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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Aimé CESAIRE a rendu
l'âme| |
Par Dominique CHABROL AFP - 18 avril, 07h48 |
FORT-DE-FRANCE
(AFP) - est Un premier hommage populaire à la
mémoire du poète Aimé
Césaire décédé
jeudi à 94 ans à Fort-de-France, et dont le
combat contre le colonialisme avait
trouvé des échos jusqu'en Afrique
et aux Etats-Unis, doit avoir lieu vendredi dans les rues de
Fort-de-France, en
attendant ses obsèques nationales que la France organisera
dimanche.
La presse quotidienne rend un hommage unanime à
Aimé Césaire dont les
obsèques nationales sont approuvées par tous les
éditorialistes, qui soulignent
souvent la "double vie" du poète et de l'homme politique.
Le
président Nicolas Sarkozy, qui a salué en
Aimé Césaire un "symbole
d'espoir pour les peuples opprimés", a fait savoir qu'il se
rendrait aux
obsèques du militant anti-colonialiste.
Et
l'idée
de transférer le corps du poète et homme
politique au Panthéon, le temple
parisien que "la patrie reconnaissante" voue "à ses grands
hommes", était avancée par la ministre de la
Culture Christine Albanel,
comme par l'ancienne candidate socialiste à la
présidence Ségolène Royal, qui
fera également le voyage en Martinique.
En
attendant, c'est le peuple martiniquais qui accompagnera et veillera
vendredi
et samedi "Papa Césaire", le surnom de celui qui fut maire
de
Fort-de-France (1945-2001), et député (1945-1993)
pendant une durée inégalée au
Palais Bourbon. Un cortège emmenant la dépouille
d'Aimé Césaire circulera dans
les rues de Fort-de-France vendredi jusqu'au stade de Dillon,
où le corps sera
veillé par la population jusqu'à sa mise en terre
dimanche.
Figure
emblématique des Antilles françaises, et objet
d'un véritable culte en
Martinique, Aimé Césaire avait
été admis le 9 avril au CHU de Fort-de-France,
où il est décédé jeudi
à 05h20 heure locale (11H20 à Paris).
Né en 1913 à
Basse-Pointe, sur la côte nord de la Martinique dans une
famille de petits
fonctionnaires, Aimé Césaire avait
été confronté très jeune
à la misère de la
population rurale d'une île profondément
marquée par deux siècles d'esclavage,
qui avait alors le statut de colonie.
Etudiant
à
Paris dans les années 1930, il avait forgé avec
le Sénégalais Léopold Sédar
Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, le concept de la
"Négritude", la conscience de l'identité noire,
la "fierté
d'être nègre" et de revendiquer ses origines
africaines.
La
"négritude" avait rapidement débordé
le cadre des seuls intellectuels
français pour se répandre dans les pays
colonisés, en Afrique, dans les
Caraïbes, et au delà chez les militants noirs
américains en lutte pour les
droits civiques. Son message avait dès lors pris un
caractère universel,
notamment après la publication de son "Discours sur le
colonialisme"
(1950), cri de révolte contre l'Occident, juché
sur "le plus haut tas de
cadavres de l'humanité".
De
tous
les combats contre le colonialisme et le racisme pendant 70 ans,
l'auteur du
"Cahier d'un retour au pays natal" a consacré sa vie
à la littérature
et à la politique. Il avait notamment
été en 1946 le rapporteur de la loi sur
la départementalisation des territoires de Martinique,
Guyane, Guadeloupe et de
La Réunion. Il avait fondé le Parti Progressiste
Martiniquais (PPM) en 1958,
après sa rupture avec le PCF.
A
l'annonce de son décès, les chaînes de
télévision locales ont interrompu leurs
programmes pour diffuser de la musique classique ou afficher une photo
du
poète.
Ségolène
Royal (PS) a demandé l'entrée
au Panthéon de cet "éclaireur de notre temps".
Jacques Chirac a
salué "un homme de lumière", et le
secrétaire général de la
Francophonie, le Sénégalais Abdou Diouf, a
exprimé la "très grande
émotion" de toute la "famille francophone".
Cette
unanimité
des réactions au décès
d'Aimé Césaire tranche avec
l'âpreté des combats menés
par le poète-militant tout au long de sa vie. Ainsi
Aimé Césaire avait-il
d'abord refusé de rencontrer M. Sarkozy lors d'un voyage
prévu par ce dernier,
puis annulé, aux Antilles en 2005, en signe de protestation
contre la loi de
février 2005 dont un article reconnaissait "le
rôle positif de la présence
française outre mer". Le poète avait finalement
reçu en mars 2006 celui
qui était alors ministre de l'Intérieur, lui
offrant son "Discours sur le
colonialisme".
La
presse
quotidienne rend un hommage unanime vendredi à
Aimé Césaire.
Didier
Pourquery, dans Libération, estime que "la grandeur de
Césaire fut de
prendre à bras-le-corps (les) problèmes issus du
colonialisme et de les régler
au jour le jour, sans relâche". "Poète et
député, maire et
visionnaire, Aimé Césaire fut l'homme de la
culture en action",
conclut-il.
Dans
La
Croix, Dominique Quinio célèbre
"l'engagé et le rêveur, le magicien du
verbe et le laboureur d'idées (qui) fut homme de mots et
homme d'action".
"Il est bon que la postérité n'oublie aucun de
ses visages",
écrit-il.
Xavier
Panon (La Montagne) approuve les obsèques nationales en
l'honneur de cette
personnalité et de "son apport exceptionnel dans la
littérature et dans la
conscience nationale".
"Entre
ici, Aimé Césaire!", écrit Didier
Pobel dans Le Dauphiné Libéré en
reprenant la fameuse exclamation d'André Malraux lors du
transfert des cendres
du résistant Jean Moulin au Panthéon. C'est pour
Didier Pobel la place où doit
reposer celui qui "fut une conscience" et qui est "devenu une
légende".
Une
idée
qui n'est cependant pas reprise par Olivier Picard des
Dernières Nouvelles
d'Alsace: "La proposition est belle mais
l'intéressé n'en demandait pas
tant". "Il doit vivre, et pas disparaître sous des gerbes de
fleurs."
Toujours
à
propos des obsèques nationales du "poète
vénéré de tous", Jules
Clauwaert souligne dans Nord-Eclair que "la France s'y retrouvera,
métissée comme elle l'est sur les stades".
Dans
La
Nouvelle République du Centre-Ouest, Hervé Cannet
entend retenir "sa voix
dérangeante et revendicative, ce +besoin de rugir+ qui
portait jusqu'au plus
profond de l'Afrique et de l'Amérique".
Ce
qui
fait écrire à Jacques Gantié (Le Midi
Libre) qu'"un demi-siècle après son
Discours sur le colonialisme, la révolte d'Aimé
Césaire ... brûle encore".
L'Union, sous la plume d'Hervé Chabaud, écrit enfin que Césaire est "un messager de l'universel" qui a été "accompagné par cette foule qui, de la Martinique à l'Afrique jusqu'en métropole, avait compris qu'il appartenait déjà à l'histoire".
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