Ce que le chef de l’Etat
prépare
Le président de la République Alassane Ouattara
n’a pas encore la mine gaie après deux mois
d’exercice réel du pouvoir d’Etat. Pis,
le numéro un ivoirien ruminerait une grosse
colère face à la lenteur ou à la non
exécution de certaines tâches
qualifiées d’urgentes. Selon des sources proches
de la présidence de la République, Alassane
Ouattara est particulièrement
préoccupé par la question sécuritaire
dans le pays. Il vit très mal les dérives quasi
quotidiennes de certains éléments des Forces
républicaines de Côte d’Ivoire (Frci).
Les condamnations incessantes des Associations et organisations de
défense des droits de l’Homme, en rajoutent au
stress du chef de l’Etat. Qui a décidé
de suivre personnellement la mise en œuvre des
décisions prises au plan sécuritaire. Avec le
premier ministre-ministre de la défense Guillaume Soro, et
le ministre d’Etat-ministre de
l’intérieur Hamed Bakayoko, a-t-on appris, des
points sont faits constamment sur la question. Le président
de la République, souligne nos sources, ne cesse de rappeler
à tous ceux qui s’occupent du volet
sécuritaire, que ‘’les Frci doivent
entrer en caserne le plus tôt possible’’.
Autre sujet qui soulève la colère du
président de la République, la lenteur dans la
mise en œuvre du programme présidentiel
d’urgence (Ppu) dont le montant initial est de 45 milliards
de Fcfa. Ce programme, faut-il le rappeler, concerne les 19
régions du pays, et devrait prendre en compte des
investissements importants dans des secteurs tels que l’eau
et l’électricité, le reprofilage des
voies et la santé. Ce programme n’aurait pas
été exécuté
entièrement dans certaines régions. Toute chose
qui n’est pas du goût d’Alassane Ouattara
qui tient à réaliser ses promesses. Par ailleurs,
le président de la République qui, certainement a
eu vent de l’anarchie qui règne au niveau de la
constitution des cabinets ministériels, entend y mettre de
l’ordre. D’ailleurs, le communiqué du
Conseil des ministres du mercredi 22 juin 2011, est clair sur la
volonté du chef de l’Etat.
‘’…Et l’autre
(décret), relatif à la mise en place
d’un comité restreint de nomination,
chargé de valider les organigrammes des
ministères et d’évaluer les
propositions de nomination des membres des cabinets
ministériels. Ce comité s’assurera
notamment que les recrutements des membres des cabinets
ministériels sont effectués sur la base de la
compétence et de la bonne moralité, afin que tous
s’astreignent à travailler dans le sens de
l’intérêt supérieur de
l’Etat et du pays’’, mentionne ledit
communiqué. Face à tous ces balbutiements, le
président de la République aurait
décidé de jouer la carte de la fermeté
dans l’application des décisions. Aussi,
révèlent nos sources, Alassane Ouattara qui a
déjà commis des experts européens pour
surveiller la gestion des ministères, aurait tout de
même décidé
d’évaluer à son propre niveau, le
fonctionnement de ces entités. Avec l’adoption du
budget de l’Etat, le président ivoirien,
n’entend pas faire de cadeau aux départements
ministériels qui traîneront les pas. Ceux des
ministres qui ne suivront pas le rythme qu’il entend imprimer
désormais au Gouvernement, pourraient être
débarqués avant même la tenue des
élections législatives que le
président ivoirien souhaite ‘’avant la
fin de l’année (2011)’’.
Toujours selon nos sources, Alassane Ouattara va s’installer
bientôt à Yamoussoukro, la capitale politique et
administrative de la Côte d’Ivoire. Il veut
coûte que coûte réaliser de
véritables progrès à tous les niveaux
avant le début de l’année 2012. Il va
sans dire que le président de la République
mettra davantage la pression sur le Gouvernement et sur les directeurs
généraux et centraux de
l’administration.
BAMBA Idrissa