Le Parti Ecologique Ivoirien



ACCUSEE DANS ‘’L’AFFAIRE KIEFFER’’  Simone Gbagbo contre-attaque





lundi 06 octobre 2008 - Le Matin d'Abidjan
 


Le conseil juridique de la première Dame ne décolère pas contre le juge français qui instruit l’affaire Kieffer. L’avocat a dénoncé hier les méthodes du magistrat, qui foulent aux pieds les usages en cours. “Si sa requête aboutit, Simone Gbagbo va se retrouver bientôt devant la justice ivoirienne, pour être entendue”. C’est la révélation faite hier par l’avocat de la Première Dame. Me Ange Rodrigue Babo Dadjé était face à la presse pour apporter un éclairage sur la disparition de Guy-André Kieffer, dans laquelle sa cliente est citée. A la résidence présidentielle à Cocody où il a exposé, l’avocat s’est étendu sur l’évolution de cette affaire et le traitement qu’en font le juge français Patrick Ramaël et Radio France Internationale. D’entrée, Me Dadjé se prononce sur la supposée convocation de Mme Gbagbo et le ministre Bohoun Bouabré à Paris. « Les 8 et 9 juillet, RFI annonçait avec insistance la convocation de Madame Ehivet Gbagbo et de Paul Antoine Bohoun Bouabré en France, par le juge d’instruction Patrick Ramaël, pour une audition à son cabinet d’instruction le 10 juillet 2008. Mes deux clients n’ont jamais reçu de convocation », relate Babo Dadjé qui, voulant en avoir le cœur net, se rend dans la capitale française, au cabinet de Ramaël où par courrier en date du 22 juillet veut savoir si le ‘’scoop’’ de RFI « était avéré. » L’avocat attend encore la réponse du magistrat instructeur. Le conseil de Mme Gbagbo et Bohoun suppose que ce silence « équivaut à une absence de convocation » et parait, selon lui, couvrir RFI, Mais il ne s’arrête pas là. Me Dadjé écrit le 22 septembre 2008, au doyen des juges d’instruction et au procureur de la République du tribunal de grande instance de Paris « pour leur demander de faire diligence auprès du juge Ramaël pour clarifier cette situation sur la réalité de cette convocation ou non des deux autorités ivoiriennes, car son silence était inacceptable. » En attendant la suite de cette autre requête, il se réserve le droit de poursuivre Patrick Ramaël devant les tribunaux de Paris si le silence perdure. « Quand les trois mois (après l’information de RFI) seront passés, je me rendrai en France pour porter plainte contre le comportement du juge Ramaël qui a été préjudiciable à mes clients », prévient Me Dadjé. L’avocat qui s’insurge contre les méthodes du magistrat rappelle les clauses de coopération en matière de justice qui lie les Etats ivoirien et français signées le 24 avril 1961. Celles-ci obligent Ramaël à s’adresser aux personnes concernées par voie diplomatique. En tout état de cause, fait remarquer l’avocat Dadjé, « la Côte d’Ivoire n’est pas un arrondissement de Paris pour relever de la compétence territoriale du juge Ramaël. Il ne peut pas un seul instant convoquer les deux autorités comme s’il convoquait un citoyen français se trouvant sur le Boulevard Saint Michel dans le 5ème Arrondissement. » En tout, la démarche du magistrat français est diplomatiquement et judiciairement inconvenante, soutient Me Babo Dadjé. Les usages ont été bafoués, note-t-il encore, pour conclure à « une simple campagne de dénigrement. » ‘’Témoignage grossier’’ Le conseil estime, par ailleurs, que le dossier du juge Patrick Ramaël est vide. Il indique que Guy-André Kieffer qui exerçait dans une société de consulting en café cacao avait plutôt maille à partir avec ses employeurs. « Il m’est revenu que Kieffer avait déjà été menacé à plusieurs reprises par ses propres compatriotes et collègues », soutient l’avocat, suggérant d’autres pistes au juge français. Puis de démonter, sans transition, « le témoignage grossièrement mensonger » de Berte Seydou, celui qui depuis Paris accuse Mme Gbagbo et les services de la présidence de la République ivoirienne d’avoir assassiné et fait disparaitre le corps de Kieffer en 2004. Depuis, Berte qui s’est dit témoin des faits est revenu sur ses déclarations livrées à la presse française et au juge Ramaël. L’avocat s’étonne donc de l’inaction du juge d’instruction qui aurait dû poursuivre Seydou pour faux temoignage. Le conseil de l’épouse du chef de l’Etat et du ministre du Plan et du développement s’en remet au procureur Tchimou qui se propose de demander l’inculpation de Berte. Pour sa part, Simone Gbagbo « qui n’a rien à se reprocher dans cette affaire, a porté plainte le 15 juillet, pour diffamation contre Berte Seydou. » Aussi, Me Dadjé a-t-il notifié depuis le 29 juillet à la justice ivoirienne « l’accord et la disponibilité de Mme Simone Gbagbo pour son audition dans le cadre de sa plainte pour diffamation contre Berté Seydou. » Face à la pression de sa cliente, l’avocat a encore écrit, le 2 octobre au procureur, lui ressassant que Mme Gbagbo « veut être rapidement entendue. »


Guillaume N’Guettia


Source : lematindabidjan.com

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