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Un édifice imposant

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CONGO (BRAZZA) - 21 mars 2008 - WEB |
Sur le
chemin d’une réélection
annoncée et courtisé par les
investisseurs étrangers, Denis Sassou Nguesso est un
président serein.
Dans un entretien exclusif accordé à Jeune
Afrique (N°2463, du 23 au 29
mars 2008), il livre ses vérités sur tous les
sujets, même ceux qui
fâchent : Françafrique, "biens mal acquis",
pénurie d’électricité,
pétrole, élections…Extraits.
S’il
estime avoir des « rapports cordiaux » avec Nicolas
Sarkozy, Denis
Sassou Nguesso précise qu’il «
n’est pas concerné » par la nouvelle
politique africaine de la France (fermeture de certaines bases,
révision des accords de défense). Mais il
n’hésite pas pour autant à
dénoncer le double jeu des autorités
françaises.
Les déclarations de Bockel (qui voulait signer «
l’acte de décès de la
Françafrique »), la diffusion récente
dans les médias français de
reportages sur ses propriétés en
France… Autant d’événements
qui
s’apparentent, pour le président congolais,
à des manœuvres pilotées au
plus haut niveau. « Ce qui me pose problème,
c’est qu’il s’agit souvent
de médias du service public,
bénéficiant de fuites émanant
d’administrations elles aussi publiques »,
déclare-t-il. Jusqu’à
présent, il a opté pour le silence contre ce
qu’il considère être « une
tentative de déstabilisation » et une «
action d’acharnement gratuit
avec volonté de nuire ». Si « la
campagne hostile continue »,
prévient-il, il pourrait riposter… « Je
me demande comment réagiraient
les autorités françaises si les médias
congolais s’en prenaient à elles
de la même manière »,
s’interroge-t-il.
Le Congo est un pays immensément riche en
matières premières.
Pourtant, 70% de sa population vit avec moins d’un dollar par
jour. Et
ses habitants ne bénéficient toujours pas
d’un réseau
d’électricité et
d’eau digne de ce nom. Interpellé sur ce sujet, le
président congolais
répond tout simplement qu’il n’a pas de
« baguette magique », et ajoute
que « si quelqu’un vous dit que l’eau et
l’électricité peuvent se
décréter, c’est que vous avez affaire
à un démagogue ». Il affirme lui
aussi être victime des « conséquences
des coupures d’électricité, comme
tous les Brazzavillois ».
«Le pétrole, c’est 80% de nos recettes,
et cet argent ne sert pas à
faire la fête ». Dans un pays, le Congo,
où tout tourne autour de l’or
noir, Denis Sassou Nguesso prétend préparer
l’après-pétrole. Quid de
l’utilisation des ressources
pétrolières ? De la transparence ? «
Que
ceux qui nous donnent des leçons de bonne gouvernance
s’occupent
d’abord de leurs SDF et de leurs banlieues à
risque », réplique-t-il.
Avant d’ajouter que « la coopération
chinoise est une bonne chose et
qu’un secteur ne doit être la chasse
gardée de quiconque. Pas même le
pétrole ».
Par ailleurs, il ne pense pas que les graves émeutes dues
à la
cherté de la vie qu’ont connues le Cameroun et le
Burkina Faso puissent
avoir lieu dans son pays. « De tels
évènements auraient pu se produire
ici, si nous n’avions pas pris les précautions
nécessaires »,
affirme-t-il.
Fier des résultats économiques de son pays
(« Notre taux de croissance
économique pour 2008 est estimé à
près de 9%, je me dis que je ne
travaille pas en vain »), il considère que sa
candidature pour la
présidentielle de 2009 n’est pas encore
à l’ordre du jour (« Nous en
reparlerons l’an prochain »). Il déclare
néanmoins que « le véritable
exercice démocratique exclut la limitation des mandats
présidentiels,
pourvu que les élections soient libres et transparentes
» et rappelle
que « le peuple est en droit de conserver un dirigeant au
pouvoir aussi
longtemps qu’il juge bon et utile pour le pays ».
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