http://www.parti-ecologique-ivoirien.org
P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Accusé d`avoir
organisé la fuite d`une “criminelle”
vers l`Italie/| |
Jeudi 02 octobre 2008 - par Le nouveau Reveil |
A
ccusé de faux et usage de faux et d`avoir
organisé la fuite de dame
Soumah Aïtta en Italie, le procureur militaire, Ange Kessy a
reçu hier
une équipe de "Le Nouveau Réveil" à
son bureau sis au 17ème étage de la
Tour A de la cité administrative du Plateau en vue de faire
toute la
lumière sur cette rocambolesque affaire. Dans l`interview
que le
procureur militaire nous a accordée, l`homme de droit a fait
remarquer
que tout ce qu`on lui reprochait était du faux. Interview
M. le procureur militaire, votre nom est mêlé
à une affaire
rocambolesque qui défraie actuellement la chronique. Il vous
est
reproché d`avoir soustrait une dame répondant au
nom de Soumah Aïtta
d`une procédure criminelle en cours et d`avoir
facilité sa fuite vers
l`Italie.
Je ne sais pas d`où vient cette information et peu importe,
vous êtes
couvert par la loi au niveau de votre source d`information. Mais j`ai
su déjà en évoquant cette affaire de
qui il s`agit. Un matin, j`ai été
appelé par mon adjoint le juge d`instruction. Dans la
structure du
tribunal militaire, il n`y a pas d`adjoint. Après le
Commissaire du
gouvernement, le magistrat le plus gradé fait office de
cela. Et ici,
le magistrat le plus gradé, c`est le juge d`instruction du
1er cabinet
qui s`appelle le lieutenant colonel Assoua. Il m`appelle pendant que je
suis en mission pour me dire "Commissaire, il faut rentrer c`est urgent
". Il a tenté à 3 reprises de me joindre et c`est
mon garde du corps
avec qui j`étais en mission qui m`a dit : " Commissaire, le
lieutenant
colonel Assoua essaie de vous joindre ". Il ne m`appelle jamais, c`est
très rare, quand il y a des affaires, c`est lui qui les
règle en mon
absence. Mais s`il m`appelle c`est que c`est grave. Il m`informe alors
que le général Affro menace d`arrêter
le commissaire Ouattara Stevens.
Je demande ce qui se passe. Il m`explique que c`est une affaire
où une
dame a été victime d`escroquerie de la part du
commissaire. J`ai
demandé un certain nombre de documents à notre
ami qui me dit que ce
genre de situation ne date pas de maintenant, les actes d`escroquerie
et d`abus de confiance commis par ce type-là sont
légion. Et chaque
fois, je collectionne les plaintes en disant, je vais les garder et
après on verra. Cet " après on verra " est une
faute de ma part. Ce
n`était pas pour le couvrir mais lui donner une seconde
chance de ne
plus faire cela. Et cela faisait la 4ème plainte que je
venais
d`enregistrer. Il y avait des plaintes de ses amis commissaires et bien
d`autres aussi dont la plainte n`est pas arrivée ici. Mais
je me
rappelle très bien d`un sous officier qui est au
commissariat du port
et qui devrait comparaître devant le tribunal. Il a
appelé pour dire
que le commissaire voulait tel montant. C`est après que le
sous-officier est venu me rapporter cela quand il a
été condamné. Il
m`a dit " monsieur le commissaire, je vous ai donné 400.000
francs et
je suis condamné ". Je lui ai rétorqué
: à moi ? Il dit non, je les ai
remis au commissaire Stevens. Donc parole d`un sous-officier et d`un
magistrat, j`ai laissé tomber. Le fait même qu`il
soit un commissaire,
on ne va pas le confronter avec un sous-officier. Je lui ai dit que je
n`ai rien pris avec lui, c`est pour cela que tu es en prison.
Peut-être
qu`il y a certains cas. Surtout quand ils ne sont pas
condamnés, ils
pensent que c`est parce qu`il m`a donné de l`argent qu`il
n`est pas
condamné. Ça, j`ai appris qu`il y a de pots de
vin qui sont versés et
ça n`a pas marché. Si cela avait
marché, je ne le saurais jamais. Donc
pour revenir à cette affaire, je lui ai dit, " Ouattara,
cela fait la
énième fois que ce cas se produit. Le
général Affro vient juste de
passer chez moi. Il t`appelle pour que tu rembourses l`argent d`une de
ses connaissances que tu as escroquée. Tu l`insultes en
disant toi-même
tu as ton dossier ici, si tu fais je vais t`arrêter. Il est
poli ce
monsieur il aurait dû envoyer des gens ici pour
t`arrêter s`il le peut.
Et il le peut parce qu`avant tout il est militaire. Il
t`arrête et
après on envoie un message pour t`affecter. Cela dit,
rembourse
l`argent de la dame ". Il me dit qu`il n`a rien à lui
rembourser. Chose
que j`ai apprise, il s`apprêtait à la faire
arrêter. Imaginez-vous un
tribunal militaire en train de juger une telle affaire. Je lui ai dit "
mon général laisse tomber, c`est la
énième fois mais comme vous-même
vous êtes intervenu et il vous a agressé, je vais
régler cela ". J`ai
appelé la dame en question. Et je lui ai demandé
s`il l`avait
escroquée. Elle a répondu oui. Je lui ai
demandé par la suite si elle
avait déposé une plainte. Elle a fini par me
raconter. Je lui ai dit
qu`ici ce n`est pas comme au commissariat ou vous arrivez, on vous
écoute et on prend note. Non ! Allez-y écrire
votre plainte, et
déposez-la chez moi. Donc sur-le-champ, elle a
écrit. C`est ce qui
explique que les deux personnes, la dame en question et un autre
monsieur, lui, il ne savait pas écrire et lire. Lui, il
escroque tout
le monde, que tu sois chauffeur de Gbagbo ou vendeur de portable, il
peut t`escroquer. Et donc le monsieur en question, un certain Diallo,
qui ne savait pas lire du tout, c`est la dame qui a écrit sa
plainte.
J`ai demandé à la dame, c`est pour un visa qu`il
vous a escroquée ?
Elle m`a dit oui. J`ai voulu aller en Europe pour aller me former,
d`ailleurs j`ai voulu venir travailler ici, je me suis dit qu`il
fallait que je sois formée. Et je lui ai dit que si vous
voulez être
formée, c`est à une école que vous
devez écrire pour vous envoyer les
papiers et vous envoyer dans le consul pour qu`ils vous octroient le
visa. Ce n`est pas ici dans un tribunal qu`on donne le visa. Elle dit
non c`est en dehors du tribunal. Comment j`ai dit à la femme
de porter
plainte. En fait comme c`est un escroc et les escrocs ont toujours des
manœuvres. La dame est allée porter plainte et il
est passé derrière le
lieutenant de police pour le menacer c`est un commissaire et en plus il
est juge. Et c`est pour cela que la dame est venue ici. Parce qu`il lui
a dit tu iras te plaindre là-bas ça ne va pas
aboutir.
Qu`est-ce que vous avez demandé à cette dame ?
J`ai demandé à cette dame d`aller dans une
ambassade. Je lui ai indiqué
la voie à suivre. Quand elle a suivi la voie que je lui ai
indiquée, il
semble qu`elle a écrit à une école,
qui lui a envoyé les papiers, et
elle est partie. Mais avant, elle m`a dit qu`il lui faut le billet
d`avion, qu`il faudrait qu`il la rembourse. Je lui ai dit madame, si
vous avez eu votre visa, allez-y, ne vous inquiétez pas,
laissez
tomber, ce n`est pas grave, laissez ça à Dieu.
C`est ce que je lui ai
dit. En lui disant " laissez pour vous à Dieu ", c`est pour
le sauver.
C`est vrai qu`en ma qualité de chef, je peux lui taper
dessus. Ça c`est
la première réaction d`un chef. Un magistrat qui
est escroc, c`est très
grave. Et comme je vous ai montré les papiers, 4 ou 5
plaintes c`est
encore plus grave. Je voulais lui donner encore une chance en lui
disant que c`est une affaire entre nous. Et le
général, je lui ai dit
pardon, je vais lui montrer la voie à suivre et elle va
partir. Sinon
je ne connaissais pas la fille en question sauf le jour où
j`ai été
informé de ce qu`on menace un magistrat.
Je voudrais revenir sur les allégations qui sont
portées contre vous.
On vous reproche d`avoir facilité sa "fuite" vers l`Europe.
Ce que nous
voulons savoir, est-ce qu`il n`y avait pas une procédure
criminelle qui
était engagée contre cette dame ?
Merci de me poser la question. C`est un peu ce qu`on appelle un
détournement de procédure. Vous Saint Clair, je
vous braque ou je vous
vole, vous allez vous plaindre, c`est moi Ange Kessi, qui vous ai
braqué qui se retourne pour dire que c`est vous Saint Clair
qui m`avez
volé. Comment appelez-vous cela ? Vous allez vous casser la
tête. C`est
ce que ce monsieur a fait et c`est la technique de tous les escrocs. Je
vous dis que c`est la dame qui se plaint contre le monsieur. Il n`y a
aucune procédure contre cette dame. C`est plutôt
elle qui a initié une
procédure contre lui. C`est ce que le chef d`état
major qui est mon
aîné et mon supérieur m`a dit " Tu as
mal fait de couvrir ce monsieur ".
Cette affaire est assez étrange. Ce matin, vous avez
donné des
documents ou des copies que le substitut du procureur militaire a
adressés au chef d`état major et au
ministère de la Défense pour les
informer qu`une procédure était en cours contre
la dame en question
J`en viens, il y a une plainte qu`il a envoyée au chef
d`état major
pour lui dire qu`il y a une procédure contre cette dame.
C`est lorsque
la dame a commencé par le harceler qu`il est allé
se plaindre. Et se
plaindre de quoi, harcèlement sexuel.
Dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux,…
Donc il a porté plainte contre la dame pour faux et usage de
faux.
Elle se cache sous une double identité. Tantôt
elle s`appelle Aïtta
Soumah… dites-nous sous quelle identité elle
s`est présentée au
tribunal.
Je pense que dans la plainte qu`elle a envoyée, c`est
Aïtta Soumah qui figure sur la photocopie de sa carte
d`identité.
Et le nom Pohan Olga Marie Chantal?
Vous pouvez demander au général Affro, c`est sa
cousine. C`est une
invention, elle ne s`appelle pas Pohan. C`est Aïtta Soumah.
Elle ne
s`est jamais appelée de cette façon. Le jour
où j`ai reçu sa plainte,
c`est Aïtta Soumah qui figurait sur ses papiers.
Comment cette dame en question est-elle partie en Italie et quand.
Comment l`avez-vous rencontrée ?
Je l`ai rencontrée le jour où l`affaire a
éclaté avec le général
Affro.
Quand on m`a tenu informé, je l`ai appelée et
elle m`a expliqué comment
l`affaire s`est passée. Et je lui ai demandé si
c`est pour un visa que
mon collègue l`a escroquée, si elle ne sait pas
où on fait les visas.
Je lui ai indiqué une ambassade, un consul. Et c`est
là-bas qu`elle est
partie se faire établir son visa.
Il vous est reproché de l`avoir fait passer pour une avocate
et d`avoir
fait des démarches insistantes auprès de
l`ambassade pour dire qu`elle
partait en mission avec vous en tant qu`avocate et que vous seriez
partis en Italie ensemble le 20 septembre.
D`abord, je n`ai jamais été à
l`Italie. Et quand l`affaire éclatait, je
n`étais même pas ici. J`étais en
mission. C`est quand je suis arrivé
que j`ai appelé cette dame pour lui dire : vous voulez
arrêter mon
magistrat. Qu`est-ce qui se passe ? Je vous ai dit que nul ne peut se
prévaloir de sa propre turpitude. Vous voulez avoir un visa,
vous ne
savez pas où aller ? J`aurais pu attendre pour dire que de
toutes les
façons c`est un escroc. On n`emprisonne pas les
escroqués mais les
escrocs. J`aurais pu envoyer ce magistrat au Conseil
d`enquête. J`ai
laissé tomber. Je sais que ce monsieur a beaucoup de
dossiers mais ce
n`est pas grave. Je l`ai aidé à suivre la voie
qu`il fallait. C`est
tout ce que j`ai fait.
Mon commissaire, est-ce qu`il y a une fois eu confrontation entre
Aïtta et votre substitut ?
Entre Aïtta et mon substitut ?
Oui
Dès lors que l`affaire a éclaté, le
monsieur est parti en congés. Je ne
l`ai plus revu jusqu`à ce que cette dame-là
parte. C`est lorsque la
dame est partie que je l`ai appelé pour lui demander ce qui
se passe.
J`ai tous les documents ici. J`ai même des CD ici qui disent
que même
si elle vient me voir, elle ne peut rien faire parce que
lui-là doit me
remplacer. Il a dit mon commissaire, c`est faux, cette dame est
dangereuse. Il voulait me montrer un message où la femme lui
dit je
t`aime, etc. Mais il ne l`a plus retrouvé. Quand j`interroge
la femme
elle me dit que ce monsieur l`appelait chaque fois pour lui faire des
avances, des trucs comme ça. Je me demandais mais qui
harcelait qui
entre vous deux. C`est pour cela que le matin j`ai appelé
les deux
parents qui venaient se plaindre avec la dame.
Les deux parents de qui ?
Les deux parents de la dame qui est partie. Je les ai eus ce matin. Ils
étaient là pour s`expliquer. Ils ont dit que
c`est le monsieur-là qui
les embête, qu`il n`a jamais été
question de harcèlement. Aucune
procédure à ma connaissance n`est contre cette
dame-là. C`est lorsque
le monsieur-là s`est rendu compte que la dame le
connaît qu`il a couru
dans un commissariat pour menacer d`abord ceux qui étaient
là-bas qui
avaient enregistré la plainte du lieutenant Kanga pour leur
dire ne
faites pas parce qu`on tout rapporté. Mais aucune
procédure n`a suivi
contre la dame. Si une procédure était suivie
contre cette dame,
pourquoi elle défilait ici à chaque fois ? Il n`y
a pas un seul jour où
elle ne venait pas pour prendre le résultat de
l`enquête. Elle n`a
jamais été en fuite jusqu`à ce qu`elle
parte. Ce sont ses parents qui
ont dit qu`elle est partie. Je dis si elle est partie, c`est
l`essentiel. Je pense quand même qu`elle cherchait un visa.
On lui a
indiqué le lieu où on fait le visa, elle est
partie verser l`argent.
J`aurais pu dire, non, ne verse pas l`argent. Ce
monsieur-là, si je ne
l`avais pas autorisé, il aurait malgré tout
demandé à ce qu`on
rembourse toujours son argent.
M. le procureur, je comprends. Mais ce qui m`étonne dans ce
que vous
dites, c`est que vous avez un collaborateur, un escroc notoire, que
vous semblez couvrir et qui surgit dans le milieu de la justice.
J`attendais des preuves et en matière de preuve, c`est sur
la plainte.
Parce qu`à chaque fois comme je vous ai montré un
certain nombre de
choses… Ces papiers que je vous ai donnés,
avaient des écrits verso non
? Il y avait des écrits derrière. Il est
également cité dans les
affaires d`escroquerie aux concours. Actuellement, il y a un
commissaire de police qui est incarcéré
à la prison de Bassam. Dans
cette procédure, deux (2) sous-officiers et un lieutenant de
police
(c`était une femme, je pense qu`en ce moment-là,
c`était sorti dans un
journal) étaient en prison. Ils l`ont cité comme
ayant pris l`argent.
Evidemment votre question est bien venue. J`ai eu tort de le couvrir
peut-être. Mais je ne l`ai pas couvert. J`attendais que les
preuves me
soient remises. Effectivement, c`est ce que mes chefs m`ont
reproché.
Pourquoi vous avez un escroc qui sévit et vous ne faites
rien. Le
problème c`est qu`il n`avait pas reconnu les faits. Il n`a
jamais
reconnu. Vous pensez qu`une dame que lui qualifie de sans emploi va
mentir sur un sous-officier à plus forte raison sur un
commissaire et
surtout un magistrat militaire ? On ne peut pas mentir sur un policier
à plus forte raison dire qu`il vous a escroqué 4
millions. C`est vrai
que c`est la parole d`un magistrat militaire mais il ne faut pas croire
à ça. S`il n`avait pas pris son argent, cette
pauvre dame ne serait pas
venue dire qu`il avait pris son argent. En ce moment-là, il
n`était
encore pas là parce qu`il était allé
en vacance. J`avais constitué le
dossier pour qu`il le signe à son arrivée. Et
c`est quand il est arrivé
que je lui ai présenté le dossier que j`ai contre
lui. Il a commencé à
s`exciter. Il est sorti de mon bureau et au moment où je le
revois, je
le revois avec un article.
Et c`est ce monsieur que vous semblez couvrir qui inonde toute la
République avec un document qui vous accable
profondément et
sérieusement ?
Ce monsieur est un magistrat militaire. Et comme je le dis, il y a des
choses qui se règlent en famille. Le linge sale se lave en
famille.
Qu`est-ce que vous comptez faire ? C`est un cas de pourriture dans le
milieu ?
Je ne vous cache rien. Ce matin, quand j`ai rencontré le
chef d`état
major, le directeur général de la police ainsi
que le général Affro qui
étaient au courant, c`est lui qui a eu à
m`informer de cette
escroquerie, m`a dit qu`il ne pouvait pas me couvrir. J`ai dit mon
général, ce n`est pas une faute de commandement,
je ne l`ai pas
couvert. C`est vrai que je n`aurais pas dû passer par
là mais face à
ces plaintes, j`attendais le moment venu pour le faire. Puisque si je
l`avais couvert, je vais cacher certains faits. Mais comme vous le
voyez, je n`ai rien caché. Même le CD est
là. D`ailleurs au moment où
cette énième plainte arrivait, il
était en congé judiciaire. C`est pour
cela qu`il n`y a pas eu de confrontation. Parce que quand la femme
était là, il n`était pas
là. Il dit que la femme est recherchée mais
c`est faux. Cette femme-là, pendant un mois, se promenait
ici. Donc
pour répondre à votre question, cette dame ne
fait l`objet d`aucune
poursuite judiciaire, aucun juge n`a lancé un mandat
d`arrêt contre
elle, aucune police, sauf s`il est allé corrompre parce que
les escrocs
sont capables de tout. Il peut aller voir ses amis pour initier une
procédure contre elle. Mais cette femme n`a jamais
été entendue dans
une procédure. Au contraire, c`est elle qui est victime et
qui est
allée saisir le commissariat du…
Alors comment du coup, c`est plutôt la personne plaignante
qui se
retrouve victime ? On appelle ça détournement de
procédure, ça c`est
grave.
En plus des faits d`escroquerie, vient s`ajouter le
détournement de procédure ?
Absolument.
Le tribunal décide quoi ?
Ce que nous allons faire, dès ce matin, nous allons engager
une
procédure contre ce monsieur. Et avec l`accord du DGPL, il
sera reversé
pour que la section générale de police ait des
mains libres pour le
poursuivre. Voilà la décision qu`on a prise.
De façon très concrète, mon
commissaire, nous on comprend mais dans l`imaginaire populaire, comment
vous pouvez dire cela ?
Lorsque le message est signé dès demain matin, il
n`est plus au tribunal militaire, désormais, il n`est plus
magistrat ici.
C`est une radiation ?
Ce n`est pas une radiation. Au tribunal militaire, c`est une
affectation. On affecte les gens pour venir travailler ici. On le
ramène à la police, il n`est plus magistrat. Il
est comme un simple
commissaire de police comme on en a mis en prison partout. S`il
était
magistrat militaire, les enquêteurs auraient eu du mal
puisque les
magistrats militaires commandent les enquêteurs.
Maintenant qu’on l’a reversé
à la police c’est comme un commissaire
simple. L’inspection générale peut en
toute liberté l’entendre sur ses
faits. Vous avez dit que je le couvre mais je ne le couvre pas.
J’attendais pour voir la décision qu’il
fallait, la décision qu’il faut
prendre à tête reposée. C’est
vrai que c’est un truand. Mais n’oubliez
pas que c’est un magistrat militaire, donc il y a des
décisions… même
pour prendre attache avec vous et accepter de vous parler,
j’ai
beaucoup réfléchi. Pour que ces faits
d’escroquerie puissent conduire
ce monsieur en prison, il faut d’abord que je
l’accepte au tribunal.
C’est quand le DG m’a dit qu’il est
d’une moralité douteuse que je me
suis rendu compte qu’il s’agissait d’un
faux type, que les gens l’ont
envoyé à l’école de la
magistrature. Il fallait donc le reverser. C’est
une responsabilité qu’il fallait prendre. Et le
mettre à la disposition
des enquêteurs sui certainement vont
l’arrêter et le déférer.
C’est une
décision lourde. Faut-il le faire ? Ça,
j’attends un peu. Maintenant
qu’avec l’accord de la hiérarchie, quand
le chef d’Etat major et le
général Affro ont appris l’histoire.
Parce que c’est la fille du
général Affro qui était en train
d’être salie. C’est sa fille adoptive
qu’on appelle grande criminelle, faussaire, il ne peut pas
accepter
cela. Il est venu à l’état major dans
le cadre des décisions qu’on doit
prendre pour Daoukro, il était là. En venant, on
a dit au DGPL de nous
suivre. Le CEMA a dit : CB, venez ici, comme lui-même a
déjà subi, ce
salissement des gens-là, il m’a
écouté. Il a dit mais tiens ! ce
monsieur m’a écrit. Voilà ce
qu’il m’a écrit. Dès que le
général Affro
est arrivé, il a fait mon palabre. Il dit il faut le
libérer. Nous
sommes en train de le virer parce que le seul fait qu’ils
sont escrocs
et qu’ils sont encore là, c’est grave,
on ne regarde même pas le reste.
La fille est partie ou pas… C’est parce
qu’il est escroc que la fille
est arrivée ici pour que cela arrive. Il a dit il faut le
vider de la
salle.
Donc le commissaire du gouvernement Ange Kessy n’a rien
à avoir, il ne
se reproche rien et reste serein par rapport à toute cette
affaire ?
Je n’ai rien à avoir dans cette affaire. Le jour
qu’on m’a appelé pour
me dire que le général Affro a menacé
d’arrêter mon substitut, parce
qu’il est impliqué dans une affaire
d’escroquerie où sa fille a porté
plainte, c’est ce jour-là que j’ai connu
cette fille-là. Et je me suis
engagé de régler ce problème pour
éviter que mon substitut aille en
prison. Et le me suis dit : comme celui qui se noie veut enfoncer le
sauveur, alors je me retire. Je voulais le sauver en demandant
à la
fille de laisser tomber les 2 millions à mon
général de ne plus
poursuivre mon ami, je vais régler ça. Il veut se
retourner contre moi,
donc moi aussi je le lâche. Je ne me reproche rien du tout.
Un général
a été outragé par l’un de
mes magistrats et comme ce dernier a été
menacé d’être jeté en prison
que je suis intervenu personnellement.
C’est tout.
M. le procureur militaire, est-ce que le comportement que vous avez eu
avec le supposé Ouattara Stevens est-il le même
que vous avez avec les
autres collaborateurs qui travaillent avec vous ?
Si je vous ai dit d’attendre un peu, c’est parce
que je voulais
m’entretenir avec mon adjoint. Voilà une affaire
qui aurait dû être
réglé en famille. Nous avons entrepris la lutte
contre la délinquance.
Nous avons entrepris de nettoyer l’écurie, de
faire en sorte que les
militaires soient bien. Préserver
l’éthique. On ne doit pas salir le
tribunal de cette façon. Ouattara c’est pour vous
sauver que j’ai fait
ça. Toi-même tu sais qu’on a failli
t’arrêter ici, tu insultes un
général. Je ne paye plus rien à ta
fille. Le général Affro c’est un
commando. Il a dit que c’est parce que Ange Kessy est un
homme bien
sinon il allait envoyer des gens t’arrêter tout de
suite. Je veux te
sauver, c’est ce que tu me fais. Commissaire pardon. Tu
aurais pu venir
me voir pour me dire ça. Tu ne le fais pas et on te voit un
coup écrire
dans les journaux. Ça, c’est d’abord une
violation de consigne. Un
outrage à un supérieur. Sans compter la
diffamation. Il dit que ta
fille l’a diffamé. Quand dans un dossier
(c’est pour cela que je ne
veux pas poursuivre les journalistes qui ne font que leur travail) vous
vous plaignez pour diffamation, ça veut dire quoi.
Ça veut dire qu’on
dit, par exemple, que vous êtes voleur. Vous devez attendre
que les
gens qui doivent statuer sur votre statut de voleur
c’est-à-dire des
gens de la justice, le fassent et vous déclarent non voleur.
Mais selon
vous, vous portez plainte contre une dame. La procédure
n’a même pas
encore abouti, vous dites qu’elle vous diffame. Et puis
comble de
ridicule, elle vous harcèle. Mais si quelqu’un
vous harcèle et que vous
apprenez qu’il est parti, vous devez être content.
Interview
réalisée par
Patrice Yao
Akwaba Saint Clair
Reproduction interdite du site