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Le Parti Ecologique Ivoirien
CONDAMNATION DU COUP
D’ETAT EN GUINEE : la doctrine
inopérante de l’UA
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vendredi 02 janvier
2009 - Parconnectionivoirienne.net |
Le 24 décembre dernier,
l’Union Africaine réunie
pour débattre de la situation en Guinée, avait
menacé les putschistes
de sanctions fermes, s’ils "consommaient" le coup
d’Etat. Dadis et ses
compagnons l’ont fait. Et l’UA met à
exécution sa menace : elle décide
de suspendre la Guinée de ses activités
jusqu’au retour à l’ordre
constitutionnel.
Presque sans surprise. Mais elle aura prouvé
une fois de plus qu’elle ne sait que rester dans la logique
d’un
système : le sien. Sa doctrine, une fois de plus, aura
été sauve. Mais
pour sauve qu’elle est, elle demeure inopérante et
il faut légitimement
s’en attrister. Car une fois de plus, l’UA
administre la preuve qu’elle
sait condamner. Mais elle ne fait que cela. Elle ne présente
rien quant
à sa capacité de prévenir. Au regard
de ce qui se passe en Guinée, la
décision de suspendre ce pays est on ne peut plus moralement
incorrecte. Dans le meilleur des cas, on ne peut que manquer de la
comprendre. Un retour à l’ordre constitutionnel,
ainsi que l’exige
l’UA, est-il raisonnable si l’on
considère le contexte qui,
aujourd’hui, prévaut en Guinée ?
On y a une classe politique
appuyée par une société civile qui
approuve ensemble la prise du
pouvoir par l’armée, que toutes deux
considèrent comme apte à gérer les
difficiles moments de l’après Conté.
Comment et au nom de quoi s’y
opposer ? Sans doute par simple principe. Pour le dogme. Mais ici le
principe est improductif. Bien plus que la
nécessité pour la Guinée de
retourner à un ordre constitutionnel, il faut craindre que
ce soit l’UA
qui ait besoin de se réformer pour répondre
davantage aux aspirations
réelles des populations africaines. Et pour cause, les
griefs sont
multiples : on attend d’elle qu’elle soit la
garante de la bonne
gouvernance, qu’elle prenne bonne garde et
prévienne l’implosion des
pays.
On voudrait la voir dire un mot fort qui condamne les
manques d’alternance, les nombreux tripatouillages des
Constitutions,
les longs règnes monarchiques et dynastiques
hélas trop nombreux sur le
continent africain. Car ce sont là les
ingrédients qui conduisent à la
survenue des coups d’Etat. Et c’est en eux que se
trouve la racine du
mal qu’elle devrait songer à éradiquer.
Mais, le peut-elle seulement ?
Car au fond, ils ne sont pas nombreux les chefs d’Etat
membres de l’UA,
qui pourraient fustiger ce mal des coups d’Etat que tous
abhorrent
tant, sans renier, à vrai dire, une partie
d’eux-mêmes.
Combien
d’entre eux sont au pouvoir aujourd’hui
grâce à cet artifice
anticonstitutionnel qu’ils auront quand même si
habilement utilisé ?
L’UA ressemble aujourd’hui à un
géant aux pieds d’argile, prise dans
ses propres contradictions et qui montre qu’elle
n’a d’autres ambitions
que de servir la cause des chefs d’Etat qui la composent. On
peut
légitimement douter qu’un tel "syndicat" de
gouvernants soit
l’incarnation des aspirations réelles des
populations africaines. Et
c’est cela aussi qui explique son extraordinaire
déphasage par rapport
aux réalités vécues au quotidien par
le citoyen lambda dans les villes
et hameaux du continent. De plus, elle ne parle pas d’une
seule voix,
l’UA.
Pour le cas guinéen, alors que l’Union
panafricaine
dénonce la violation de la Constitution, le
président sénégalais,
Abdoulaye Wade, appelle à soutenir la junte et invite
à "ne pas jeter
la pierre à ce groupe, mais à le prendre au mot".
Absence de
concertation entre membres d’une même organisation
? Signe de
divergences profondes ? Un ancien premier ministre guinéen
résume à lui
seul l’opinion partagée par bon nombre
d’africains : " Il n’y a aucun
mal que la Guinée soit suspendue des réunions de
l’UA. Le plus
important consiste à aller vers une transition
apaisée débouchant
rapidement sur des élections transparentes et
crédibles." On comprend
ce que cela signifie et ce qui n’est pas dit, on le devine
aisément.
Des instances internationales existent qui sont craintes et
respectées,
à juste titre. UE, Etats-Unis, FMI, Banque mondiale ont de
quoi en
imposer aux Etats de la planète ainsi
qu’à leurs dirigeants.
Elles
ont en leur possession une puissance certaine (qu’elle soit
morale ou
financière, peu importe) qui leur permet de contraindre et
d’amener à
la raison même les plus récalcitrants
d’entre eux, à leurs injonctions.
L’UA n’est pas faite à leur image et ne
dispose pas de leur pouvoir. Et
la faute lui en incombe. Pire, elle apparaît aux yeux de plus
d’un,
aujourd’hui, comme de plus en plus obsolète,
inopérante, et partant, de
moins en moins crédible, efficace. Personne ne contestera
sérieusement
que l’Afrique ait besoin qu’une organisation
sérieuse, efficace, qui
sache veiller sur elle et la protège. L’UA,
à l’heure actuelle, est à
mille lieues de ressembler à cette institution que les
Africains
appellent de tous leurs voeux. A défaut de leur
mère, ils têtent leur
grand-mère : les organisations régionales et
sous-régionales ne seront
jamais que des ersatz qui remplacent, faute de mieux, la douceur du
sein maternel.
Le putsch de Conakry peut être perçu comme un
moindre mal pour un pays qui a tant et tant souffert, a
touché le fond
et ne demande qu’à remonter à la
surface. La Guinée est fille du
contient africain. A ce jour, elle a plus besoin de
compréhension et de
soutien que de condamnation et de rejet. La charge revient à
l’UA de
savoir adopter envers elle un comportement de mère,
après avoir échoué
à prévenir le chaos.
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