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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Wattao explique la désertion du Com-zone de Séguéla : “ZACHARIA EST CONTRE OUAGA”
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Lundi 19 mai 2008 par Fraternité Matin |
Le chef d’état-major
adjoint des FAFN, le Cdt
Ouattara Issiaka,
insiste sur la nécessité pour tout le monde de
s’engager dans la
réconciliation.
Commandant Ouattara Issiaka, après Bouaké le 2 mai, la zone 5 de Séguéla vient de démarrer,
à Kani, son opération de regroupement des ex-combattants des Fafn. En tant que CEMA adjoint, quel est votre sentiment?
C’est un sentiment de joie qui m’anime aujourd’hui de voir ces jeunes gens qui ont combattu à nos côtés trouver une autre manière de vivre sans la kalachnikov et gagner une vie meilleure que la Côte d’Ivoire leur offre. Je pense qu’ils devraient sauter sur l’occasion parce que l’on savait bien avant la guerre combien il était difficile d’avoir du travail. Si aujourd’hui, par la grâce de Dieu, cette chance nous est offerte, il ne faut pas la rater. Beaucoup de gens auraient sauté là-dessus. Tout ce que je peux leur souhaiter, c’est de tenir bon, ils ne doivent pas faillir car il y va de leur avenir.
Il vous arrive de rencontrer en aparté des éléments. Quelles sont leurs craintes réelles et qu’est-ce qui leur a été dit qui puisse le justifier?
Ils ont effectivement des craintes. Ils se demandent si ce qui leur a été annoncé est la vérité et si ça va bien se terminer. Mais nous ne faisons que les rassurer en leur disant que le Premier ministre ne peut pas s’engager dans un processus dans lequel il sait qu’il n’y a aucun avenir pour eux au risque de voir la situation se retourner contre lui. Par ailleurs, le Facilitateur ne saurait leur mentir en leur disant d’aller au désarmement et au regroupement où se trouve leur avenir. Et quand vous voyez toutes ces personnalités leur parler, cela leur donne confiance et ils espèrent que demain sera meilleur pour eux.
Y-a-t-il des personnes qui montent les éléments contre vous et décuplent leur peur?
Il faut le dire honnêtement, ce sont les hommes politiques qui essaient de saper leur moral en disant que cela ne réussira pas et que nous sommes en train de les tromper. Je ne sais pas ce qu’ils gagnent en agissant ainsi. Les renseignements que nous avons eus auprès de nos éléments qu’ils ont eu à contacter nous le confirment.
Depuis le 16 mai, le Premier ministre est dans la région du Worodougou et après 48 heures de présence, le commandant de zone, Koné Zacharia brille toujours par son absence. Alors que cette visite a été annoncée et qu’elle a trait à un événement important, le regroupement. Avouons que c’est quand même surprenant. Quelle explication donnez-vous?
Non, ce n’est pas surprenant. Ça l’est peut-être pour vous mais pas pour nous parce que nous le voyions venir. Il a simplement donné l’occasion à tout le monde de savoir sa position aujourd’hui, tant à l’opinion nationale qu’internationale. Ainsi, chacun saura à quel genre d’homme il a à faire.
pourquoi a-t-il quitté la ville et où se trouve-t-il exactement?
Je ne saurais le dire puisque notre dernière rencontre date du mariage du commandant Morou Ouattara à Ouagadougou, en avril dernier. Ni le général Bakayoko, ni le Premier ministre, chef suprême des Forces nouvelles ne savent où il est parti ni ce qu’il est allé faire. L’armée est hiérarchisée et tout déplacement à l’étranger nécessite une permission. Tel n’est pas le cas, c’est de la désertion.
C’est justement ce qui est surprenant. Vu qu’il est non seulement un responsable, mais aussi un commandant de zone. Comment peut-il s’absenter sans en informer sa hiérarchie?
Mais partout on déserte. Lorsque nous étions dans l’armée nationale, il y avait des désertions, des amis prenaient des permissions mais ne revenaient plus. C’est donc son cas. Sa permission indiquait qu’il était à Ouaga et les autorités de ce pays le savaient. Mais quand son séjour a pris fin, il n’est plus rentré et n’est pas non plus resté à Ouaga.
Koné Zacharia serait-il contre l’Accord politique de Ouagadougou puisque vous dites ne pas être surpris de ce qui se passe?
Nous ne sommes pas surpris parce que nous savions, par ses réactions et son comportement qu’il était conte, mais il n’osait pas l’affirmer. Néanmoins, nous le connaissons. Il a donc fallu que cette situation se produise pour que tout le monde sache qu’il n’était pas pour l’Accord.
Que lui reproche-t-il? Serait-il contre le
désarmement?
Je ne saurais le dire puisqu’il a tenu ses pensées
secrètes.
Et pourtant, vous avez fait beaucoup de réunions notamment à Bouaké sur ce sujet?
C’est vrai que nous avons fait beaucoup de réunions sur ce sujet mais comme il est illettré, il ne parle pas souvent, il ne fait qu’écouter. C’est après qu’on l’entend murmurer dans les couloirs. Mais il n’a jamais affirmé devant tout le monde qu’il n’était pas pour Ouaga. On sentait dans son comportement qu’il n’en voulait pas parce qu’il avait un comportement irrespectueux envers ses supérieurs. Nous avons même appris qu’il avait affirmé, au cours d’une réunion tenue avec les jeunes à Séguéla, que le Premier ministre aurait trahi la lutte en signant le cessez-le feu.
Le même discours qu’avait tenu le sergent- chef Ibrahim Coulibaly alias IB?
Rire. Vous voyez très bien que….
Le soupçonnez-vous d’être proche
d’IB?
Cela ne saurait m’étonner aujourd’hui
qu’il soit proche d’IB. C’est
vrai qu’il y a beaucoup d’autres informations qui
restent à vérifier
avant d’en parler. Mais si l’on me dit
qu’il est proche d’IB, cela ne
m’étonnera pas.
Quelle sanction encourt-il maintenant qu’il n’est pas là? Avez-vous songé à son remplacement pour le suivi du processus de regroupement?
Sachez que personne n’est aujourd’hui indispensable aux Forces nouvelles. Nous avons pris un nouveau virage de telle sorte qu’on ne peut plus rester dans ce désordre. Si des gens ne s’y sentent pas à l’aise, qu’ils sachent d’emblée qu’ils ont échoué parce que la Côte d’Ivoire ne peut plus se permettre de vivre dans une telle situation. La population a assez souffert et si Dieu lui a donné cette paix, je ne vois pas pourquoi des gens s’y opposeraient. Même si lui, Djakis (Ndlr, diminutif de Zacharia), est contre l’Accord de Ouaga, il doit savoir qu’il ne peut tout seul faire la guerre. Si tu montres aux yeux des Ivoiriens que tu es contre l’Etat, tu tombes. Je suis complètement abasourdi par son comportement mais nous allons prendre les sanctions qu’il faut.
Qui va le remplacer?
Il y a beaucoup d’hommes aux Forces nouvelles. Pour
l’instant, le chef
d’état-major adjoint que je suis, sera
là pour assurer l’intérim, le
temps que l’on trouve quelqu’un pour
gérer les affaires à
Séguéla.
N’est-il pas parti avec beaucoup
d’éléments? Avez-vous fait le point?
Je n’ai pas besoin de faire le point, qu’il parte,
s’il le veut, avec mille éléments, cela
ne nous effraie pas.
Le Premier ministre a déploré notamment la
dégradation des routes et de l’ex-hôtel
Sietho.
Rien n’a été fait dans la gestion de la commune comme on a pu le constater par exemple à Bouaké et Korhogo. Que s’est-il passé?
C’est la mauvaise gestion de Zacharia. Aujourd’hui à Séguéla, il n’y a même pas un hôtel capable de recevoir une personnalité, c’est inadmissible. Avec toutes les ressources dont dispose cette région, la ville devrait être la zone phare des Forces nouvelles. Au regard de tous les produits de Vavoua qui transitent par Séguéla, sa mine de diamant malgré toutes ces ressources, Zacharia n’a pas pu réhabiliter un seul hôtel. Quand on voit Korhogo aujourd’hui, on est fier et je profite de cette occasion pour remercier le commandant Fofié pour le travail accompli. Aujourd’hui, un peu partout à Man, les commandants de zones ont fait en sorte de réhabiliter au moins un hôtel, un endroit pour favoriser l’épanouissement de la jeunesse. Ce n’est pas le cas à Séguéla. Quand tu vois la jeunesse, tu constates qu’elle est désemparée. En tout cas, il a joué une mauvaise carte. La population en parle, elle en a marre.
Mais pourquoi avoir attendu 5 à 6 ans pour réagir?
Si l’on l’avait fait plus tôt,
beaucoup d’hommes auraient crié
à
l’injustice. Mais aujourd’hui, il a
lui-même montré aux gens qu’il
n’était pas prêt pour la paix. Si nous
agissons aujourd’hui pour cette
paix, personne ne va aller contre nous, sauf s’il veut la
guerre. Parce
que je ne vois pas quel individu s’opposerait à
l’Accord de Ouaga.
Regardez, que n’a-t-il pas donné
aujourd’hui à la Côte d’Ivoire
et
pourquoi veulent-ils que l’on retourne dans ce
désordre qui ne nous
garantit pas un avenir certain?
Aujourd’hui, la paix est là, tout le monde est
libre d’aller où il
veut, de dire ce qu’il veut. Grâce à
l’Accord de Ouaga, le Président de
la République est allé faire une
tournée dans le nord, moi, je vais
jusqu’à Mama. Qui ne veut pas de cette paix?
Vous avez dit que la zone Séguéla-Vavoua est
l’une des régions les plus
riches de Côte d’Ivoire et des zones des Forces
nouvelles. Ne
craignez-vous pas que Koné Zacharia vienne vous
attaquer grâce à un butin de guerre qu’il a pu constituer?
Aujourd’hui, en voulant nous attaquer, ce n’est pas uniquement les Forces nouvelles qu’il attaque mais la Côte d’Ivoire tout entière. Et aujourd’hui, vu la qualité des relations entre les généraux Mangou et Bakayoko d’une part et les Forces ivoiriennes et impartiales d’autre part, cela me surprendrait. (…)
Depuis quand est-il parti de Séguéla et quel est le moral des éléments qu’il a abandonnés?
C’est tout récemment que les éléments ont compris que leur chef les a trahis. Il ne leur a pas dit qu’il partait pour ne plus revenir. C’est toujours au dernier moment que les éléments apprennent que le chef les a trahis.
Avez-vous visité sa résidence pour
savoir ce qu’il en est et s’il est parti avec ses
affaires?
Je n’ai pas besoin de visiter sa résidence.
Néanmoins, nous échangeons
avec la population et les éléments qui nous
disent ce qui se passe.
Il semble que la population aurait même souhaité
une sanction contre Zacharia.
La population est-elle, selon vous, en phase avec la
décision arrêtée
par le Premier ministre qui a demandé que la mairie soit
rétrocédée à
son premier responsable?
Evidemment, la population est en phase avec le Premier ministre. Si
nous avons décidé d’aller à
la paix, c’est tout à fait normal que nous
donnions la gestion de la mairie à son premier responsable.
Mais tout
dépendant de la manière dont la demande est
formulée, ce n’est pas
comme à Bouaké. Ici, le maire a
formulé sa demande poliment au Premier
ministre et dès lundi, je ferai une réunion avec
les éléments et la
mairie lui sera remise.
La même demande a été
formulée depuis longtemps par le maire de Bouaké,
Fanny Ibrahima. Pourquoi cela tarde-t-il?
C’est vrai qu’il a demandé la
rétrocession de la mairie mais il y a la
manière. Dans toute chose, il faut le respect,
même quand tu es le plus
âgé.
Cela fait tout de même très longtemps que
le maire Fanny est avec vous à Bouaké.
Il i’y a pas longtemps qu’il est avec nous, il sait
comment il est venu à Bouaké.
Il avait quitté le pays après la crise mais il
est rentré.
Même le Président Gbagbo qui avait les moyens de
nous écraser a accepté
de négocier, il nous a tendu la main. Cela doit servir de
leçon à tout
le monde.
Commandant Wattao, vous aviez un frère d’armes,
Konaté Daouda, qui a
disparu subitement de Bouaké après la crise entre
pro-IB et pro-Soro.
On raconte qu’il serait au Mali depuis 1995. Confirmez-vous
cette
information?
Oui, je la confirme. Le Mali est devenu aujourd’hui leur base
de repli.
Quand ça ne va pas, c’est là-bas
qu’ils se replient. D’après mes
informations, il serait chauffeur de gros camion.
Malgré tout cet argent qu’il a eu?
Ça dépend, quand on est en exil, même
quand on a des millions, ils
finissent. C’est ce qu’ils ne comprennent pas. On
est mieux que chez
soi.
Avez-vous des relations avec lui?
Non, je n’en ai pas. Je n’ai pas de
relations avec des traîtres.
Seulement, nous recevons des informations venant de là-bas
surtout que
ces gens ne sont pas discrets et qu’ils ont un chef
indiscret. A
chacune de ses sorties, tout le monde entier en est informé.
Nous
sommes imperturbables.
Vous avez été nommé ambassadeur de
paix par le ministre de la
Réconciliation nationale chargé des Relations
avec les institutions.
Avez-vous reçu une feuille de route?
Nous n’avons pas reçu de feuille de route. Mais le
ministre Dano Djédjé
nous a dit de parler de paix partout où nous irons.
Peut-être que je
recevrai un jour une feuille de route pour accomplir ma mission.
J’attends donc.
Comment devons-nous vous appeler désormais, chef
d’état-major adjoint ou Com’zone de
Séguéla?
(Rire). Je suis CEMA adjoint. Je serai juste à
Séguéla pour assurer
l’intérim le temps de trouver quelqu’un.
Mais il faudra un homme de
caractère parce que beaucoup
d’éléments ont des ressentiments contre
Djakis. Depuis mon arrivée, je ne fais que leur parler. Il
faut
peut-être quelqu’un comme moi qui sait parler
à ces enfants pour leur
donner la joie de vivre, l’espoir que demain sera meilleur
pour eux.
Est-ce à dire que vous avez commencé
l’intérim immédiatement?
Oui, j’ai déjà commencé
l’intérim.
Vous n’irez plus à Bouaké?
Je peux y aller et revenir à tout moment, je suis chef d’état-major adjoint.
Le CEMA adjoint s’est déplacé
avec un gros dispositif baptisé
Anaconda. Avez-vous été chargé
d’assurer la sécurité du Premier
ministre?
Oui, j’ai été chargé
d’assurer sa sécurité. Compte tenu des
informations que nous avons reçues avant notre
arrivée, il fallait se
déplacer avec l’arsenal qui convient.
Notamment la disparition du commandant Koné Zacharia ou une
menace?
Nous sentions avant notre arrivée qu’il
était déjà parti puisque nous
avions cherché en vain à le joindre. Des
gens lui ont dit de venir,
mais il leur a répondu qu’il ne pouvait pas
arriver parce qu’il n’avait
pas fini ses courses. Nous avons donc immédiatement compris
qu’il avait
choisi sa position. (…)
Est-il hors du pays?
C’est sûr qu’il est hors du
pays, mais nous ne savons pas exactement où.
Quel message pour ses anciens éléments?
Je leur dis de ne pas suivre un chef mais un mouvement. Les éléments ont adhéré à un mouvement pas à cause de Wattao ou de Soro ou de Dakjis mais pour une cause. Si tout le monde est en train de trouver satisfaction aujourd’hui, cela devrait amener les éléments à réfléchir mille fois avant de s’engager dans une voie qui ne leur garantit pas un avenir. Je les exhorte donc à continuer dans ce processus, mais ceux qui veulent suivre Djakis dans ses bêtises, ce sont eux qui perdront parce que nous n’allons pas accepter le désordre. Et j’appelle les éléments à ne pas suivre les politiques mais à nous écouter. Grâce à Dieu, la paix est revenue, le Président de la République et le Premier ministre s’entendent très bien, ils travaillent dans une bonne entente. Pareil pour les généraux Mangou et Bakayoko comme je le fais avec le colonel Konan.
Tenez, dès que cette situation s’est
produite et que j’ai appelé le
colonel Konan, il m’a dit «si tu as besoin de
renforts, n’hésite pas à
m’appeler». Cela veut dire que nous sommes
aujourd’hui unis pour le
meilleur et le pire.
Les éléments sont-ils informés
officiellement du départ du Com’zone
Koné Zacharia et que vous êtes
désormais leur nouveau chef?
Ils le seront. Vous avez eu la primeur de la nouvelle. Ils
seront
informés (dimanche) que Zacharia n’est plus le
nouveau chef au cours
d’une réunion avec le
général Bakayoko, ici, à
Séguéla.
Interview réalisée à
Séguéla par
Paulin N. Zobo
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