Laurent Gbagbo n’ira pas
à Addis-Abeba à une quelconque réunion
de l’Union africaine. Mais son refus qu’on savait
avant l’invitation, servirait à le traiter
d’ennemi de la paix et à intensifier
l’offensive militaire contre la Côte
d’Ivoire.
En amenant l’Union africaine à adresser une
invitation au président de la République Laurent
Gbagbo, pour qu’il prenne part à sa
réunion des chefs d’Etat et de gouvernement le 10
mars 2011 à Addis-Abeba, avec un Alassane Dramane Ouattara
poussé à la roue, la multinationale de la
déstabilisation, dressée contre le
régime de la Refondation, savait qu’il
n’accepterait pas d’effectuer le
déplacement en Ethiopie. Cette multinationale dite
communauté internationale dirigée par la France
de Nicolas Sarkozy, a des vœux guerriers. Elle veut brandir
la précaution sécuritaire du chef de
l’Etat ivoirien à ne pas se rendre en personne
à cette rencontre comme un refus
d’adhérer au plan de sortie de crise
proposé par le Groupe de Haut niveau initié par
le Conseil de paix et sécurité de l’Ua
le 28 janvier 2011. Sur la base de cette accusation selon laquelle
c’est Gbagbo qui bloque le processus de paix, la
multinationale de la déstabilisation fera en sorte que
l’Onu reprenne la main en Côte d’Ivoire.
Et pour respecter le principe de subsidiarité où
l’Ua précède l’Onu dans
l’appréhension des conflits sur notre continent,
il faut bloquer l’Ua en faisant échouer sa
mission. Si cela ne marche pas, alors ce sera la guerre totale. Et
cette guerre commence par l’agitation
médiatisée du front des Droits de
l’Homme, des montages des drames humanitaires ou de tueries
anti-conventionnelles. Elle va entériner
l’échec de l’Ua et obtenir de
l’Onu l’autorisation de bombarder la Côte
d’Ivoire. Nous sommes en périphérie de
ce schéma. Dans la feuille de route du panel des cinq chefs
d’Etat, il n’avait pas été
prévu que Laurent Gbagbo et Alassane aillent à
Addis-Abeba. C’est le panel qui doit venir en Côte
d’Ivoire, s’informer et faire ses propositions.
Après la mission de ses experts à Abidjan, du 6
au 10 février dernier, le contact du panel
lui-même avec le terrain de la crise ivoirienne, devrait lui
donner davantage d’éléments pour
formuler des propositions éclairées. Laurent
Gbagbo n’a pas besoin de prendre place à une
réunion à Addis-Abeba pour que le panel lui
signifie ces propositions. Aujourd’hui, le panel
évoque la montée de
l’insécurité à Abidjan, pour
délocaliser le centre de ses négociations avec
les parties ivoiriennes. Mais Laurent Gbagbo est plus en
insécurité à Addis-Abeba que ne le
seraient eux-mêmes à Abidjan. C’est pour
des raisons de sécurité que le
président burkinabé Blaise Compaoré,
qui demeure membre du panel et participe d’ailleurs aux
autres travaux et réunions de cette instance hors de la
Côte d’Ivoire, n’était pas
récemment en compagnie de ses homologues à
Abidjan. Le président du Conseil économique et
social (Ces) Augustin Laurent Dona Fologo, qui connait parfaitement ce
dossier, va représenter le président Gbagbo. Si
la multinationale de la déstabilisation, qui a
l’air de manipuler le panel, se trouve dans la disposition de
faire des propositions objectives de sortie de crise, elle admettrait
de sang froid la présence de Fologo à la fameuse
réunion de l’Ua. Mais si elle demeure dans sa
logique du plan B, et que les Ivoiriens et leur Armée ne
renforcent pas la résistance, et s’enfoncent dans
les hésitations démotivantes, alors elle
réalisera son plan B, en embrasant tous les fronts avec son
matériel lourd créant désolation,
ruine et terreur.
Germain
Séhoué
gs05895444@yahoo.fr