Le Parti Ecologique Ivoirien



Frontiere/ affrontement entre Ghanéens et Ivoiriens - On a frôlé le pire !




mercredi 8 octobre 2008 - Par Le Temps



Une rixe entre Ivoiriens et Ghanéens, à la frontière entre les deux pays a failli dégénérer en affrontements sanglants, n`eût été la réaction prompte des autorités administratives ivoirienne et ghanéenne. Un affrontement entre les populations de Soko et de Sampa premier village frontalier entre la Côte d`Ivoire et le Ghana a été évité de justesse grâce à l`action conjuguée des autorités administratives de Sampa et de Bondoukou, le vendredi 3 octobre 2008. Soko, village aux singes sacrés, est situé à sept kilomètres de Bondoukou, son chef-lieu de commune. Il fait frontière avec le Ghana dont le premier village est Sampa. Ces deux localités ont en commun une même langue : le Nafana et ont des liens familiaux séculaires. Peuples paisibles et travailleurs, ils vivent en parfaite harmonie malgré les exigences étatiques qui font d`eux deux peuples dont l`un Ghanéen et l`autre Ivoirien. C`est cette harmonie qui a été brisée et qui a failli entraîner un conflit frontalier entre ces deux peuples frères. Mais comment en est on arrivé là. M. Ahoudou dit ``Yamankoudji``, chauffeur de son état, habitant du village de Soko, nous l`explique " notre frère Ouattara Abou dit ``Owo Tè Bakô`` qui est originaire de Soko et de Tomogossié et chauffeur à Sampa est venu nous insulter ici en nous disant que nous ne sommes pas des garçons. On ne peut pas le renvoyer parce que Soko lui appartient aussi. Chaque fois qu`il arrive ici, il insulte les jeunes. Mais ce mardi-là, les jeunes n`ont pas été patients parce qu`il a giflé l`un d`eux. Ils ont riposté et cela a entraîné des palabres. Et il est allé dire à Sampa qu`on l`a refoulé et frappé. A Sampa, les jeunes ont aussi attrapé trois jeunes de Soko qu`ils ont frappé, cassé et brûlés leurs vélos et ont renversé l`Attiéké d`un des nôtres qui partait le livrer à sa cliente à Sampa. Nous aussi, à notre tour, nous sommes allés attaquer les véhicules ghanéens qui passaient par la brousse à Tomogossié, sur une route qui n`est pas autorisée par l`Etat de Côte d`Ivoire. Voici ce qui a envoyé le problème ". A Sampa, où nous nous sommes rendus, cette version des faits a été confirmée par Mme Elisabeth Hoba, Préfet du District de Sampa. S`il n`y a pas eu de perte en vie humaine, l`on note par contre deux blessés à l`arme blanche, trois vélos calcinés, les pare-brise d`une voiture brisés et un panier d`attiéké renversé. M. Kouassi Innocent qui était porté disparu, est rentré le samedi 4 octobre à Soko. Pour mémoire, rappelons que depuis 1995, un problème de sécurité routière et de gare oppose les populations de Soko à celles de Sampa. Les populations reprochent à leurs frères de Sampa la vitesse qu`ils font lors de la traversée du village. Ce qui a occasionné de nombreuses pertes en vies humaines. Raison pour laquelle ils leur demandent de rester à la limite de la frontière afin que des vies humaines soient préservées. "Mieux, Soko tout comme Sampa se doivent d`avoir une gare de la Côte d`Ivoire sur cet axe. Ce que les transporteurs de Sampa ont refusé dans un premier temps avant d`accepter ", nous dit Ouattara Adama dit Katanga. Mais une route secondaire non autorisée passant par Tomogossié, l`une des localités de la commune de Bondoukou sur l`axe du village de Borodine a été créée par les transporteurs ghanéens de Sampa contournant ainsi le village de Soko pour se rendre à Bondoukou. Cette route, devenue impraticable à cause de la saison des pluies, n`est pas trop utilisée. C`est dans ce contexte que Ouattara Abou dit `` Owo tè Bakô``, fils de Soko et de Tomogossié, transporteur à Sampa, a remis en cause la disposition de laisser les voitures de transport ghanéen à la frontière. Heureusement, l`action conjuguée de Mme Elisabeth Hoba, préfet du District de Sampa et M. François Goun Gervais, préfet de région du Zanzan, a porté ses fruits. Ce qui a avorté un affrontement le samedi 4 octobre 2008. Ce même jour, Kragbé Didier, Secrétaire général de la préfecture, le Colonel Adu Albert du bataillon ghanéen de l`ONUCI, le Préfet de police Kouadio Benoît, les Commandants de Brigade et de l`escadron de la gendarmerie de Bondoukou, sur instruction du préfet de région, se sont rendus successivement à Soko et à Sampa où ils ont rencontré le préfet de Sampa, les transporteurs et les populations. Un appel à la retenue a été lancé afin de préserver " ce lien séculaire qui existe entre la Côte d`Ivoire et le Ghana qui ont en commun la même histoire ", selon Kragbé Didier.
La visite de Mme le préfet de Sampa aux populations de Soko et au préfet de Région M. François Goun Gervais, ce même samedi a permis de mettre en place un calendrier de travail pour la résolution définitive de ce problème. Pour l`heure, le calme est revenu sur l`ensemble de la frontière et la circulation a repris avec comme point de chute, la rivière ``Tahin`` qui sert de frontière entre la Côte d`Ivoire et le Ghana.

Pascal Assibondry
Correspondant à Bondoukou

Source : news.abidjan.net

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