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Edmond Edouard N'GOUAN
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Le Parti Ecologique Ivoirien
Cote d’Ivoire /
L’association Sherpa entame une action en justice
au nom des victimes
de la
tragédie du Probo Koala

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vendredi
15 août 2008 - Par APA |
ABIDJAN — L’association Sherpa,
constituée de juristes spécialisés en
responsabilité sociale et
environnementale des entreprises, entame une action en justice au nom
des victimes de la tragédie du Probo Koala.
Le 19 août 2006, en provenance de Hollande et
chargé de déchets
hautement toxiques issus d’un « raffinage sauvage
», un pétrolier, le
Probo Koala, accoste au port d’Abidjan.
Sa cargaison nécessite, selon les normes internationales en
vigueur,
une dépollution onéreuse dont
l’affréteur - TRAFIGURA - fera
l’économie
: il mandatera une compagnie locale - TOMMY - qualifiée de
« société
écran » par les autorités ivoiriennes,
pour l’en débarrasser à un tarif
20 fois inférieur au prix du marché.
Créée trois mois auparavant et sans aucune
expérience dans le
retraitement des déchets toxiques, TOMMY épandra
en une dizaine de
zones habitées, la moitié des 554m3 du chargement
du Probo Koala :
pétrole, sulfure d’hydrogène,
phénols et soude caustique.
Les conséquences seront désastreuses : 16 morts,
75 hospitalisations et plus de 100 000 victimes.
Un protocole d’accord conclu entre les autorités
politiques et la
société TRAFIGURA bloque de fait toute action en
justice en Cote
d’Ivoire. « La question de
l’indépendance de la justice garante
d’une
société démocratique reste
posée. », selon Me William Bourdon, avocat
et président de l’association Sherpa qui observe
par ailleurs que «
cette catastrophe est emblématique en ce que le triptyque
corruption,
santé publique et environnement est flagrant.
Sur place, à l’occasion d’une seconde
mission de terrain en Octobre
2007, Sherpa a pu constater que deux ans après les faits, la
justice
est au point mort et que la majorité des victimes attend
toujours
réparation.
Après plus d’un an d’enquête,
les services du procureur d’Amsterdam ont
conclus à la violation par TRAFIGURA de la
législation sur le contrôle
des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux. La
justice
hollandaise est saisie.
« Cette procédure hollandaise se doit
d’être saluée. Malheureusement la
qualification retenue ne donnera pas voix aux victimes. De plus, la
question centrale de la corruption ne sera pas
évoquée. » regrette
Joseph Breham, de l’association Sherpa.
Les familles demandent réparation.
Aujourd’hui, trois victimes françaises
assistées par Sherpa portent
plainte devant le doyen des juges d’instruction de Paris avec
constitution de partie civile du chef de corruption, homicide
involontaire et détérioration de biens ayant
entraîné la mort, cette
dernière infraction étant criminelle. La
gravité des faits, la
nationalité française de certaines victimes et
des deux principaux
dirigeants de TRAFIGURA impliquent la désignation
d’un juge
d’instruction français dans les plus brefs
délais. Les très nombreuses
victimes qui n’ont pas été
indemnisées ont vocation à s’associer
au
procès.
SOURCE : Association
Sherpa
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