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«
Robert Mambé est
coupable » Résultat complet de
l’enquête

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samedi 06 février 2010 - Par connectionivoirienne.net |

Enquête sur la liste électorale provisoire
Diakité Mamadou (porte-parole du Parquet
d’Abidjan-Plateau)
‘’Robert Mambé est
coupable’’
‘’Il fait planer une suspicion légitime
sur la fiabilité de la liste
électorale’’
PR/KM
MINISTERE DE LA JUSTICE REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
ET DES DROITS DE L’HOMME Union – Discipline
– Travail
Abidjan le 05Février 2010
COUR D’APPEL D’ ABIDJAN
PARQUET PRES LE TRIBUNAL
DE PREMIERE INSTANCE
D’ ABIDJAN-PLATEAU
Tél. : 20-21-17-41
Fax : 20-21-17-41
BPV 33 ABIDJAN
POINT DE PRESSE
Mesdames et Messieurs les journalistes,
J’ai l’honneur de vous rendre compte du résultat de l’enquête sur les fraudes commises sur la liste électorale par le Bureau de la Commission Centrale de la Commission Electorale Indépendante.
Le présent rapport, est issu de l’enquête menée par la police criminelle qui a détaché 4 Commissaires de police y compris le Directeur lui-même, des officiers et sous-officiers de police, .Y ont également pris part 2 experts en informatique. Toute l’équipe d’enquêteurs était sous la direction effective de deux Substituts du Procureur de la République, Madame DADIE KOUASSY Marie-Laure et Monsieur DIAKITE Mamadou. Ce rapport portera dans une première étape, sur la compétence des opérateurs techniques et de la CEI en matière de croisement des listes électorales, ensuite dans une deuxième étape sur le croisement effectué par la Commission Electorale Indépendante, la troisième étape concernera la responsabilité des membres de la Commission Electorale Indépendante. Enfin la quatrième étape sera axée sur les conséquences des actes posés et les préoccupations portées à notre connaissance par le Ministre de l’Intérieur avec bien entendu nos suggestions pour terminer.
DE LA COMPETENCE DES OPERATEURS TECHNIQUES ET DE LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE (CEI) EN MATIERE DE CROISEMENT DE LA LISTE ELECTORALE
Aux termes du décret n°2008-136 du 14 Avril 2008 fixant les modalités de la nouvelle liste électorale, sous la responsabilité de la CEI, l’inscription sur la nouvelle liste électorale est établie par l’Institut National de la Statistique (INS) et la Société SAGEM Sécurité (article 4).
Aussi sous l’autorité et la responsabilité de la CEI, l’INS et la Société SAGEM Sécurité exécutent les opérations d’inscription sur la liste électorale.
La liste électorale provisoire a
été réalisée par
l’INS et la
société SAGEM sécurité. En
effet la base de données de la population a
été croisée avec les fichiers
historiques, conformément au mode
opératoire établi par la SAGEM
sécurité en collaboration avec l’INS.
Les fichiers historiques remis à la
société SAGEM sécurité par
l’INS pour procéder au croisement sont au nombre
de trois :
-La liste électorale de 2000 ;
-un fichier appelé fichier fusion des ivoiriens, issu
d’une fusion de
plusieurs fichiers de l’administration où est
précisée la nationalité
des individus qui y sont enregistrés (CGRAE, CNPS, RGPH 98,
ect…).
-Un fichier appelé, fichier fusion des
étrangers, contenant
certaines informations de l’état civil
d’individus de nationalité
étrangère. De la même
manière que le fichier fusion des Ivoiriens, ce
fichier est issu d’une fusion de plusieurs fichiers de
l’administration
où est précisée la
nationalité des individus qui y sont enregistrés.
Les croisements ont lieu au site central (forum)
géré par la société SAGEM
Sécurité, en collaboration avec l’INS.
Ces deux structures ont procédé
jusqu’à ce jour à trois croisements
successifs :
Un croissement en direct et par ascendance, achevé le 30
Septembre 2009
Une première extension sur le croisement par ascendance
achevée le 14 Octobre 2009
Une deuxième extension sur le croisement par ascendance
achevée le 03 Novembre 2009.
Lors de la réunion du 1er Novembre 2009 à Yamoussoukro, les autorités ont décidé de procéder à trois extensions complémentaires de croisement par ascendance sur les 1.991.230 dossiers croisés négativement à l’issue de la deuxième étape décrite plus haut.
Ces instructions sont contenues dans le communiqué conjointement signé par le Premier Ministre et le Président de la CEI en date du 1er novembre 2009.
Ce dernier croisement a permis de récupérer certains pétitionnaires sur la liste électorale provisoire et de dégager une liste d’environ 1.033.000 pétitionnaires qui devaient se présenter au croisement dit populaire c’est-à-dire aux contentieux administratif et judiciaire, s’il y a lieu.
Au total, il ressort que les croisements sont effectués suivant un mode opératoire bien défini qui fait intervenir quatre structures que sont l’Office National de l’Identification (ONI), la Commission Nationale de Supervision et de l’Identification (CNSI), en ce qui concerne le volet de l’identification, l’Institut National de la Statistique (INS) et la Société SAGEM Sécurité en ce qui concerne les élections.
La CEI ne participe pas au croisement. Elle est simplement destinataire des résultats des croisements effectués par les structures citées plus haut.
II- DU CROISEMENT EFFECTUE PAR LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE (CEI)
Il ressort de l’enquête que suite au
croisement effectué par les
structures techniques habilitées à le faire
(l’INS et la société SAGEM
Sécurité), une liste d’environ
1.033.000 pétitionnaires avait été
dressée. Cette liste affichée, tous les
pétitionnaires qui y étaient
inscrits devaient se rendre au contentieux, le cas
échéant.
Il est formellement ressorti que le Président de la CEI,
Monsieur MAMBE
BEUGRE a sollicité du Bureau de ladite structure
l’autorisation
d’opérer un croisement interne grâce
à des informaticiens. Cette
demande a été rejetée par le bureau de
la CEI. Courant décembre 2009,
le Président de la CEI a saisi la Commission Centrale de la
même
demande.
Son Vice-Président GOMIS Jean-Baptiste et les responsables
des sous
commissions liste électorale et opération
électorale qui sont
respectivement TAPE Kipré et Monsieur DIARRASSOUBA
Soumalaye, de même
qu’un groupe de quatre informaticiens sont tous intervenus
pour
justifier le bien fondé de ce croisement
sollicité par Monsieur MAMBE
Beugré.
Malgré toutes ces interventions, la Commission Electorale Centrale a elle aussi rejeté cette demande, au motif que la liste provisoire ayant été affichée, il était inopportun de faire quelque croisement que ce soit. Car les personnes concernées par ce croisement devaient se rendre au contentieux. Aussi, l’accord des partis politiques n’avait pas été obtenu. Il faut préciser qu’enfin les structures techniques (INS) et la société SAGEM Sécurité) n’avaient pas été associées à ce nouveau croisement.
Le Président de la CEI, s’est même adressé à Monsieur le Président de la République, le 25 décembre 2009 pour réitérer la même demande d’opérer un croisement.
Monsieur le Président de la République lui a signifié l’inopportunité de sa requête en justifiant son refus par les mêmes arguments avancés aussi bien par le Bureau que par la commission Centrale de la CEI.
Malgré toutes les oppositions clairement
signifiées au Président de la CEI, monsieur MAM
BE BEUGRE, a pris sur lui l’initiative de faire
procéder par sa
structure, en violation de tout mode opératoire,
à un croisement pour
récupérer des pétitionnaires parmi
ceux figurant sur les listes de 1
033 000 pétitionnaires qui devaient se présenter
au contentieux. Pour
ce faire, il a fait convoquer, le lundi 28 Décembre 2009, le
comité des
experts de la CEI, par son Directeur de Cabinet, monsieur ADOU Antoine,
à une réunion ayant pour ordre du jour entre
autre les supports
informatiques de traitement des contentieux et la recherche par la CEI
des cas litigieux.
Le Directeur de Cabinet du Président de la CEI a
déclaré au comité des
experts que monsieur MAMBE BEUGRE voudrait que la liste des 429.030
pétitionnaires retrouvés à
l’issue du croisement interne soit mise à la
disposition des Commissaires dans les Commissions Electorales Locales
(CEL).Ce qui fut réalisé conformément
au souhait du Président de la CEI.
A la suite de la réunion tenue le 07 Janvier 2010 à la Primature, en présence de monsieur le Premier Ministre, du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, du Représentant du facilitateur du dialogue direct de l’APO, des Directeurs Généraux des Structures techniques intervenant dans l’établissement de la liste électorale et des commissaires de la CEI, les faits relatifs au croisement ainsi opéré et portant sur les 429.030 pétitionnaires ont été évoqués par Monsieur le Premier Ministre et reconnus par le Président de la CEI.
Ensuite un communiqué du Porte-parole de monsieur le Président de la République a fait état, le 09 Janvier 2010 des manipulations frauduleuses par la CEI de la liste électorale.
Le Président de la CEI a réagit pour soutenir qu’il s’agissait d’un croisement interne qui avait été fait pour sa propre gouverne.
L’enquête diligentée par le
Parquet a révélé tout le contraire des
thèses défendues par celui-ci.
En effet, en vue de procéder à des investigations
sur le terrain,
Monsieur le Procureur de la République a instruit les
enquêteurs, à
l’effet de se rendre dans quatre des onze CEI
départementales où des
superviseurs ont reconnu, à la réunion tenue le
12 Janvier 2010, que
des fichiers intitulés « liste des
pétitionnaires retrouvés par la CEI
sur le résiduel de la SAGEM » avaient bel et bien
été installés dans
les ordinateurs de leurs commissions départementales.
C’est ainsi que deux équipes se sont rendues
successivement, du samedi
30 Janvier au mardi 02 Février 2010, à
ABENGOUROU, DIMBOKRO, DUEKOUE et
TOULEPLEU.
Il est ressorti notamment à ABENGOUROU que la technicienne de la CEI, mademoiselle DOMORAUD, lors de la formation des commissaires locaux a instruit ceux-ci de valider tout pétitionnaire figurant sur le CD incriminé que celui-ci se soit présenté ou non aux réclamations. C’est ainsi qu’appliquant les instructions reçues, le commissaire KOUADIO Modeste de la Commission Electorale Communale d’ABENGOUROU a reçu dame KOUASSI Asso Viviane, née le 10 Novembre1986 à AGOUA, Sous-Préfecture de BONGOUANOU, de KOUASSI N’GUESSAN et de MEA ANGBOMAN, et l’a dispensée de la production d’une pièce justifiant l’identité de son père au motif que, figurant sur la liste résiduelle, son inscription devenait automatique.
Il a été également constaté l’existence, dans l’ordinateur de ladite commission électorale, d’une page de la liste résiduelle qui n’a pas pu être détruite pas l’informaticien de la CEI alors qu’il avait détruit les autres sur instruction de sa hiérarchie à la suite de la déclaration du Porte-parole du Chef de l’Etat. Cela prouve que la liste résiduelle a été effectivement introduite dans l’ordinateur concerné.
Le Président de la Commission Electorale
régionale du Moyen Comoé, Monsieur Daouda TOURE
nous a assisté dans nos investigations.
En ce qui concerne DIMBOKRO, il est ressorti que
l’informaticien de la
CEI monsieur TATCHI avait imprimé, à partir du
fichier incriminé, deux
listes concernant les centres d’Ebimolossou et de
Bénédiction pour
servir d’illustration à la validation des listes
issues du fichier
résiduel. Seulement nous n’avons pas
trouvé les fichiers incriminés
dans l’ordinateur car, selon l’expert
informaticien, ils ont été
effacés. Son rapport nous situera, éventuellement
sur les dates de
suppression et la nature exacte de cette suppression.
Monsieur SORO N’GOLO Aboudou, Président de la
Commission Electorale Régionale du N’ZI
Comoé a été notre interlocuteur.
Pour ce qui regarde le Moyen Cavally, les investigations
menées à
Duekoué et à Toulepleu ont également
permis d’établir l’insertion des
listes résiduelles sur les ordinateurs des CEI locales.
En effet, à DUEKOUE, le Président de la CEI
Sous-Préfecture Centrale,
Monsieur SIOGLOU Vincent a attesté que
l’informaticien de la CEI,
Monsieur FOFANA El Adj a effectivement introduit la liste
résiduelle
sur l’ordinateur de sa structure. Il a mis à notre
disposition la liste
que l’informaticien avait tirée du fichier
résiduel avant de le retirer
de l’ordinateur. Il a précisé
qu’il ne savait pas si des rajouts
avaient été faits à la liste
électorale parce que l’informaticien
travaillait par fois seul sur les ordinateurs.
Quant à Monsieur GUIRO KPEHA Julien, vice-président de la CEI départementale de Toulepleu, il nous a expliqué que l’informaticien de la CEI, Mr ESSOH Badou, a effectivement installé la liste résiduelle sur l’ordinateur de leur structure. Il a montré par la suite au commissaire comment valider ladite liste par une simple touche. Suite à la découverte de la manipulation de la liste électorale par ce technicien de la CEI, une procédure judiciaire a été ouverte qui a abouti à sa condamnation par le tribunal de Daloa. Il a, en effet reconnu avoir formé les commissaires à la validation automatique de la liste résiduelle.
En ce qui concerne TENGRELA, l’informaticien YAYA
SIDIBE a confirmé
avoir validé la liste résiduelle en sa
possession. Il précisait
toutefois que certains pétitionnaires se trouvant sur ladite
liste
n’existaient pas en réalité. Il a pris
l’exemple de TRAORE KALOKO du
centre de collecte EPP SOROKOUMO, secteur administratif Tengrela
inconnu des commissaires locaux de cette petite communauté.
Il nous a
produit deux listes de présence attestant du travail
effectué ainsi que
le rapport d’activité dressé par le
président de la CEI départementale
de Tengrela.
Il faut souligner par ailleurs, que les informaticiens au nombre de 70,
à l’exception de ESSOH Badou en
détention et de YAYA SIDIBE qui s’est
présenté spontanément à
nous, ont refusé de comparaître. Il en est de
même pour le secrétaire
Général Monsieur YAPI Jacques, le responsable
des informaticiens KOUAKOU Julien, le Directeur de Cabinet ADOU
Antoine, le Vice-Président GOMIS Jean Baptiste et le
Président de la
CEI MAMBE Beugré pourtant dûment
convoqués .La liste de ces
informaticiens est jointe à ce présent rapport.
Cet état de fait démontre à l’évidence que ces personnes avaient non seulement des choses à se reprocher mais avaient aussi procédé à une concertation frauduleuse pour empêcher que leurs agissements soient mis à nue.
III-DE LA RESPONSABILITE DES MEMBRES DE LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE
L’enquête a mis en exergue la
responsabilité des personnes suivantes :
-Monsieur MAMBE BEUGRE, Président de la CEI
-Monsieur GOMIS Jean-Baptiste, vice Président de la CEI
-Monsieur ADOU Antoine, Directeur de Cabinet du Directeur de la CEI
-Monsieur YAPI Jacques secrétaire
Générale de la CEI
-Monsieur KOUAKOU Julien responsable du service informatique de la CEI
LE CAS DU PRESIDENT DE LA CEI, MONSIEUR BEUGRE MAMBE
Monsieur MAMBE BEUGRE, Président de la Commission Electorale
Indépendante a donné les instructions
nécessaires à ses structures
techniques aux fins de procéder à un croisement
interne à la CEI. Il
l’a fait en violation du mode opératoire relatif
au croisement qui
n’autorise nullement la CEI à pratiquer cette
opération même pour sa
propre information.
Aussi l’enquête à établi, sur le terrain, que les fichiers contenus dans les CD introduits par les techniciens de la CEI, dans les ordinateurs des commissions électorales locales comportaient la liste des 429 000 pétitionnaires que les commissaires locaux devaient valider par une simple touche, que le pétitionnaire se soit ou non présenté au contentieux.
Le Président de la CEI, ordonnateur des
dépenses de sa structure est
celui là même qui a autorisé les
décaissements financiers pour
l’exécution de la mission des 70 techniciens
allés sur le terrain pour
l’installation des CD.
Il a par ailleurs avoué, dans sa déclaration du
20 Janvier 2010 que les CD incriminés se sont
retrouvés sur le terrain.
Les instructions qu’il a données, après
que l’affaire ait éclaté, pour
demander le retrait des CD dont s’agit ne sauraient en aucun
cas lui
faire bénéficier d’une quelconque bonne
foi. En effet les CD avaient
été déjà
installés dans plusieurs commissions électorales
régionales,
départementales, communales, sous-préfectorales,
etc..
Il résulte de tout ce qui précède que
le Président de la CEI monsieur
MAMBE BEUGRE est coupable d’avoir fait inscrire ou
tenté de faire
inscrire des pétitionnaires, qui n’y avaient pas
droit, sur la liste
électorale ; d’avoir par ailleurs fait du faux et
en avoir usé.
Ces faits sont prévus et punis par les articles 41
de l’ordonnance
n°2008-133 du 14 Avril 2008 portant ajustement au Code
électoral pour
les élections de sortie de crise , l’article 21 du
décret n°2008-134 du
14 Avril 2008 fixant les modalités
d’établissement de la nouvelle liste
électorale, les articles 282, 283 et 284 du code
pénal.
LE CAS DE MONSIEUR GOMIS JEAN-BAPTISTE
Le vice-Président GOMIS Jean Baptiste a pris une part active
dans la
décision de réaliser le croisement interne de la
Commission Electorale
Indépendante . En effet, il a fait intervenir TAPE
Kipré et
DIARRASOIUBA Soumalaye respectivement responsable des sous commission
liste électorale et opération
électorale, qui dépendent directement de
lui pour convaincre la Commission Centrale de la CEI
d’accepter le
croisement interne.
Aussi le comité des experts de la CEI a été par lui instruit pour finaliser les travaux relatifs aux décisions arrêtées à la réunion du lundi 28 décembre 2009 notamment la recherche par la CEI des cas litigieux. Par ailleurs, il a présidé la réunion qui a instruit le comité d’experts de la CEI à l’effet de trouver le mode opératoire en ce qui concerne les 429.030 retrouvés par la CEI.
Le concernant, les mêmes infractions et textes ci-dessus visés s’appliquent également.
LE CAS DE MONSIEUR ADOU ANTOINE
Monsieur ADOU Antoine, Directeur de Cabinet du Président de la CEI, a convoqué par SMS le comité des experts (informaticiens) à une séance de travail avec le Président de la CEI. Dans l’ordre du jour qu’il avait indiqué dans son message, il était marqué entre autre : « recherche par la CEI des cas litigieux ». C’est également lui qui a rendu visite au comité des experts et l’a instruit que le Président de la CEI sollicitait que les 429.030 pétitionnaires retrouvés a l’issue du croisement interne de la CEI soient mis à la disposition des Commissaires dans les Commissions Electorales Locales.
Il a également participé à la
réunion de validation des décisions
arrêtées par le comité des experts.
Monsieur ADOU Antoine, Directeur de Cabinet de la CEI est le
rédacteur
de la feuille de route distribuée aux techniciens qui se
sont rendus
dans les 70 centres de coordinations. Cette feuille de route fait
état
de l’utilisation des CD incriminés.
Les infractions et textes applicables aux deux personnes visées plus haut le concernent également.
LE CAS DE MONSIEUR YAPI JACQUES,
Monsieur YAPI Jacques, secrétaire général de la Commission Electorale Indépendante, a établi des ordres de mission des 70 techniciens qui se sont rendus sur le terrain pour l’exploitation des fichiers portant sur la liste des 429.030 pétitionnaires retrouvés par la CEI. Il a coordonné toutes les activités devant y aboutir en toute connaissance de cause.
C’est lui qui a signé les ordres de
mission des informaticiens.
Le concernant, il peut lui être reproché de
s’être rendu complice des faits
reprochés aux trois premiers.
LE CAS DE MONSIEUR KOUAKOU JULIEN
Monsieur KOUAKOU Julien, responsable du service informatique de la CEI, a pris une part importante dans le croisement effectué par les informaticiens de la CEI. Il a instruit les informaticiens de travailler directement avec les présidents départementaux de la CEI. Il a notamment invité les techniciens à remettre les listes résiduelles aux commissaires des CEI locales et que ceux-ci savaient ce qu’ils devaient faire. En outre l’enquête a mis en exergue qu’après l’utilisation des listes résiduelles par les techniciens dans les ordinateurs des CEI locales, ceux-ci devaient copier les données des ordinateurs sur des CD vierges pour les remettre à KOUAKOU Julien. Il est indéniable que son rôle dans le déroulement des faits est prépondérant. En effet, l’un des informaticiens, en l’occurrence Monsieur YAYA SIDIBE, a expliqué que les CD comportant la retranscription des données des ordinateurs après la prise en compte du fichier résiduel, devaient être mis sur le fichier de la SAGEM.
Monsieur KOUAKOU Julien s’est donc aussi illustré comme complice des actes posés par le Président de la CEI et ses collaborateurs.
IV-LES CONSEQUENCES DES ACTES POSES
Les conséquences des actes posés par le Président de la CEI Monsieur MAMBE Beugré sont d’une extrême gravité. En effet, en ayant procédé à un croisement avec l’aide de sa seule structure malgré les oppositions de la Commission Centrale et du Bureau de la CEI ainsi que du Président de la République et en ayant mis le résultat de ce croisement entre les mains de techniciens qui l’ont appliqué dans la plupart des ordinateurs des Commissions Electorales Locales, il fait planer une suspicion légitime sur la fiabilité de la liste électorale. Il résulte des missions effectuées par les enquêteurs et des experts en informatique à DUEKOUE, TOULEPLEU, ABENGOUROU, DIMBOKRO que les techniciens ont effectivement introduit certains des pétitionnaires issus du croisement interne de la CEI dans les ordinateurs de ces CEI locales.
Certains techniciens ont retiré les fichiers des
ordinateurs dans
lesquels ils les avaient introduits alors que d’autres
n’en avaient pas
eu l’occasion.
Les données recueillies, lors de notre enquête,
dans les disques durs
des différents ordinateurs des CEI Locales, par les experts
en
informatique sont l’objet d’étude et les
résultats seront disponibles
très bientôt.
Seulement, il a été clairement établi
que des fichiers avaient été introduits dans
certains ordinateurs avant d’être
effacés.
En plus de la suspicion sur la fiabilité de la
liste électorale, les
agissements du Président de la CEI et de ses collaborateurs
sont de
nature à troubler l’ordre public. En effet, le
déchainement de passion
et d’émoi créé actuellement
dans la population est de nature à porter
atteinte à la cohésion sociale.
A cet égard, toutes les personnes visées sont
passibles des sanctions de l’article 169 du code
pénal.
CONCLUSION ET SUGGESTIONS
Au total, l’enquête a permis
d’établir ce qui suit :
-La CEI a procédé à un croisement, de
son propre chef, en dehors de
l’INS et de la SAGEM, opérateurs techniques, seuls
habilités par les
textes de loi et les accords paix, à faire des croisements
dans le
cadre de l’établissement des listes
électorales.
-Le Président de la Commission Electorale Indépendante, Monsieur MAMBE Beugré a pris l’initiative de cette entreprise qui a vu la participation de ses collaborateurs GOMIS Jean Baptiste (Vice-Président de la CEI), ADOU Antoine (Directeur de Cabinet du Président de la CEI), YAPI Jacques (Secrétaire Général de la CEI) et KOUAKOU Julien (responsable du service informatihque de la CEI) ainsi que des 70 informaticiens.
-L’entreprise déjouée avait
pour but de rajouter à la liste
électorale définitive certains
pétitionnaires se trouvant sur la liste
à fond gris concernant les 1.033.000, donc devant se
présenter au
contentieux le cas échéant. En effet, Monsieur
YAYA SIDIBE,
informaticien de la CEI ayant pris une part active dans la confection
des logiciels et la formation des techniciens allés en
mission sur le
terrain et plusieurs commissaires locaux ont expliqué que
les fichiers
comportant la liste des 429030 pétitionnaires
retrouvés par la CEI sur
le résiduel de SAGEM devait être
validée par une simple touche sur les
ordinateurs des CEI locales pour les faire basculer sur la liste
électorale définitive.
Par la suite, les techniciens devaient copier les données
des
ordinateurs des CEI locales sur des CD et les rapporter au responsable
du
service informatique de la CEI à charge pour lui de les
ajouter aux logiciels de la SAGEM.
-le mécanisme de l’entreprise
incriminée a commencé par la saisine par
le Président de la Commission Electorale
Indépendante, Monsieur MAMBE
Beugré, du Bureau de la CEI pour lui soumettre son projet de
procéder à
un croisement. Il s’est poursuivi, courant
décembre 2009 par l’exposé
du projet par le vice-président GOMIS Jean Baptiste et des
experts
informaticiens devant la Commission Centrale de la CEI, à
l’initiative
de Monsieur MAMBE Beugré. Par la suite, les techniciens de
la CEI au
nombre de 70 avec 70 CD ont été mis en mission,
du 05 au 14 janvier
2010, pour l’inscription des fichiers comportant les 429.030
pétitionnaires retrouvés par la CEI sur le
résiduel de la SAGEM, dans
les ordinateurs des CEI locales, ceci en marge de leur mission
officielle de formation des Commissaires Départementaux.
Il ressort des déclarations constantes des superviseurs Régionaux qu’ils n’ont pas été associés à l’exécution de la mission des techniciens de la CEI. Mieux, il a été recommandé à ces derniers de ne pas rentrer en contact avec eux. C’est ainsi que même lorsque certains d’entre eux ont été informés, a postériori de la présence des techniciens dans leur zone de compétence et qu’ils ont marqué leur opposition à la poursuite de la mission des techniciens, leurs préoccupations n’ont pas été prises en compte. En effet, les techniciens avaient reçu instruction de travailler directement avec les Présidents Départementaux.
Il convient de faire remarquer que le logiciel et les CD
comportant
la liste des 429.030 pétitionnaires retrouvés par
la CEI sur le
résiduel de la SAGEM permettait à toute personne
possédant un code
d’entrée aux ordinateurs des CEI locales de
procéder à l’inscription
des personnes concernées, par une simple touche, sur la
liste
électorale. La plupart des commissaires locaux ont
attesté que les
techniciens de la CEI se sont soit enfermés seuls pour
travailler avec
le CD portant la liste résiduelle, soit l’ont fait
avec les seuls
Présidents des CEI départementales.
Il y a donc lieu de déclarer que certains
pétitionnaires figurant sur
la liste suscitée ont été inscrits
directement sur la liste électorale
définitive comme ce fut le cas dans certaines
localités telles que
ABENGOUROU et TENGRELA.
Il convient donc de faire procéder à une
expertise des listes à compter
de la date de la mission des techniciens de la CEI sur le terrain et en
tenant compte des CD incriminés pour extirper ces
pétitionnaires
litigieux de la liste électorale en cours.
Tel est le rapport établi par le Parquet
relativement aux fraudes sur la liste électorale.
Le Porte-Parole du Parquet d’Abidjan-Plateau
Pour
LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE
DIAKITE MAMADOU
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