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P.E.I
Ensemble par l'Ecologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
Selon Rfi : Laurent?Gbagbo
est
un
prisonnier encombrant

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mercredi 24 août 2011 - Par Notre Voie |

L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo,
a
été formellement inculpé ce jeudi 18
août et placé en détention
préventive pour «crimes
économiques», ainsi que son épouse. La
justice ivoirienne met ainsi fin à un vide juridique autour
du cas Gbagbo, assigné à résidence au
nord du pays depuis le mois d’avril sans être
inculpé. Parallèlement, la Cour pénale
internationale se penche sur les «crimes de sang»
commis pendant la crise post-électorale et dont seraient
responsables Laurent Gbagbo mais aussi le camp Ouattara.
Depuis son arrestation il y a quatre mois, l’ancien
président ivoirien Laurent Gbagbo était toujours
placé en résidence surveillée
à Korhogo, au nord du pays, sans avoir
été formellement inculpé. Les rares
visiteurs admis à s’entretenir avec
l’ex-chef d’Etat l’ont
rencontré à l’ancienne demeure du
président Houphouët-Boigny où il est
officiellement détenu avec son médecin personnel.
Par crainte d’un assaut, ils seraient
régulièrement changés de lieu et
«emprisonné» dans une maison
secrète de la périphérie de la ville,
transformée en prison de fortune.
Sans surprise, ces conditions de détention sont
dénoncées avec véhémence
par les soutiens de Gbagbo. Ses avocats parlent de « torture
» et évoquent un «otage
maltraité». Après une visite
à l’ancien président début
août, l’Onuci (la mission des Nations unies en
Côte d’Ivoire) a fait part de « quelques
préoccupations » sur ses conditions de
détention notamment sur le fait qu’il soit
privé de la visite de ses avocats. Détention
« arbitraire », estimait le camp Gbagbo, mais
« nécessaire » pour le pouvoir en place
qui a mis fin, ce jeudi 18 août, à ce vide
juridique.
Comme l’a déclaré le porte-parole du
gouvernement ivoirien, Bruno Koné, au micro de RFI, mardi 16
août, «pour les crimes de sang, les inculpations se
feront devant la Cour pénale internationale (CPI) et pour
les crimes économiques ou atteintes à la
sureté de l’Etat, le tribunal ivoirien va
s’en charger. Les deux justices sont
activées».
En tout, une dizaine d’avocats prépare la
défense de Laurent Gbagbo. Parmi eux, son ami
l’ancien Premier ministre togolais, Me Joseph Kokou Koffigoh,
qui a pu lui rendre visite vendredi 8 juillet 2011. «On
l’accuse de crime de sang, de crime économique et
atteinte à la sureté de l’Etat. Nous
sommes dans un monde ubuesque. Ce n’est pas le camp Ouattara
qui peut reprocher ça». Une accusation que balaie
Bruno Koné : «le président Ouattara est
très ferme dans sa détermination à
sanctionner toute les personnes qui auront été
formellement accusées de crimes contre les droits
humanitaires. Si les enquêtes nous dirigent vers des
personnes même proches du camp Ouattara, elles seront
sanctionnées».
Une «justice de vainqueur» ?
En ce mois d’août 2011, l’ONG Human
Rights Watch (HRW) a pointé les exactions commises par les
Forces républicaines, la nouvelle armée
formée par Ouattara qui compte dans ses plus hauts rangs des
anciens chefs de guerre au passé lourd.
Comme l’ex-chef de guerre nordiste Martin Fofié
Kouakou qui commande la zone de Korhogo, où est
détenu Laurent Gbagbo. Depuis 2006, Kouakou est en effet
sous sanction de l’ONU pour exécutions
extrajudiciaires. De son côté, l’ONU a
relevé «26 cas d’exécutions
extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires» dont celle
d’un enfant de 17 mois et «85 cas
d‘arrestations arbitraires et de détentions
illégales». Témoins et victimes
accusent là encore les Forces républicaines.
Une sorte d’impunité à
l’égard des criminels de guerre du camp Ouattara ?
Pour Reed Brody, conseiller juridique et porte-parole de HRW, la
réalité ressemble à une forme de
«justice de vainqueur ». Il explique :
«97 personnes du camp Gbagbo ont été
inculpées par les procureurs militaire et civil ivoiriens
mais aucun membre du camp Ouattara. Cela met la pression sur la CPI qui
doit s’assurer que les auteurs de crimes graves du camp
Ouattara soient aussi poursuivis».
Dans les faits, l’étau judiciaire se resserre sur
l’entourage de l’ancien chef d’Etat. Son
fils, Michel Gbagbo, et plus d’une trentaine
d’autres personnalités pro-Gbagbo ont
été inculpés d’atteinte
à la sûreté de l’Etat par la
justice civile et militaire ivoirienne au cours du mois
d’août. Et les consultants et soutiens de Gbagbo
s’en irritent. « La côte
d’Ivoire d’aujourd’hui, c’est
la France de 1943. Ils sont sous occupation »,
lâche Bernard Houdin, conseiller spécial de
l’ancien président. Pour ce Français de
Côte d’Ivoire et soutien inconditionnel,
« la libération du président Gbagbo est
la seule chose qui puisse apaiser le pays car il aura une parole
apaisante et unificatrice».
Les pro-Gbagbo préparent leur contre-attaque
A la demande d’Alassane Ouattara, le procureur de la
CPI, Luis Moreno-Ocampo, a demandé le 23 juin dernier aux
juges de la CPI l’autorisation d’ouvrir une
enquête. Il a dépêché une
mission pour poursuivre les investigations et constater sur place les
crimes de guerre et les crimes contre l’humanité
commis depuis le 28 novembre 2010. Près de 500 victimes
présumées ont répondu à son
appel à témoignages.
Le travail de la CPI se poursuit et Ocampo doit annoncer au plus tard
début septembre s’il inculpe Laurent Gbagbo et
d’autres personnalités de son camp pour
«crimes de sang». Mais selon nos sources, il
n’est également pas exclu que soit
inculpé l’ex-leader des rebelles du nord
désormais Premier ministre de Ouattara, Guillaume Soro. Une
perspective à laquelle se prépare le camp
Ouattara, divisé sur le sujet. Mais certains
s’arrangeraient de voir Soro devant la CPI et de se
«débarrasser» ainsi de
l’encombrant chef de guerre.
Les conseillers de Laurent Gbagbo peaufinent leur contre-attaque. Ils
se préparent à accompagner Laurent Gbagbo devant
le CPI, une cour dont ils remettent déjà en cause
la légitimité. «Le procureur est
mandaté par la communauté internationale et il
est aussi un homme politique. Le vœu de la
communauté internationale est de juger Gbagbo et de
stabiliser Ouattara», prévient un familier du
dossier pro-Gbagbo qui ajoute : «pour Ouattara, se
débarrasser de Gbagbo avec la CPI a beaucoup
d’avantage. La légitimité
internationale de la CPI renforce la légitimité
du régime de Ouattara».
Un procès risqué
pour le pouvoir
Mais c’est un pari à haut risque pour le camp
Ouattara dont certains caciques pourraient se retrouver sur le banc des
accusés de la CPI. « Nous connaissons les risques
et nous sommes bien conscients que l’enquête de la
CPI ne s’arrêtera pas au camp Gbagbo. Le
président Ouattara a sollicité la CPI en
connaissance de cause et il est prêt à assumer les
enquêtes sur son propre camp. C’est un choix
courageux et remarquable », explique l’un des
avocats français d’Alassane Ouattara, Jean-Pierre
Mignard qui précise, allusif : «Je ne suis pas un
idéaliste, la Côte d’Ivoire sort du
chaos et je sais bien que dans le camp Ouattara…
». Pour ce ténor du barreau, « nous
pouvons reprocher à Laurent Gbagbo l’ensemble des
exactions et crimes de masse perpétrés pendant la
crise post-électorale. Ce n’est pas à
la Côte d’Ivoire ni aux avocats de dire
s’il est coupable mais pour nous, même
s’il n’y a pas de faits directs, il a
joué un rôle d’organisateur, de chef de
la dissidence anti-constitutionnelle».
Pour les avocats de Gbagbo, la stratégie consiste
déjà à faire de cet
éventuel procès celui de Ouattara et de son
Premier ministre Guillaume Soro notamment. Pour l’avocat
français Emmanuel Altit, en charge de la défense
de Gbagbo devant la CPI, la ligne est claire :
«S’il y a un procès, nous
réfuterons les accusations et nous donnerons une autre
version des évènements avec des faits et des
preuves à l’appui. Mais c’est bien
entendu une démarche très risquée pour
nos adversaires…».
Dans l’hypothèse peu probable qu’il soit
libéré, que ferait Laurent Gbagbo ? «Il
reprendra la politique», tranche Bernard Houdin. Ce que
déconseille Me Koffigoh : «Gbagbo est un homme du
terroir. Il reviendrait vivre à Abidjan. En tant
qu’ami, je lui conseillerai de ne plus s’occuper de
politique. Mais il faut que son parti puisse exister et
s’exprimer». Devant la CPI ou devant les tribunaux
ivoiriens, l’ancien président n’a pas
fini de déranger le camp Ouattara.
Source : RFI du 19 août 11

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