CONSEIL DE SECURITE
DE
L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES
6284ème
séance
Salle du Conseil de
Sécurité
Point de l’ordre du
jour :
LA SITUATION EN COTE
D’IVOIRE
Déclaration de Son
Excellence Monsieur Alcide DJEDJE
Ambassadeur
Représentant Permanent
Seul le texte
prononcé fait foi
New York le 17 mars 2010
------------------------------------------------------------------------------------------------------
UNITED NATIONS SECURITY
COUNCIL
6284th meeting
Security Council room
Agenda item:
THE SITUATION IN COTE
D’IVOIRE
Statement made by His Excellency
Alcide DJEDJE
Ambassador
Permanent Representative
Check against delivery
New York, March 17th,
2010
Monsieur le Président,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
La présente session du Conseil de
sécurité m’offre l’occasion
de faire le point de l’évolution de la situation
en Côte d’Ivoire depuis notre réunion du
28 janvier 2010.
Monsieur le Président,
Au cours de la période sous examen, la situation
en Côte d’Ivoire a été
marquée par une grave crise causée par
l’affaire des fraudes sur la liste électorale au
profit de l’opposition.
Le Président de la Commission Electorale
Indépendante, membre d’un des partis de
l’opposition a fait inscrire frauduleusement plus de 429 000
personnes sur la liste électorale. Ce chiffre
représente près de 8% de
l’électorat.
Après la découverte de ces fraudes, le
Président de la Commission Electorale
Indépendante a refusé de démissionner,
créant ainsi une paralysie de cette institution et le
blocage du processus de paix.
Le Président de la République a donc
décidé de dissoudre la CEI pour
procéder au remplacement de Monsieur Mambé,
auteur des fraudes.
Le Gouvernement a, par la même occasion,
été dissout puisque certains Ministres,
obéissant aux mots d’ordre de leurs partis
politiques, soutenaient ouvertement Monsieur Mambé pendant
que le Premier Ministre demandait sa démission.
Un nouveau Président de la CEI a
été élu et un nouveau Gouvernement a
été formé.
Monsieur le Président,
La priorité doit, à
présent, être accordée à la
confection d’une liste électorale fiable pour
l’organisation d’élections propres et
crédibles.
Pour ce faire, deux actions essentielles doivent
être menées :
-
Premièrement : la suppression du fichier des
429.030 personnes que l’ex-Président de la CEI a
voulu inscrire frauduleusement sur la liste
électorale ;
-
Deuxièmement : la réalisation
d’un audit complet de la liste provisoire pour en sortir
toutes les personnes qui n’ont pas le droit d’y
être et valider, dans le même temps,
l’inscription de toutes celles qui ont le droit
d’être sur la liste électorale.
Ces opérations prendront un à deux
mois. Au bout de ce délai, la liste électorale
définitive sera établie pour aller aux
élections.
Monsieur le Président,
Outre la liste électorale, il reste un autre
défi important à relever pour aller à
des élections crédibles. Il s’agit du
défi du désarmement et de la
réunification.
Les récents événements ont
démontré la nécessité
d’aller très rapidement au désarmement
et à la réunification pour avoir des
élections libres conformes aux critères
définis par les Nations Unies.
Le dispositif actuel de sécurité dans
les zones Centre Nord et Ouest contrôlées par les
rebelles a montré ses limites. Il n’a pas permis
d’empêcher les attaques contre les symboles de
l’Etat et les édifices appartenant aux membres du
parti du Président de la République notamment.
Le siège du Front Populaire Ivoirien, parti
auquel appartient le Président de la République a
été saccagé, à
Korhogo ; les résidences du Directeur national de
campagne du Président de la République ainsi que
celles d’autres cadres de ce parti ont
été saccagées et
incendiées, dans la même localité.
La résidence du Porte parole du
Président de la République a
été saccagée dans la ville de Katiola,
toujours dans le nord du pays contrôlé par la
rébellion.
Les bureaux du Préfet de Bouaké, dans
le centre du pays, ainsi que ceux du Sous-préfet
à Vavoua, dans le centre-Ouest, ont
été saccagés.
Monsieur le Président,
La liste des dégâts causés
par les partis de l’opposition est longue et cela prendrait
trop de temps d’en faire une mention exhaustive ici.
Le temps est venu de désarmer et de
réunifier la Côte d’Ivoire.
Ce point essentiel qui figure à
l’article 3 du quatrième avenant de
l’Accord Politique de Ouagadougou ne peut plus
être différé si nous voulons des
élections libres en Côte d’Ivoire
conformément aux critères définis par
les Nations Unies.
La Côte d’Ivoire est une et indivisible
et l’unité de la Nation se traduit par
l’unité de l’armée de la
République, par l’unicité des caisses
de l’Etat, par le déploiement des
Préfets et Sous-préfets, seuls
représentants légaux de l’Etat dans les
circonscriptions territoriales, par le déploiement des
Forces de Défense et de Sécurité qui
doivent accomplir les missions régaliennes de
l’Etat dans leurs circonscriptions.
Les Nations Unies qui consacrent dans sa Charte le sacro
saint concept de souveraineté ne peuvent pas faire la
promotion d’une souveraineté morcelée
au gré de tel ou tel intérêt.
Les Nations Unies ne peuvent pas valider un scrutin dit
national sur un territoire coupé en deux avec interdiction
d’accès aux partisans d’un des candidats
sur une partie du même territoire et avec une
télévision privée dans la zone
contrôlée par la rébellion qui fait la
propagande d’un seul des 14 candidats.
Les Nations Unies doivent tout mettre en œuvre
pour appuyer le facilitateur dans la crise ivoirienne qui
s’active actuellement avec abnégation pour trouver
une solution à la question de la réunification.
Monsieur le Président,
Les processus électoraux ne doivent pas
être érigés en dogmes servis
presqu’aveuglement à toutes les sorties de crise.
La Côte d’Ivoire ira aux
élections, le plus rapidement possible, en ayant
à l’esprit que les articles 3 et 8 du
quatrième avenant de l’Accord de Ouagadougou
relatifs à la réunification contiennent la
solution à la crise ivoirienne et ne doivent pas rester
lettre-morte.
Je vous remercie.-/
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CONSEIL DE SECURITE
DE L’ORGANISATION
DES NATIONS UNIES
6284ème
séance
Salle du Conseil de
Sécurité
Point de l’ordre du
jour :
LA SITUATION EN COTE
D’IVOIRE
Déclaration de Son
Excellence Monsieur Alcide DJEDJE
Ambassadeur
Représentant Permanent
Seul le texte
prononcé fait foi
New York le 17 mars 2010
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UNITED NATIONS SECURITY
COUNCIL
6284th meeting
Security Council room
Agenda item:
THE SITUATION IN COTE
D’IVOIRE
Statement made by His Excellency
Alcide DJEDJE
Ambassador
Permanent Representative
Check against delivery
New York, March 17th,
2010
Monsieur le Président,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
La présente session du Conseil de
sécurité m’offre l’occasion
de faire le point de l’évolution de la situation
en Côte d’Ivoire depuis notre réunion du
28 janvier 2010.
Monsieur le Président,
Au cours de la période sous examen, la situation
en Côte d’Ivoire a été
marquée par une grave crise causée par
l’affaire des fraudes sur la liste électorale au
profit de l’opposition.
Le Président de la Commission Electorale
Indépendante, membre d’un des partis de
l’opposition a fait inscrire frauduleusement plus de 429 000
personnes sur la liste électorale. Ce chiffre
représente près de 8% de
l’électorat.
Après la découverte de ces fraudes, le
Président de la Commission Electorale
Indépendante a refusé de démissionner,
créant ainsi une paralysie de cette institution et le
blocage du processus de paix.
Le Président de la République a donc
décidé de dissoudre la CEI pour
procéder au remplacement de Monsieur Mambé,
auteur des fraudes.
Le Gouvernement a, par la même occasion,
été dissout puisque certains Ministres,
obéissant aux mots d’ordre de leurs partis
politiques, soutenaient ouvertement Monsieur Mambé pendant
que le Premier Ministre demandait sa démission.
Un nouveau Président de la CEI a
été élu et un nouveau Gouvernement a
été formé.
Monsieur le Président,
La priorité doit, à
présent, être accordée à la
confection d’une liste électorale fiable pour
l’organisation d’élections propres et
crédibles.
Pour ce faire, deux actions essentielles doivent
être menées :
-
Premièrement : la suppression du fichier des
429.030 personnes que l’ex-Président de la CEI a
voulu inscrire frauduleusement sur la liste
électorale ;
-
Deuxièmement : la réalisation
d’un audit complet de la liste provisoire pour en sortir
toutes les personnes qui n’ont pas le droit d’y
être et valider, dans le même temps,
l’inscription de toutes celles qui ont le droit
d’être sur la liste électorale.
Ces opérations prendront un à deux
mois. Au bout de ce délai, la liste électorale
définitive sera établie pour aller aux
élections.
Monsieur le Président,
Outre la liste électorale, il reste un autre
défi important à relever pour aller à
des élections crédibles. Il s’agit du
défi du désarmement et de la
réunification.
Les récents événements ont
démontré la nécessité
d’aller très rapidement au désarmement
et à la réunification pour avoir des
élections libres conformes aux critères
définis par les Nations Unies.
Le dispositif actuel de sécurité dans
les zones Centre Nord et Ouest contrôlées par les
rebelles a montré ses limites. Il n’a pas permis
d’empêcher les attaques contre les symboles de
l’Etat et les édifices appartenant aux membres du
parti du Président de la République notamment.
Le siège du Front Populaire Ivoirien, parti
auquel appartient le Président de la République a
été saccagé, à
Korhogo ; les résidences du Directeur national de
campagne du Président de la République ainsi que
celles d’autres cadres de ce parti ont
été saccagées et
incendiées, dans la même localité.
La résidence du Porte parole du
Président de la République a
été saccagée dans la ville de Katiola,
toujours dans le nord du pays contrôlé par la
rébellion.
Les bureaux du Préfet de Bouaké, dans
le centre du pays, ainsi que ceux du Sous-préfet
à Vavoua, dans le centre-Ouest, ont
été saccagés.
Monsieur le Président,
La liste des dégâts causés
par les partis de l’opposition est longue et cela prendrait
trop de temps d’en faire une mention exhaustive ici.
Le temps est venu de désarmer et de
réunifier la Côte d’Ivoire.
Ce point essentiel qui figure à
l’article 3 du quatrième avenant de
l’Accord Politique de Ouagadougou ne peut plus
être différé si nous voulons des
élections libres en Côte d’Ivoire
conformément aux critères définis par
les Nations Unies.
La Côte d’Ivoire est une et indivisible
et l’unité de la Nation se traduit par
l’unité de l’armée de la
République, par l’unicité des caisses
de l’Etat, par le déploiement des
Préfets et Sous-préfets, seuls
représentants légaux de l’Etat dans les
circonscriptions territoriales, par le déploiement des
Forces de Défense et de Sécurité qui
doivent accomplir les missions régaliennes de
l’Etat dans leurs circonscriptions.
Les Nations Unies qui consacrent dans sa Charte le sacro
saint concept de souveraineté ne peuvent pas faire la
promotion d’une souveraineté morcelée
au gré de tel ou tel intérêt.
Les Nations Unies ne peuvent pas valider un scrutin dit
national sur un territoire coupé en deux avec interdiction
d’accès aux partisans d’un des candidats
sur une partie du même territoire et avec une
télévision privée dans la zone
contrôlée par la rébellion qui fait la
propagande d’un seul des 14 candidats.
Les Nations Unies doivent tout mettre en œuvre
pour appuyer le facilitateur dans la crise ivoirienne qui
s’active actuellement avec abnégation pour trouver
une solution à la question de la réunification.
Monsieur le Président,
Les processus électoraux ne doivent pas
être érigés en dogmes servis
presqu’aveuglement à toutes les sorties de crise.
La Côte d’Ivoire ira aux
élections, le plus rapidement possible, en ayant
à l’esprit que les articles 3 et 8 du
quatrième avenant de l’Accord de Ouagadougou
relatifs à la réunification contiennent la
solution à la crise ivoirienne et ne doivent pas rester
lettre-morte.
Je vous remercie.-/