Trois mois après sa
prise effective du pouvoir d’Etat, Alassane Ouattara pousse
progressivement ses pions afin d’asseoir son
autorité, et de mettre en œuvre son programme de
gouvernement. Cela ne se fait pas sans difficultés. Mais le
président de la République, selon des
confidences, est déterminé à ne pas se
laisser endormir par les beaux yeux de ceux qui l’ont
aidé au plan national à conquérir le
pouvoir notamment les ex-éléments des Forces
armées des forces nouvelles (Fafn). Conscient de ce
qu’un environnement sécurisé et
apaisé, est le seul gage pouvant lui permettre de
dérouler ses actions, et de favoriser les investissements en
Côte d’Ivoire, le numéro un ivoirien
dont le régime est fortement critiqué au plan
sécuritaire, a décidé de frapper fort
pour rétablir l’ordre dans le pays. Ayant
quasiment réussi, avec le soutien de l’Onuci et
des chefs d’Etat des pays voisins, à constituer
des ‘’murs’’ de protection au
niveau des frontières de la Côte
d’Ivoire, Alassane Ouattara, révèlent
nos sources, veut désormais régler une fois pour
toute la question sécuritaire en interne. Le tamisage au
niveau de l’effectif des gendarmes et des policiers est
presque terminé. La réhabilitation et
l’équipement des commissariats et brigades de
Gendarmerie, sont très avancés. Le
réarmement et la confection des tenues pour les
éléments de ces deux corps, se font
régulièrement. Si au niveau de ces forces de
première catégorie, les choses se normalisent,
des soucis demeurent au niveau de la grande muette
rebaptisée ‘’Forces
républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). A
ce niveau, le chef de l’Etat qui avait
espéré un encasernement des soldats depuis le
mois de mai 2011, serait déçu par la lenteur dans
l’exécution de ses directives. Pour donc
accélérer l’encasernement des Frci et
le redéploiement des policiers et gendarmes, Alassane
Ouattara a procédé à la nomination des
responsables dans l’armée, le 7 juillet 2011.
Ainsi le général de division Soumaïla
Bakayoko a été nommé chef
d’état-major général des
Frci, et Gervais Kouassi Kouakou, commandant supérieur de la
Gendarmerie nationale. Selon nos sources, après avoir
posé cet acte, le chef suprême des
armées (Alassane Ouattara) a instruit le
général Bakayoko, de mettre fin sans
délai, aux groupements tactiques qui sont
gérés par les ex-chefs de guerre sur
l’ensemble du territoire. Le chef de l’Etat aurait
demandé au nouveau Cema général de
procéder à l’encasernement de ces
anciens commandants de zone (Com-zone) ainsi que de leurs
éléments.
Points de chute
Et conformément au quatrième accord
complémentaire à l’accord politique de
Ouagadougou (Apo), Alassane Ouattara, toujours selon nos sources, veut
clarifier la situation de ces responsables des ex-Forces
armées des Forces nouvelles (Fafn).
‘’Les sous-officiers et militaires du rang promus
officiers conserveront leurs grades à Titre
opérationnel (T.O) et seront admis à faire valoir
leurs droits à la retraite à l`issue du processus
de sortie de crise. Une ordonnance du Président de la
République, dont la teneur est ci-joint: en annexe, sera
prise à cette fin et précisera les conditions de
cette nomination et les modalités du départ
à la retraite’’, mentionne le
communiqué final du quatrième accord
complémentaire signé le 22 décembre
2008. Sur la base donc de cette disposition, le président de
la République, par l’intermédiaire du
chef d’état-major général,
engagera des discussions avec les actuels commandants de groupements
tactiques (ex-chefs de guerre) qui étaient tous, au moment
de la signature de l’accord, des sous officiers. Il
s’agira de trouver des points de chute pour eux, en dehors de
l’armée. Mais, compte tenu de la situation
sécuritaire encore fragile, les discussions pourraient
être menées un peu plus tard, le temps de faire
avancer les choses au niveau de la formation de la nouvelle
armée, et surtout au niveau de la sécurisation du
territoire national. En clair, lorsque les discussions seront
entamées, les commandants Issiaka Ouattara dit Wattao,
Chérif Ousmane, Koné Zakaria, Koné
Gaoussou dit Jah Gao, Ouattara Morou, Kouakou Fofié, Losseni
Fofana alias Commandant Loss, et Coulibaly Ousmane dit Ben Laden, qui
ont été promus au grade de commandant, devraient
donc être mis à la retraite avec les avantages
liés à leur nouvel état. Mais
précisent nos sources, il est possible que le chef de
l’Etat décide de nommer certains d’entre
eux à des postes d’attachés de
défense dans des pays africains ou européens.
BAMBA Idrissa