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Edmond Edouard N'GOUAN
Lire : Les Souhaits du P.
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Le Parti Ecologique Ivoirien
Sécurité
urbaine - Le
ministre Tagro surprend des policiers
endormis aux postes
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mercredi
30 juillet 2008 - Par le Temps |
L’opinion nationale avait tout simplement
cru qu`avec la survenue de la guerre entraînant son
corollaire
d`insécurité ambiante, l`autorité en
charge de la sécurité urbaine
allait redoubler de vigilance. Elle s`en était convaincue
d`autant plus
que les premières cibles lors des attaques sont d`abord les
"hommes en
tenue". Mais à l`épreuve de la
réalité du terrain, les citoyens
ivoiriens et tous ceux qui vivent sur le sol ivoirien
découvriront une
évidence implacable. Notre sécurité
est menacée. Pas parce qu`il n`y a
personne pour l`assurer mais tout simplement parce que ceux qui sont
chargés de le faire se comportent, au contraire, comme de
simples
citoyens sur qui une autre corporation devrait veiller. Le mal est si
pernicieux que le ministre de la Sécurité, la
mort dans l`âme, s`est
extériorisé en public.
Désiré Tagro, à l`issue de deux
visites
inopinées dans les nuits de 28 juin et 26 juillet, pour
savoir ce qu`il
en est de notre sécurité, dresse un bilan qui
donne froid dans le dos.
Mais en fait, les Ivoiriens le savaient déjà. Au
commissariat du 8e
arrondissement, ce sont des agents qu`il trouve dans les bras de
Morphée, sur le comptoir. Pareil à la CRS2, la
sentinelle en faction a
dressé des matelas sur lesquels elle ronflait.
Même le bruit des
moteurs des véhicules du cortège du ministre n`a
pu réveiller nos
agents de sécurité publique. Pis, il y en a
même qui se sont énervés
que le patron les dérange à une heure si tardive
de la nuit. Quel culot
! " Nos sommes rentrés avec notre cortège de 8
à 10 véhicules. Malgré
les bruits des engins, personne ne s`est
réveillé. L`une d`entre elle a
trouvé qu`on l`avait dérangée. Le
lieutenant responsable de l`équipe de
garde dormait aussi. " Regrette le ministre de la tutelle. A
l`aéroport, Désiré Tagro trouve la
scène plus humiliante. Là-bas,
c`était comme si il n`y avait pas de commissariat. Le poste
était
fermé, le personnel était allé voir le
footballeur camerounais Eto’o
Fils qui venait d`arriver en terre ivoirienne. Quand on sait que
l`aéroport est considéré comme l`une
des portes principales d`accès au
territoire de tout pays, il y a de quoi avoir des frayeurs en
Côte
d`Ivoire. Partout où le ministre de l`Intérieur
est passé, la
désolation est la même. Que ce soit à
Bingerville ou à Bassam, si les
policiers de garde ne dorment pas sous des draps douillets, ils sont
absents. Prétextant de leurs gardes de nuit, nos forces de
l`ordre
profitent pour découcher pendant qu`en famille leurs
épouses les
croient bonnement en mission pour la Nation. Il faudrait
peut-être
chercher ici la première cause de la mort " au front " de
nos agents de
police. Sinon comment comprendre qu`un agent des forces de l`ordre
puisse se laisser surprendre par l`ennemi s`il n`est pas en train de
dormir au moment de l`attaque. Ce qui différencie un agent
de sécurité
en faction du simple citoyen ou de l`assaillant, c`est que le premier
est tenu d`être en éveil permanent pendant que le
second dort sans
souci et que le dernier soit empêché d`accomplir
son forfait. Alors, si
le policier doit ignorer les infrastructures et le citoyen sur qui il
est tenu de veiller et pour lesquels il est payé, il y a
problème. Et
quand il y a problème, il doit y avoir solution. Et la
solution doit
être trouvée par le ministre de tutelle.
Désiré Tagro, nous le pensons
sincèrement, doit aller au-delà de la simple
sensibilisation des
différents chefs hiérarchiques de la Police
nationale. Un ministre ne
passe pas tout son temps à sensibiliser. Il doit pouvoir
sanctionner
quand il le faut. Car, si on peut guérir d`une blessure on
ne guérit
jamais de la mort. Il faut éviter que par leur sommeil,
leurs abandons
de poste, des agents de police exposent le citoyen à la mort.
Simplice Allard
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