique en
Côte d’Ivoire depuis le
début de la crise ivoirienne en septembre 2002, les
médias français se
montrent désormais peu enthousiastes à ouvrir
leurs colonnes et leurs
micros aux évènements politiques se rapportant
à ce pays. Le silence
dont ils font preuve au sujet de la résolution 1765 du
Conseil de
sécurité de l’ONU et du lancement
officiel d’un parti politique créé
par des anciens collaborateurs d’Allassane Ouattara, confirme
ce
constat. La nouvelle Résolution de l’ONU sur la
Côte d’Ivoire a été
rendue publique lundi mais, jusqu’à hier mardi,
à 15h GMT, Radio France
International (RFI) n’en avait pas encore parlé.
Les sites Internet des
quotidiens français ne mentionnaient nulle part
l’information.
L’affaire des infirmières bulgares en Libye, la
condamnation à vie des
35 opposants éthiopiens constituaient les seuls faits que
relataient
lemonde.fr, liberation.fr et le figaro.fr sur l’Afrique.
L’Agence
France Presse ( AFP) qui leur sert très souvent de sources,
a juste
fait une brève lundi soir. Non seulement celle-ci
n’a pas été reprise
par les autres médias français mais aussi, elle a
très vite disparu des
dépêches de l’Agence. Pourtant, tous ces
médias avaient habitué leurs
lecteurs et auditeurs à des comptes rendus et commentaires
répétés
après chaque résolution sous
l’ère Annan. Ils leur arrivait parfois de
balancer les principales dispositions avant leur adoption, se vantant
d’avoir eu copie des résolutions avant
même leur publication
officielle. “Cette résolution intervient dans un
contexte apaisé et la
résolution n’apporte pas
d’élément capital par rapport
à ce contexte.
Or vous savez, ces médias aiment le
sensationnel’’, a justifié hier un
confrère au cours d’une
cérémonie dans un hôtel
d’Abidjan. Ce qui ne
dérange pas Gbagbo “Le sensationnel
intéresse tous les médias, mais
pour le cas précis, les médias
français observent le mutisme parce
qu’aucune des dispositions de la résolution ne
dérange le président
Gbagbo. Pire, ses dispositions gênent l’opposition,
dont les animateurs
sont leurs alliés depuis le début de la crise.
Tout ce qui gène Bédié
et surtout Ouattara gêne la France officielle et la presse
française.
Tout ce qui ne dérange pas Gbagbo les dérange
», a immédiatement réagi
un autre. Depuis l’accord de Ouagadougou qui a mis fin aux
turpitudes
de l’opposition ivoirienne dans la crise qui secoue le pays
il y a près
de 5 ans, le maintien du mandat du Haut
réprésentant de l’ONU pour les
élections constituait pour MM. Bédié
et Ouattara, une “question
d’honneur’’. Or la 1765
‘’met un terme’’ à
ce mandat. En outre, alors
que la France a été le rédacteur
exclusif des précédentes résolutions,
il revient que la présente n’a pas
été l’affaire de la seule France. Ce
qui en rajoute à la perte d’influence de la
métropole sur le dossier
ivoirien dans lequel elle a fait preuve d’une attitude
condamnable. La
presse française ne pouvait donc pas applaudir un document
qui
s’apparente à une sanction de Paris et de ses
alliés ivoiriens dans la
déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Le
black out sur le lancement
officiel de l’Alliance pour la Nouvelle Côte
d’Ivoire de Zémogo Fofana
procède également de la gêne
qu’éprouvent nos confrères par rapport
à
‘’ce qui gêne
l’opposition’’ en
général et Ouattara en particulier. Les
fondateurs de l’ANCI sont des anciens collaborateurs de
Ouattara, le
principal cheval de la France dans l’assaut contre le
régime Gbagbo et
donc le préféré des médias
français. Le départ de Zémogo Fofana
et
Jean-Jacques Béchio constituait déjà
un coup dur pour l’ami Ouattara.
La création par eux d’un parti politique
disposé à encourager le retour
de la paix en Côte d’Ivoire ne pouvait que
déplaire. Aussi l’évènement
a été sciemment ignoré par les
médias français mais aussi par les
autres médias occidentaux dont les animateurs sont tous des
membres du
réseau Ouattara. Imaginons qu’un petit
secrétaire de base du Front
populaire ivoirien (FPI) dont est issu le chef de l’Etat,
annonce la
création d’un autre parti. Quelle attitude
adopteront nos confrères ?
RFI et les autres amplifieront
l’événement et mettront un accent sur
le
charisme de ce partisan de Gbagbo et la force du mouvement
qu’il a
créé. Au total, la presse française
prouve encore là qu’elle est un
maillon du réseau international qui n’est donc pas
prêt à accompagner
un processus de sortie de crise qui ne chiffonne pas Laurent Gbagbo.
Dan Opéli










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