Le
parti Ecologique Ivoirien
Mal gouvernance/FPI, PDCI, RDR, MFA, UDPCI,
PIT, UDCY La 2e
République est morte, vive la 3e !
19
septembre, 2007
Depuis au
moins cinq ans, les conditions de vie des populations
ivoiriennes se sont dégradées. Du fait de la
crise, certes, mais aussi
et, surtout, par la faute de l’incurie de la classe politique
nationale. Etat (préoccupant) des lieux.
C’est un truisme que de demander aux Ivoiriens de prendre
leur
destin en main. Le prix des denrées de première
nécessité connait une
hausseexponentielle ; les grèves succèdent aux
grèves, paralysant tantôt
l’école, tantôt le secteur du transport,
tantôt les structures de santé
publiques, etc . ; d’août à octobre
2006, les déchets toxiques ont tué
de nombreux Ivoiriens et intoxiqués de nombreux autres,
régulièrement,
la Fesci trouble l’ordre social avec à la
clé, le casse des biens des
particuliers ; la liste n’est certes pas exhaustive, mais
elle traduit
éloquemment la vie de la nation ivoirienne ces cinq
dernières années.
Dans le fonctionnement d’une démocratie, le parti
au pouvoir a la
responsabilité des heurs et malheurs, des fortunes et
infortunes qui
jalonnent la vie socio-politique d’un pays. Or, la
Côte d’Ivoire va mal
depuis au moins cinq sinon sept ans, (si on remonte au coup
d’Etat de
décembre 1999). Après la transition
militaro-civile de triste mémoire,
qui dura 10 longs mois, le FPI a pris le pouvoir d’Etat, en
2000 (26
octobre). Deux ans plus tard (19 septembre 2002), le régime
est
attaqué. Très vite, le putsch tourne à
la rébellion. De fait, ayant
échoué à prendre Abidjan,
siège du pouvoir, les ex-rebelles se sont
repliés au Nord, divisant de facto, le pays en deux : le
Nord contrôlé
par l’ex-rébellion, le Sud mis sous coupe
réglée par le pouvoir FPI.
Dès lors, on assistera, jusqu’à
l’amorce du Dialogue direct qui a
abouti à l’Accord politique de Ouagadougou (Apo),
à une logique de
sécession. Cette logique sera enrayée par
l’Apo qui a replacé le FPI au
centre du pouvoir d’Etat. Ce parti ne s’est-il pas
offert tous les
ministères de souveraineté au terme du
‘’partage‘’ issu de la
formation
de nouveau gouvernement ? Avec dans leur
‘’gibecière‘’ la
primature,
les Forces nouvelles co-gèrent désormais le
pouvoir d’Etat avec le FPI.
L’opposition ayant été
réduite à un rang de ‘’
commensal‘’. On est donc
dans un schéma qui devrait autoriser tous les espoirs
puisque les
ex-belligérants semblent avoir fait la paix. Mais,
curieusement, tout
va à vau-l’eau. Sont-ce les effets pervers de la
crise ? L’inflation a
pris l’ascenseur, la paupérisation gagne du
terrain, l’insécurité est
prégnante, l’impunité est devenue la
règle, le tout sur fond de
gabegie, de concussion et de pillage des ressources du pays, tant au
sud qu’ au nord. Le constat est clair. Le pouvoir ne
maîtrise plus
rien. Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ?
Comment le FPI a-t-il
pu se laisser surprendre par tout ou presque ? De l’attaque
du 19
septembre 2002 aux déchets toxiques qui ont tué
des Ivoiriens et pollué
la ville d’Abidjan en passant par les sempiternelles
grèves qui ont
porté un sérieux coup à
l’économie déjà
sinistrée, le pouvoir FPI n’a
manifestement rien vu venir. Il est dépassé. Et
ce n’est rien de le
dire. A la vérité, c’est toute la
2ème République qui agonise. Comment
s’en étonner, au reste ? Sa naissance ne
portait-elle pas en germes sa
mort ? Et qui ne se souvient des circonstances de la mort du
géniteur
de la 2ème République, le
général Robert Guéi,
trucidé aux premières
heures de l’ex-rébellion ? La guerre peut-elle
tout justifier ? Et les
assassinats des opposants et les exactions des soldats loyalistes et le
racket, le honteux racket des FDS et le vol organisé de
l’Etat et
l’intimidation de la presse proche de l’opposition
et l’inconduite,
l’inqualifiable dérive criminelle de la Fesci , ce
pseudo-syndicat et
l’impunité, ce fléau incurable qui a
gangrené la société et…
Non, la
guerre ne peut justifier tous ces travers qui minent la Côte
d’Ivoire.
Finalement, on en est à se poser cette grave question :
« y a-t-il un
capitaine dans le bateau ivoire ? Ce bateau ivre qui tangue au
gré du
vent et que malmènent les intempéries. Mais, ce
serait trop facile de
pointer la seule responsabilité du parti au pouvoir dans ce
qui
apparaît comme un naufrage… national.
L’opposition y a, c’est une
évidence, sa part. A-t-elle joué son
rôle de contre-pouvoir ?
S’est-elle, une seule fois donnée, les moyens de
s’opposer au pouvoir
omnipotent et arrogant du FPI ? A-t-elle, une seule fois,
joué son rôle
de veille ? Et pourtant, elle se devait de défendre les
libertés tant
individuelles que collectives. Si le pouvoir est le garant des
libertés, l’opposition en est le
défenseur quasi-naturel. C’est
pourquoi, on ne dénoncera jamais assez le mutisme de
l’opposition
devant les manœuvres liberticides et parfois libertaires
(Fesci) du
pouvoir FPI. Ainsi donc, à la faillite du FPI en tant que
parti au
pouvoir répond, presqu’en écho, la
démission de l’opposition (PDCI,
RDR, UDPCI, PIT, MFA, UDCY). Finalement, que font ces partis qui se
réclament pompeusement et abusivement de
l’opposition ? A quoi servent
ces machins ? Pour parler comme le général De
Gaulle. L’actualité nous
a encore offert l’image attristante et désolante
d’une opposition
amorphe et déconnectée des
réalités. Devant le spectacle insupportable
des hôpitaux publics désertés par les
médecins, l’opposition s’est-elle
fait entendre ? Anaky Kobenan, le président du MFA,
d’habitude si
loquace et volubile, était aux abonnés absents.
Comme Bédié, le
président du PDCI, comme Ouattara, le mentor des
Républicains, etc. En
réalité, tous ces dysfonctionnements et ces
travers marquent la
‘’mort‘’ de la classe politique
ivoirienne. De toute évidence, l’heure
semble avoir sonné pour l’avènement
d’une nouvelle race d’hommes
politiques. Des hommes et des femmes porteurs de valeurs fortes et
d’idéaux nobles. Pour la naissance de la nouvelle
Côte d’Ivoire forte
et unie. La Côte d’Ivoire de la 3ème
République, débarrassée des
scories de la mauvaise gouvernance. Car, tous ont failli et tous sont
coupables.
M. FREDERIC ZAMBLE BI IRIE
Administrateur civil
Ancien Sous-Prefet
Source
: lintelligentdabidjan.org

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