Le
parti Ecologique Ivoirien
Un
pays qui sort d’une guerre : doit aussi se souvenir que la
mort
fratricide a frappe les
familles des deux cotés
1
octobre, 2007
Editorial Par Charles Kouassi
Un
plaidoyer pour regarder devant et innover L Intelligent d Abidjan
- Publie a 4:08 pm

Un
pays qui sort d’une guerre doit aussi se souvenir que la mort
fratricide a
frappe les familles des deux cotés et que s’ il ne
faut pas oublier, il faut
arriver à se pardonner. Un pays qui sort d’une
guerre fratricide doit se souvenir
de tous les morts, et non plus de l’horreur qui les a fait
naître.
La paix est en marche… Elle demande de regarder
l’avenir et de ne plus se
retourner sur un passé odieux. Regarder derrière
quand on marche, ne peut
qu’emmener à trébucher…
Regarder devant permet d’éviter les
embûches.
Le peuple entier du Nord au Sud aspire à la paix
car c’est lui qui a le plus
souffert. Loin des bureaux feutrés des chancelleries, des
appartements, des villas
luxueuses des leaders de tous bords, ils ont vu leurs familles
éclatées,
dispersées, quitter leur vie quotidienne pour une vie de
galère et de combat pour
du pain. Ils ont compté les morts et pleuré avec
des mères au Nord comme au Sud…
Et il est du devoir de chacun qu’on les aide à
faire le deuil dans chaque maison.
Mais ils veulent se retrouver comme ils veulent retrouver leur maisons,
leurs vie
d’avant et oublier… Rappelez vous, il y a eu un
temps ou toutes ethnies confondues
vivaient en bon voisinage… Rappelez vous comme la
Cote d’ivoire est belle !
Mais que sera cette vie, cet avenir qui s’ouvre,
si les leaders de partis de tous
bords ne pensent qu’à régler leur
conflit interne ou personnel et ne s’attellent
pas encore à régler les causes du conflit qui a
bouleversé le pays ? Quel avenir
pour ces jeunes qui n’ont eu que des armes comme livres
d’école et à qui n’on a
fait croire que c’était cela la vraie
école de la vie ? A ceux qui ont eu que le
chômage et l’ennui comme compagnon depuis 5 ans ?
Quel espoir pour cette mère
quand l’école de ses enfants est fermée
et qu’il ne leur reste que la rue comme
occupation parce que les maîtres ont perdu le goût
d’enseigner mais pas celui de
demander ? Et quand l’hôpital ne veut
même plus soulager la fièvre du plus petit
car trop occupé à revendiquer ? Quand les
barrages ne sont que des prétextes au
racket et que les serviteurs de l’Etat ne font plus que se
servir ? Pas un jour
sans qu’un scandale sorte dans la presse, et que la
corruption s’y étale. Avec
quelle indécence les
millions détournés par tous les bords
s’affichent et se dévoilent alors que les
prix flambent.
Le peuple se moque bien de savoir qui a eu raison et qui a
eu tort, qui a menti,
qui a tué, qui a volé… Il est en droit
de penser et demain de croire que cela sera
à la justice de son pays de se prononcer dessus, pas aux
acteurs… Car le mal est
fait … Il faut maintenant le soigner et régler
une fois pour toute ces terribles
maladies qui gangrènent sa vie !
Qu’il y ait à la
tête d’un gouvernement les deux
belligérants qui hier menaient
le combat est déjà un signe. Que le
Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, en tant
qu’hommes puissent se parler, travailler ensemble,
s’asseoir à la même table et
regarder dans la même direction est
déjà un espoir fabuleux et ne peut que porter
au respect. Qu’ils le fassent en oubliant leur grief
personnel pour se tourner
résolument vers la sortie de cette crise est un exemple,
mais hélas pas une fin
en soi… Qu’ils affichent malgré les
doutes émis par leurs entourages leur volonté
de reconstruire le pays, qu’ils se parlent enfin,
c’est déjà bien, mais pas
encore assez… Il faut reconstruire, proposer, innover, faire
et rendre justice,
mettre la même volonté mise hier à
défendre les idées par les armes, dans des
projets, des propositions, des actes. Et occupés
à cette tache de réunification,
ce n’est pas à eux deux à le faire,
mais bien à ceux qui défendent chacun
d’entre
eux.
Si identifier les personnes est déjà
un devoir de gouvernants pour un pas vers des
élections, identifier les problèmes de
l’après élection est un devoir de tous
les
leaders. Proposer des vraies solutions et non plus des
règlements de compte, des
justifications …
Le peuple attend de la classe politique de
l’exemple, des idées et des actes et
c’est seulement sur le choix enfin offert d’un vrai
programme que les élections
pourront être validées comme étant
” justes et sans tricherie ” pas à le
ramenant
à des disputes de salon. La plus grande tricherie sera de
laisser croire que la
politique ne s’intéresse pas à leurs
problèmes de fond, et leaders politiques
comme leaders d’opinion en porteront la
responsabilité.
Il y a eu du courage chez nos gouvernants du Nord comme du
Sud à aller vers
l’Accord de Ouaga, car la paix est un chemin plus dur que
celui de la guerre. Dire
que cette guerre devait cesser est une formidable leçon
d’humilité car, c’était
déclarer devant le monde qu’elle n’avait
plus de raison d’être.
La paix est en marche, mais il faut 9 mois pour faire un
enfant et si peu pour
détruire son avenir ! S’il suffit d’une
balle pour arrêter une vie et tuer, il
faut une vie entière pour faire un homme… de
même qu’il suffit de quelques coups
de marteau pour casser une maison, là où il faut
des semaines pour la construire.
Il a fallu 5 ans pour détruire ce pays, il faudra
combien d’années pour le rendre
comme il était, si ceux qui doivent demain le
rebâtir perdent déjà du temps !!!
Source
: lintelligentdabidjan.org
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