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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant

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dimanche 23 mars 2008 - Par Le Repère |
Portefaix, balagnini
(manœuvre), donitas
(porteur ambulant), wôtrotigui (conducteur de charrette
à bras), et
aujourd'hui, " AGALO " : (expression en langue Dida pour saluer le
lever du jour). Ne dit-on pas que le bonheur appartient à
celui qui se
lève tôt?
A la recherche de leur pitance quotidienne, des enfants, avec des
brouettes, se lancent à l'assaut des maisons, des
marchés, des gares à
la recherche d'ordures ou de bagages à transporter,
moyennant quelques
piécettes pour subsister. Ces enfants sont pour la plupart
des élèves
ou des écoliers que les parents exposent aux caprices de la
cupidité
sociale.
Ne payant aucune taxe communale, ils exercent sous le couvert de leurs
parents. Exploitation éhontée ou travail des
enfants? Personne ne s'en
offusque. Ils déambulent sur les trottoirs, narguent
passants et
automobilistes, s'exposant ainsi aux dangers de la circulation urbaine.
De la genèse du phénomène "Agalo"
M. N' guessan Lobognon, concepteur et initiateur de ce concept explique:
"Ce fut en 2001 que nous avons constitué un groupe de jeunes
du
quartier Bada que nous avons dénommé Agalo
Association. Qui a initié
l'opération coup de balai qui s'est mué en
opération ville propre sous
la houlette de feu JO Billon (ex-adjoint au maire), pour lutter contre
l'insalubrité. Ensuite, l'idée nous est venue de
créer Agate Service
qui avait travaillé en partenariat avec la mairie. Nous
disposions à
l'époque de cent cinquante (150) brouettes que nous mettions
en
location. Malheureusement, nous avions dû abandonner pour des
problèmes
de financement de ce projet qui avait pour objectif majeur de
créer des
emplois pour les jeunes déscolarisés. C'est cette
idée qui a été
récupérée et qui malheureusement
connaît l'exploitation que l'on en
fait aujourd'hui" regrettera-il.
Effectivement, avec l'avènement de la crise
économique et de la
paupérisation généralisée,
il fallait avoir l'esprit imaginatif. Cette
réalité socio-économique va pousser la
population à la recherche de
revenus substantiels. Aussi des individus ou des associations vont-ils
acheter des brouettes et les mettre en location à des
mineurs,
moyennant cent cinquante ou deux cents (150 Fr. ou 200 Fr.) la
journée.
Considéré au départ comme un "job" de
vacances, ce phénomène devient
une véritable "industrie", génératrice
de revenus pour certaines
familles où la vie est assez pénible.
Puisqu'elles n'ont aucune source
de revenus pour subsister dans ce monde impitoyable où la
vie en
communauté a fait place à
l'égoïsme des plus nantis. La cupidité
qui
semble la chose la mieux partagée, de nos jours, expose ces
milliers
d'enfants à des risques aux conséquences
incalculables.
Une activité informelle qui forge l'âme de futurs
délinquants
Cette activité tous azimuts, échappe aux caprices
des impôts et autres
taxes municipales. Cette concurrence déloyale va provoquer
la colère
des conducteurs de charrettes à bras communément
appelés (wôtrotigui)
qui vont déposer une plainte à la mairie de la
ville pour décrier cet
état de fait. Ce qu'ils considèrent comme une
injustice au niveau du
prélèvement des taxes journalières
imposées aux portefaix ne
rencontrera pas l'assentiment des promoteurs de Agalo. Ils vont donc
essuyer la colère des enfants qui prétendent
exercer chez eux. Informé,
le Maire Kodé Dadié Célestin va y
dépêcher les gardes municipaux qui
seront à leur tour pris à partie par des enfants
décidés à protéger
leur source de revenu. Source d'éternels conflits
dédiés à la petite
enfance, "Agalo" ressemble étrangement à une
forme déguisée d'esclavage
ou une exploitation éhontée des enfants.
Subissant une pire forme de
travaux indignes des enfants, ces enfants doivent vaille que vaille
ramener de l'argent, tous les soirs, à leurs parents pour la
"popote"
du lendemain. Ces pères de familles qui passent leur temps
dans les
cabarets sont pris entièrement en charge par leurs enfants
et petits
enfants qui parfois sacrifient des heures de cours, voire abandonnent
l'école pour s'adonner à cette pénible
corvée. L'on forge ainsi dans
une indifférence coupable une race de jeunes
délinquants. Il n'est pas
rare, en effert, de voir ces enfants, les nuits dans les
vidéos clubs
en train de s'exciter et s'extasier devant des films d'horreurs,
érotiques ou parfois pornographiques, pour aller dormir
ensuite sur des
tables de fortune dans les gares ou les marchés pour
être au services
des premiers commerçants matinaux.
Dans nos investigations, nous avons rencontré des enfants en
pleine
nuit qui rodaient autour de ces lieux de dépravation. A nos
questions,
le petit J-C. Kodé à peine huit (O8) ans
répond: "Je suis élève en
classe de CE2 Au groupe scolaire plateau. Je fais "Agalo" depuis deux
ans, et l'argent que je gagne, je donne aussi à ma
mère et je prends
aussi pour mes besoins personnels. Comme il n'y a pas de
télévision à
la maison, je viens regarder un film vidéo ou jouer au
baby-foot. Il
m'arrive de dormir chez mes amis ou au marché avec eux.
Comme cela,
nous pouvons tôt le matin ramasser les bagages des femmes qui
font "
lôgôdougou ", (entendez marché
hebdomadaire) ".
Et ils sont nombreux ces enfants qui échappent à
l'éducation de leurs
parents parce que complices actifs, mais ignorant des
conséquences de
ce que font réellement leurs enfants avec le revenu de leurs
activités
lucratives à travers "Agalo"
le risque des maladies endémiques
En dehors de quelques bagages que transportent ces enfants, ils se sont
spécialisés dans le ramassage des ordures
ménagères. En effet, la
mairie ne disposant pas de véhicules de pré
collecte, et de ramassage
des ordures ménagères, cette tâche est
désormais dévolue aux enfants
qui assurent quotidiennement cette tâche à haut
risque. Pour des
miettes, ces enfants sont obligés de transporter sur des
kilomètres des
tas d'immondices. Parfois, à quelques mètres de
certains domiciles, on
constate que des enfants y ont nuitamment déposé
des tas d'ordures. Et,
d'autres que vous interpellez moyennant quelques piécettes,
viennent
vous lever ces ordures infestes et pestilentielles exposant ainsi ces
innocents, à toutes sortes de maladies endémiques
et contagieuses.
Ne demandez pas la réaction des autorités
municipales. Elles vous
lanceront à la figure: "Chacun doit s'occuper de la
propreté de son
milieu !". Mais les endroits d'enfouissement de ces ordures ne sont pas
une priorité pour la municipalité. Ainsi, Divo
ploie sous le poids des
ordures. Partout, des poubelles à ciel ouvert où
se disputent les
restes de détritus et d'animaux morts, souris, rats, et
chiens errants.
Ce sont ces endroits infestes et infectés que
fréquentent de jour comme
de nuit des enfants transformés en
société de ramassage des ordures
ménagères dans la ville de Divo.
Vivement, que les services sociaux de la ville et même les
autorités
politiques et administratives songent à mettre fin
à cette nouvelle
forme d'exploitation éhontée de nos enfants dans
le sud-bandama.
NGUESSAN DENIS
Correspondant régional pour le sud-bandama
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