Le colonel
N’Golé Mongomin, directeur
général du Fonds de prévoyance
militaire (Fpm), est accusé par la haute
hiérarchie militaire de détournement de la somme
de 120 millions de Fcfa destinée au payement des soins des
militaires blessés de guerre. Sitôt
arrivé de France où il était en
vacances, il a été arrêté
chez lui, dans la matinée du vendredi 11 juin, par les
enquêteurs du Groupe de recherche de la gendarmerie
nationale. Lesquels ont agi sur instruction du commissaire du
gouvernement, le Lt/colonel Ange Kessi Kouamé Bernard. Qui,
lui-même, a été
préalablement saisi de la plainte du Chef
d’état-major des armées (Cema), le
général de division Philippe Mangou. De quoi
s’agit-il ?
Selon le chef du parquet militaire, le colonel Ange Kessi, qui nous a
reçu samedi à sa résidence, les sommes
supposées détournées, proviennent
d’un don d’une enveloppe globale de 220 millions de
Fcfa du Chef de l’Etat, le Président Laurent
Gbagbo en faveur des militaires blessés de guerre.
Par le biais du directeur des services de santé des
armées, le général de brigade
Guéi, la garde et la gestion de cet argent ont
été confiées par le Cema au Dg du Fpm
depuis 2003.
Le général Philippe Mangou, ayant
constaté que la prise en charge médicale des
bénéficiaires du don ne s’est pas faite
comme convenu, a invité le colonel
N’Golé à lui faire le point de sa
gestion. En dépit de toutes les relances à lui
faites, le Dg du Fpm serait resté sourd aux injonctions de
la hiérarchie militaire. Résistance qui,
évidemment, va attiser les soupçons de
détournement à son encontre.
A cela va s’ajouter la situation des militaires mis
à la retraite en décembre dernier. Ceux-ci
n’ont pu avoir leurs primes que par l’action
conjuguée du Cema et du ministre de la Défense.
C’en était trop pour le patron des
armées, le général Philippe Mangou qui
va, non seulement saisir le parquet militaire pour que la
lumière soit faite sur l’utilisation du don du
Chef de l’Etat, mais encore ordonner un audit administratif
sur la gestion du Fpm.
Parallèlement à l’audit qui a abouti au
relèvement de leurs fonctions du Dg et du Pca du Fpm qui ont
été remplacés par des
intérimaires, le parquet militaire, saisi de
l’affaire des 120 millions de Fcfa, poursuivait
allègrement son enquête.
«Nos recherches confirment qu’il y a eu bel et bien
détournement. Nous étions sur le point de
l’arrêter lorsqu’il s’est rendu
en France. Il est rentré sans même savoir
qu’il a été démis de ses
fonctions. Pour le moment, nous ne sommes qu’au stade des
accusations. Il revient au mis en cause de justifier
l’utilisation qu’il a faite des 120 millions de
Fcfa». L’ex-président du conseil
d’administration du Fpm, le général de
brigade aérienne Kissi Koabénan Amani Raymond,
serait lui aussi dans le collimateur du parquet militaire. Etant
entendu que l’audit effectué aurait
révélé un trou de plus de quatre
milliards de Fcfa.
En attendant, le colonel N’Golé Mongomin,
placé en détention à la Maison
d’arrêt militaire d’Abidjan,
comparaîtra ce matin devant le juge d’instruction
militaire en charge du dossier.
Landry Kohon
Auteur de cet article: Landry Kohon