Le parti Ecologique Ivoirien



Sénégal: Ousmane Sow, 'nous n'allons pas intégrer de groupe parlementaire'


Wal Fadjri (Dakar)

F. K. Sène et A.R. Mbengue

Ousmane Sow HuchardSeul député vert dans la nouvelle législature boudée par l'opposition significative, Ousmane Sow Huchard ne compte pas passer inaperçu à la place Soweto. Le porte-parole et secrétaire national en charge de l'administration du Rassemblement des écologistes (Res, Les Verts) s'explique sur le rôle qu'il entend jouer à l'Hémicycle.

Un député vert à l'Assemblée nationale, c'est une première. Quel sens allez-vous donner à votre mandat ?

Nous allons apporter notre touche écologique. Si nous prenons pour référence la dernière législature, tous les observateurs ont remarqué que les parlementaires n'avaient pas été à l'initiative de beaucoup de propositions de loi, pour ne pas dire aucune, à l'exception de celle de feu Ezzan. Sinon, toutes les lois votées à l'Assemblée nationale l'ont été à l'initiative de l'Exécutif. C'est toujours le président Wade qui initie les projets. L'Assemblée, c'est comme une chambre d'enregistrement ou d'applaudissements, car tout ce que dit 'Gorgui' est bon à voter. Nous ne serons pas de ceux-là. Nous dirons en quoi une loi est bonne ou mauvaise du point de vue écologique.

Quelles seront vos priorités en tant que député vert ?

Il y en a beaucoup. La grande priorité, c'est auditer de manière profonde le Code de l'environnement voté en 2001. C'est ce qui va constituer notre canevas. C'est cela qui va nous permettre de voir si le cadre de vie général, l'écosystème global au Sénégal, est respecté. Je prends un exemple qui nous tient beaucoup à coeur : la loi antitabac. Le Sénégal s'était doté en 1981 d'une des meilleures lois antitabac. En 1985, les firmes de cigarettes ont tout fait pour qu'elle soit abrogée. Nous allons demander son rétablissement intégral. Nous ne voulons plus voir une seule affiche faisant la promotion de la cigarette ou des firmes de tabac sponsoriser des manifestations culturelles ou sportives.

Nous ne leur permettrons plus de faire ce qu'elles ne peuvent plus faire dans leurs pays d'origine. Nous allons les pourchasser. Nous réclamerons qu'on multiplie par dix le prix de la cigarette et que des taxes soient prélevées pour équiper les départements de cancérologie des hôpitaux. Sur le plan de l'énergie, nous allons proposer une proposition de loi pour permettre à chaque citoyen de se doter de matériel solaire nécessaire pour produire l'énergie dont il a besoin, indépendamment de la Senelec et de vendre son surplus d'électricité.

Votre présence à l'Assemblée nationale ne sera-t-elle pas plus symbolique ?

Cela ne sera pas facile. Bien sûr, le Pds s'est tapé 131 députés. Ce sont les Sénégalais qui ont choisi de n'envoyer qu'un seul député écolo à l'Assemblée, ils auraient pu en envoyer dix. Pour l'instant, nous nous contenterons de ce seul député. Mais ils vont nous entendre, et nous avons les moyens de nous faire entendre.

Comptez-vous intégrer un groupe parlementaire ?

Nous n'allons pas intégrer de groupe parlementaire. Vous ne nous avez jamais vu dans une coalition politique. Nous n'avons pas attendu qu'un parti nous prenne par la main pour nous amener à l'Assemblée nationale. Nous sommes entrés à l'Assemblée tout seul, nous savons que nous ne faisons pas la même politique que les autres. Nous sommes un parti de propositions.

L'opposition dite significative conteste la légitimité de l'Assemblée nationale...

Nous sommes allés aux élections parce que nous ne faisons pas de coalition. Chacun est libre d'aller aux élections ou pas. Chaque parti est libre de participer. Ceux qui ont boycotté ont leurs raisons, mais ce sont les mêmes qui ont élu Abdoulaye Wade et qui ont été ses ministres. Ils ont été plusieurs fois reçus par le président de la République. Abdoulaye Wade ne m'a jamais reçu. Ce sont eux qui vont voir Wade et sortent pour faire des déclarations. Nous sommes restés là où nous étions. On n'a jamais été invité à des négociations. C'est pourquoi, nous ne pouvions pas les suivre dans leur mouvement de boycott. Il faut être sérieux.

La faible participation des électeurs ne vous dérange-t-elle pas ?

La faible participation des électeurs est une réalité. De ma vie de citoyen, je n'ai jamais vu une si faible affluence pour les élections. Tous ceux qui sont sortis le jour du vote, ont pu le constater. La lecture que j'en fais, c'est que les Sénégalais se sont toujours dit qu'ils avaient déjà élu Abdoulaye Wade. Car les Sénégalais pensent que le président de la République peut régler tous les problèmes de ce pays et donc les députés ne sont pas utiles. Tout problème qu'il y a eu dans ce pays, n'a trouvé solution qu'après audience avec Wade. Les citoyens pensent donc que c'est lui qui règle tous les problèmes de ce pays. Avez-vous vu une seule fois un député se préoccuper de la situation des travailleurs en grève ?

Dans leur esprit, les citoyens sont convaincus que l'élection d'Abdoulaye Wade suffisait et qu'avec cela, on n'a plus besoin d'élire une Assemblée. La faible participation n'est pas une conséquence de l'appel au boycott d'une partie de l'opposition. Cela n'entame en rien la légitimité de l'Assemblée nationale. Nos 17 mille maigres voix nous permettent d'entrer à l'Assemblée. Pour nous, nous avons progressé. En 2001, nous avions 10 526 voix, nous étions 11e sur une liste de coalition de 25 partis et coalitions. En 2002, nos listes ont gagné deux mairies et 57 conseillers municipaux, en 2007 nous avons un député, les Verts sont en train de progresser. Il y a les élections locales devant nous et qui constituent le véritable défi pour les écologistes.

Que dites-vous à Ali Aïdar qui revendique l'authenticité du parti écologique ?

Ousmane Sow Huchard : Nous sommes des écologistes en politique, on ne fait pas de l'activisme. Ali Aïdar fait plus dans l'activisme que de l'écologie politique. C'est un environnementaliste, encore que ses études en environnement gagneraient à être étoffées. Le parti, c'est moi le fondateur depuis l'Assemblée générale constitutive à laquelle Ali Aïdar n'a même pas participé. Les journalistes qui nous tapaient dessus, qui ont mis à Aïdar un grand manteau, ont vu 'Le Res, Les Verts' battre campagne, mais, est-ce qu'ils ont vu ce zozo à côté de nous ?

Source : allafrica.com


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