Alassane
Ouattara veut saisir la cour Pénale internationale pour se
‘’faire justice’’. En affirmant
cela, Alassane Ouattara vise les forces de défense et de
sécurité. Sinon, la bataille sur le terrain
politique se passe entre Alassane Ouattara, Henri Konan
Bédié, Francis Wodié, Gueu Droh,
Laurent Gbagbo, Jacqueline Oble, Djibo Martine… La
‘’menace’’ de saisir la cour
pénale internationale n’est pas
‘’chose nouvelle’’ chez
Alassane Ouattara qui, depuis 2004, tient coûte que
coûte à mettre au pas les Forces de
défense et de sécurité de
‘’son’’ pays. A
l’analyse, si Alassane Ouattara veut saisir la cour
pénale internationale pour juger ceux qui ont commis des
tueries, des crimes, c’est que Alassane Ouattara
lui-même, n’a pas l’intention de changer
sa façon de faire la politique ou sa façon de
voir Henri Konan Bédié, Francis Wodié,
Laurent Gbagbo, Gueu Droh ou Jacqueline Oble. Mais la façon
de voir les autres chez Alassane accompagnée de
soupçons pour ordonner chaque fois ses militants
à prendre la rue, sans autorisation de l’Etat,
peut aussi en matière de droit intéresser la cour
pénale internationale. En politique, il est difficile de
trouver un équilibre et l’homme politique qui est
Alassane Ouattara doit avoir le sang froid et résister
à toutes tentatives de mort, d’assassinat, parfois
d’enlèvement, ou d’emprisonnement.
Voilà les risques du métier de la politique.
Alassane Ouattara doit cesser d’expliquer tous ses ennuis du
‘’métier politique’’
par la fatalité d’une violence militaire ou par la
responsabilité collective de l’Etat de
Côte d’Ivoire. Autrement dit, si Alassane Ouattara
saisit la cour pénale internationale pour «
tueries et massacres » en Côte d’Ivoire,
il suscitera d’autres vœux de revanche, dans chaque
ethnie, ou famille ivoirienne. Qui a tué le
Général Robert Guéï ? Comment
Balla Kéïta secrétaire
général de l’Udpci est-il mort ? qui a
tué Boka Menet, l’ancien président de
la cour suprême ivoirienne ? Qui a ordonné de
mater le peuple Guebié à Gagnoa ? Combien de
personnes sont-elles mortes dans le Sanwi (Aboisso) pour avoir
manifesté ? Mêmes, si certains ivoiriens ont les
réponses à ces questions, les points
d’interrogation restent aujourd’hui dans la
dynamique du symbole du ‘’métier
politique’’. Alassane Ouattara doit garder son
sang-froid. La politique n’est pas faite pour les
excités. En Côte d’Ivoire, il y a des
hommes de courage et de paix politique. Le professeur Francis
Wodié a été en février 1992
interpelé, pour délit d’association
avec les marcheurs ou manifestants politiques. Laurent Gbagbo opposant
politique à l’époque, a
été jeté en prison et y a
passé 6 mois. Sans oublier, Mathieu Ekra, Bernard
Dadié qui ont lutté pour
l’indépendance de la Côte
d’Ivoire… puis jetés en prison
à Grand-Bassam. Malgré tout, ils ont
refusé toutes violences politiques et
déclaré la ‘’paix
politique’’ avec leurs adversaires
‘’colons français’’.
C’est la seule manière d’enlever au
« métier de la politique » son
caractère de vengeance ou de revanche. Alassane Ouattara
doit apprendre une seule leçon : la tolérance et
savoir qu’il est lui-même objet d’un
mandat d’arrêt international, lancé, il
y a quelques années par l’Etat de Côte
d’Ivoire. Le mandat a-t-il été
annulé ? Faut-il rappeler cela à la cour
pénale internationale ? C’est pour cela,
à mon avis que la déclaration de Alassane
Ouattara est mal venue, pour dire que l’ancien Premier
ministre de Félix Houphouët-Boigny n’est
pas un homme véritablement politique. Je conseillerai
à Alassane Ouattara un seul comportement : respecter les
lois de la Côte d’Ivoire. Ses lois et apporter un
soutien inconditionnel à toues les institutions
républicaines de son pays. C’est aussi vrai,
qu’en Côte d’Ivoire, personne ne respecte
les lois. Les hommes politiques ne savent pas faire de la politique et
sont, nuls en débat d’idées. Je connais
bien Alassane Ouattara, spécialiste monétaire,
grand banquier africain. Mais, en politique cela ne suffit pas.
C’est pourquoi, je ne comprends pas souvent Alassane Ouattara
qui manifeste toujours une volonté
d’être différent des autres. Il se
recroqueville sur les privilèges, sur son brillant passage
au Fonds monétaire international. Alassane Ouattara
n’a-t-il pas compris qu’avoir des amis à
la cour pénale internationale, c’est
bon… mais avoir le sang-froid en politique est encore mieux.
Par Ben Ismaël