Organisation
Campagne
Archives
Actions
Soutien
Adhérer au P.
E. I
Avec
le Parti Ecologique Ivoirien
C’est le développement durable
C’est non, aux OGM
C’est non, aux nucléaires
Non, à la pollution et aux nuisances
C’est la santé
C’est l’économie
d’énergie
C’est la protection de l’environnement
C’est la vie, la paix la cohésion
Edmond Edouard N'GOUAN
Lire : Les Souhaits du P.
E. I
Contactez nous pour vos annonces publicitaires sur notre site.
La priorité est réservée à
nos DONATEURS
Liens articles Pertinents
Le Parti Ecologique Ivoirien
Premier anniversaire
du décès du père de la
négritude : Une bougie noire pour
Aimé Césaire
| |
|
samedi 18 avril 2009 - Par Le Nouveau Réveil |

Cette zone est
du
Parti Ecologique
Ivoirien
- De 1945 à
2001 :
- Maire de Fort-de-France (durant 56 ans)
- De
1945 à 1993 :
- Député de la
Martinique
- De 1983 à
1986 :
- Président du Conseil Régional
de la Martinique
- De
1945 à 1949 et 1955 à
1970 :
- Conseiller général de
Fort-de-France
|
|
26 juin 1913 - 17 avril 2008
|
|
| Aimé
Césaire |
| Parlementaire
français |
| Naissance |
26 juin
1913 |
| Décès |
17 avril 2008 |
| Mandat |
Député 1945-1993 |
| Début
du mandat |
|
| Fin
du mandat |
{{{fin du mandat}}} |
| Circonscription |
Martinique |
| Groupe
parlementaire |
PCF (1945-1956)
NI (1956-1978)
App. PS (1978-1993) |
|
|
Texte source et le titre :
Le Nouveau Réveil - N°2197
- samedi 18 avril 2009
17 avril 2008, au petit matin,
Aimé Césaire rendait l'âme. Le plus
grand
et le plus magnifié d'entre les poètes
négro africains venait ainsi de
partir. Le monde des hommes de culture et de lettres a salué
la Mémoire
de l'écrivain comme il se le devait ; et nul d'entre la
vaste
communauté des écrivains n'aurait pu dire que ce
furent, là, des
hommages surfaits, car il n'y aura jamais assez de qualificatifs pour
rendre compte de la densité du discours
''césairien''. L'œuvre qu'il
laisse à la postérité est immense :
elle est composée de textes
dramatiques, d'essais, de discours et, bien sûr, de
poèmes ? le roman
ne figure pas dans son espace onirique. Il en est ainsi de
l'œuvre de
nombreux poètes (surtout les grands poètes, comme
s'ils dédaignaient la
prose romanesque, d'essence narrative).
C'est donc dans la poésie que Césaire a le plus
marqué le monde de la
littérature. L'homme était effectivement un
poète ; non pas un créateur
de vers, mais un poète, un vrai ; c'est-à-dire de
cette espèce de
maître de la parole chez qui le verbe ne se contente pas de
dire le
monde, mais de le transmuer, le soustraire à la raison et le
livrer au
lecteur comme un cadeau incandescent où brûle le
souffle des dieux. Et
cette capacité de suggérer le monde irradie tous
ses textes, même les
discours (comme celui sur le colonialisme) et les textes dramatiques
(La tragédie du roi Christophe par exemple).
17 avril 2008-17 avril 2009. Voilà un an que cette ombre
forte de la
littérature est partie. Nous ne le pleurerons pas. Nous ne
nous
engagerons pas non plus dans des hommages qui, d'ailleurs, ne sont
d'aucune opportunité et, pis, n'auront aucune
originalité.
Laissons-nous aller à la (re) découverte des mots
du poète ; comme ce
bel extrait que mon regard a saisi dans " Cahier d'un retour au pays
natal, p. 61-62 ". Il conte le réveil de la race noire,
à travers le
récit métaphorique d'une mutinerie
(réussie) d'esclaves, sur un bateau
négrier - on sait comment le thème de la
déportation orchestre presque
la ''pensée poétique'' césairienne.
Et elle est debout la négraille
La négraille assise
inattendument debout
debout dans la cale
debout dans les cabines
debout sur le pont
debout dans le vent
debout sous le soleil
debout dans le sang
debout
et
libre
debout et non point pauvre folle dans sa liberté et
son dénuement maritimes girant en la dérive
parfaite
et la voici :
plus inattendument debout
debout dans les cordages
debout à la barre
debout à la boussole
debout à la carte
debout sous les étoiles
debout
et
libre
et le navire lustral s'avancer impavide sur les eaux
écroulées
Et maintenant pourrissent nos flocs d'ignominie !
Par la mer cliquetante de midi
Par le soleil bourgeonnant de minuit
On admirera, dans ce court texte, la richesse du champ lexical de la
navigation : cale, cabine, pont, maritimes, dérive, cordage,
barre,
boussole, carte, étoiles, navire, eaux, mer. Le mot "flocs"
suggère
habilement "flots", par homophonie. Si la
réitération de l'adjectif
''debout'', altère la charpente sémantique du
propos (c'est le principe
même de l'anaphore qui n'est qu'une forme d'insistance), elle
est
cependant d'un intérêt stylistique indiscutable :
elle donne au texte,
tout le rythme nécessaire à la scène
de l'insurrection. Le poème se vit
ainsi comme un chant ; nous songeons ici plus
particulièrement au blues
qui se caractérise par des riffs mélodiques, des
ritournelles. La
position ''debout'' crée l'image de la victoire ; une
victoire durable
donc, sinon permanente, car ce mot domine tout le corpus
lexical…
Sur le plan visuel, la scène est d'un
intérêt plastique indiscutable :
on remarquera ici que le poète part du détail
vers l'ensemble, en une
sorte de progression filmique intéressante : les
insurgés d'abord, puis
des élements constituifs du navire - la cale, les cabines,
le pont ; et
ce n'est que vers la fin du tableau que le poète nous donne
à voir
l'image du navire ; un ''navire lustral s'avancer impavide sur les eaux
écroulées"...
Césaire, on le sait, excelle dans les associations
surprenantes de mots
? dans une sorte d'incompatibilité
''glossématique''. Nous en
découvrons ici : " mer cliquetante ", " eaux
écroulées ". A tout cela,
on ajoutera, bien sûr, ces inventions lexicales qui font
partie de
l'armature du verbe césairien : " négraille ", "
inattendument ". La
forme adverbiale du mot ''inattendu'' n'existe pas ; sinon, elle est
d'un usage rare…
On peut commenter Césaire, à l'infini. Mais on
éprouve assurément plus
de plaisir à entendre sonner ces vers. Alors, laissons-les
sonner aux
oreilles du lecteur.
De Paris, Tiburce Koffi
Professeur
certifié de lettres, écrivain (00336)
1602-3953.
tiburce_koffi@yahoo.fr
Reproduction
interdite du site