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COURS DE DROIT AUX JOURNALISTES SUR LA RESPONSABILITE PENALE
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Du 04 au 10 août par San Fina |
La presse, dit-on, est
le quatrième pouvoir dans un Etat démocratique.
Mais au Burkina Faso, cela est loin d’être une
raison suffisante pour qu’un journaliste ne soit pas traduit
en justice pour y répondre des délits
qu’il aurait commis dans l’exercice de ses
fonctions. C’est pourquoi, le Ministère de la
Promotion des Droits Humains (MPDH) a offert aux journalistes, une
conférence publique qu’il a organisée
le 28 juillet dernier, sur la question de la responsabilité
pénale du journaliste. Le MPDH entend par cet acte,
répondre à l’une de ses missions
essentielles qui est d’informer, former et sensibiliser les
citoyens, en l’occurrence les journalistes, sur leurs droits.Il
reconnaît tout de même les risques de ce
métier journalistique. Il déplore à
cet effet le manque total de couverture juridique de l’homme
de média. Partant du postulat que la liberté
d’opinion constitue le fondement du régime
démocratique, il n’est pas normal selon lui de
toucher à cette liberté, car c’est
enfreindre à la démocratie toute
entière. C’est pourquoi, il se pose la question de
savoir pourquoi les juges et les avocats dans leurs fonctions peuvent
injurier, calomnier, diffamer et bénéficier
seulement de sanctions disciplinaires. Est-ce à dire que la
fonction du juge et de l’avocat est plus importante que celle
du journaliste ? De toute façon, dira-t-il, aucun homme de
média n’a le souci majeur de calomnier ou
d’injurier quelqu’un.
La quarantaine de journalistes présents dans la salle de
conférence du Liptako-Gourma, touchés on imagine
par ces propos, et qui avaient des postures
d’accusés, vont vite se muer en avocats de leur
propre cause. Loin d’avaler cette responsabilité
pénale, ils vont soulever l’épineuse
question de la dépénalisation du délit
de presse. De l’analyse, le MPDH gagnerait à se
pencher sur cette question, si c’est un souci majeur pour lui
de promouvoir les Droits Humains. A l’égard des
autres pouvoirs républicains, la presse qui du reste, est la
sève de la démocratie, doit également
bénéficier d’un traitement
pénal indulgent.
Cette conférence, vient comme pour avertir les journalistes
que la dépénalisation du délit de
presse n’est qu’un leurre. C’est du reste
ce que laisse croire aux yeux des journalistes présents,
Arnaud Ouédraogo, Conseiller Technique de Madame la Ministre
quand dans son argument, il ne laisse pas une différence
entre un journaliste en fonction et le citoyen alors qu’on
affirme qu’aucune démocratie ne pourrait se
construire sans la quiétude dans l’information. Et
ce n’est pas Thomas Jefferson, auteur de la
déclaration d’indépendance des
Etats-Unis (1716) qui disait le contraire quand il affirmait que :
« Si l’on me demandait de
décider s’il vaut mieux avoir un gouvernement sans
journaux, ou des journaux sans gouvernement, je
préférerais sans l’ombre d’un
doute la dernière proposition ».
Sans aller jusqu’à remplacer une dictature par une
autre ou à plaider pour que la loi s’applique
à tous sauf aux journalistes, trouvons la solution
idéale en adoptant des textes de
dépénalisation qui interdisent des poursuites
contre des journalistes pour délit de presse, sauf cas
très exceptionnels -et extrêmement bien
balisés- où l’intention manifeste de
nuire est établie par des preuves irréfutables.
Issouf Sidibé
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