Comme à
l’accoutumée, le porte-parole du gouvernement, le
ministre Bruno Koné, était face aux journalistes,
hier, lors d’un point-presse à la Salle
Mosaïques du Palais présidentiel, au Plateau. Selon
lui, le conseil des ministres qui s’est
déroulé bien avant, pendant environ deux heures
et demie, n’a pas évoqué la plainte de
l’ancien chef d’Etat Laurent Gbagbo, contre le
président français et son armée.
Cependant, le porte-parole s’est autorisé une
réaction « à
titre personnel» sur le sujet. « Cela dit,
mon commentaire est que l’objet de la plainte,
lui-même, pose problème. Parce qu’une
plainte pour tentative d’assassinat… alors que
chacun a pu observer, qu’au contraire, tout a
été mis en œuvre pour éviter
qu’il y ait un assassinat. Tout a été
mis en œuvre pour protéger
l’intégrité physique du
président de la République »,
a-t-il argumenté. Mais, bien plus, Bruno Koné se
veut rassurant quant aux autres dispositions sécuritaires en
vigueur. « Jusqu’à maintenant,
poursuivra-t-il, tout est mis en œuvre par l’Etat
pour que quoi ce soit ne lui arrive. Donc ça (la plainte)
pose problème. Dans tous les cas, c’est une
plainte devant la justice française, il reviendra aux juges
français de donner une réponse à cette
plainte ». L’autre commentaire
qu’a fait le porte-parole est un rappel des circonstances
dans lesquelles a survenu la crise post-électorale. Pour
Bruno Koné, l’histoire ne se
réécrit. Car, « nous avons
tous été acteurs de tout ce qui s’est
passé en Côte d’Ivoire. Une
élection s’est
déroulée ; une élection qui a
pris cinq ans pour avoir lieu. Parce que les Ivoiriens
eux-mêmes ont voulu prendre toutes les
précautions, pour éviter justement que ces
élections ne soient aussi calamiteuses que celles de
2000 ». Ainsi, poursuit M. Koné,
« vous avez été
témoins de toutes les réunions qui ont eu lieu
entre les parties. Ce sont les Ivoiriens eux-mêmes qui ont
fait appel à l’ONU, pour superviser le processus
électoral et arbitrer les résultats en
cas de problème. Il se trouve que ces élections
se sont tenues. Il se trouve que l’Onu a fait son
travail». Qui a été de
« confirmer » les
résultats qui ont été
donnés par la Commission électorale
indépendante. Au demeurant, le porte-parole du gouvernement
regrette que l’une des parties ait contesté de
façon pacifique, puis violemment, le verdict de la Cei.
D’ailleurs, le conseil a évoqué une
mission de l’Onu, à Abidjan en juin, qui a
rencontré un certain nombre de personnalités
politiques, le gouvernement et la population. La mission a
donné un avis sur les raisons qui ont amené les
violences en Côte d’Ivoire. Et Bruno
Koné de citer la conclusion des Onusiens :
«… seuls l’ex-président
Gbagbo, chef suprême des Armées et le
général Philippe Mangou ont reconnu leurs
responsabilités personnelles dans les douloureux
évènements en raison, soutiennent-ils, des
fonctions respectives qu’ils occupaient à cette
période ».