Le Parti Ecologique Ivoirien



Mauritanie : De l'aide au développement à l'autosuffisance




08 sept 2008  par Click4mauritania.com
 


La question de l’aide extérieure commence à devenir critique en Mauritanie. La nécessité de mettre en place des politiques économiques indépendamment du volet étranger (don, dettes extérieures, investissements, etc.) se fait pressante.

L’un des économistes du pays avait martelé au cours d’une émission récente de la TVM « qu’une grande partie de l’aide accordée à la Mauritanie est sous forme d’assistance technique profitable aux pays développés. Celle-ci avoisine un tiers du budget national. Soit une somme estimée à 300 millions de dollars ». L’économiste en question suggérait, dans cette perspective, une restructuration budgétaire permettant de bien gérer notre revenu afin de combler la part de l’aide publique au développement dans le budget. « C’est par le biais de la lutte contre la corruption que les choses peuvent évoluer », a-t-il précisé. Il a aussi soulevé la question de la productivité en Mauritanie en soulignant que « les mauritaniens sont paresseux », notre économie ne créée pas de valeur ajoutée : « car une grande partie de notre revenu est absorbée par les salaires des étrangers qui assurent le fonctionnement de secteur important, notamment la construction,!

La pêche artisanale, la menuiserie etc. », a-t-il expliqué avant de conclure à l’instar des autres économistes intervenants dans la même émission que « le pays est riche. Et que les actuels dirigeants doivent mettre l’accent sur l’ autonomie financière ».

Une chose est sûre, le pays ne peut pas vivre en autarcie. En outre, pour relancer une quelconque économie en phase de décollage, d’assainissement, il faut une politique basée sur une quantification des besoins et la recherche des moyens et mécanismes de satisfaire ces besoins. Certes, la Mauritanie a besoin d’une autosuffisance, de lutte contre la gabegie, etc. Mais cela est-il possible sans intégrer la donne extérieure ? En d’autres termes, peut-on faire décoller notre économie sans s’appuyer sur les sources traditionnelles de financement? Y –t-il d’autres sources ? Qu’en est-il des autres sanctions économiques pouvant toucher la Mauritanie ? La Chine, la Russie et les autres pays arabes vont-ils soutenir notre économie ? Reconnaissons que la Libye n’a pas pu surmonter les sanctions économiques des occidentaux. Toutefois, ce pays est plus riche que la Mauritanie. Ajoutons à cela le cas iranien. Ce pays malgré sa puissance essaye d’éviter à tout prix les sanctions économiques.

En effet, en dehors des pays pétroliers qui réalisent des excédents budgétaires faramineux, les autres pays essayent d’attirer les investisseurs, sinon de financer leurs économies à travers des dettes négociées et négociable. Les Etats-Unis et le Japon ont une dette considérable. Pourtant, ces derniers sont les plus riches de la planète ! En gros il y a ceux qu’ils ont des excédents et ceux qui souffrent des insuffisances financières. Les pays les plus performants arrivent à ‘drainer ‘des flux financiers importants. Ce qui sous- entend la mise en place d’un système politique fort entraînant un puissant appareil juridique indépendant. Le but étant de rassurer les opérateurs économiques. Leurs fonds ne devront pas faire l’objet de malversations frauduleuses. Il est en ce sens indispensable que les pays tissent des contrats ne portant pas préjudice aux intérêts de la population. En somme nos dirigeants doivent être en mesure de mettre en place des politiques qui absorbent une grande partie des flux monétaires étrangers en les transformant en projets créateurs de revenu durable.

En tout état de cause, pour que l’autosuffisance soit une réalité en Mauritanie, il semble nécessaire de combiner deux aspects. Le premier est lié à l’arrêt de la courte vue de la politique économique. Et le second vise les objectifs à long terme.

Notons que notre revenu national est de 2663 millions de dollars en 2006. La croissance annuelle varie en moyenne entre 5 et 7%. Ainsi, le PIB par tête ne dépasse pas les 2500 dollars par an. Soit 58334 ouguiyas par habitat par mois. A cet égard, nous ne pouvons pas parler d’autosuffisance en Mauritanie sans intégrer une approche mettant en avant des sous systèmes exerçant chacun un contrôle sur les autres systèmes. D’où la notion d’un système étatique à la fois central et décentralisateur. Cela ne peut se faire sans que toutes les institutions ne soient sous l’autorité suprême des lois votées selon un ordre constitutionnel basé sur un bon sens accepté et acceptable par toute et tous.


Par: Mohamed Fouad Barrada
m_barrada@yahoo.fr

Source : click4mauritania.com

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