
«Il nous faut
un Etat fort. Depuis quelque temps, l’Etat s’est
affaibli
et est devenu inexistant. Le moment est venu pour que l’Etat
recouvre
toute sa place dans la Nation ». A la présentation
de son programme de
gouvernement, le 4 octobre 2008 à Yamoussoukro, le Premier
ministre
Alassane Dramane Ouattara, candidat à
l’élection présidentielle, ne
croyait pas si bien dire, face à ce qu’il est
convenu de constater
comme la démission de l’Etat, vis-à-vis
de son rôle régalien. L’Etat,
incarné aujourd’hui par un régime
politique dont le chef n’a que de
très vagues notions sur son véritable
rôle, est bien souvent effacé, au
moment où les populations ont le plus besoin de lui.
C’est d’ailleurs
le cas actuellement avec la crise énergétique
jamais vécue par notre
pays. Une situation inexplicable du reste. Car, la Côte
d’Ivoire, il y
a quelques années, était enviée de
tous les pays de l’Afrique Noire au
Sud du Sahara. En effet, alors Premier ministre, Alassane Ouattara,
avait adopté une réforme structurelle et
institutionnelle du secteur de
l’électricité, qui a conduit
à la concession de la distribution à une
compagnie privée. Le Décret n°90-1389 du
25 octobre 1990, portant
désignation du concessionnaire du service public national de
production, de transport, de distribution, d’exportation et
d’importation de l’énergie
électrique, avait notamment été
signé. Cela
a permis, immédiatement de poser un garrot pour stopper
l’hémorragie
financière au sein de l’EECI, qui perdait par mois
plus de vingt
milliards de CFCA.
L’Etat, selon la réforme ADO, gardait la
responsabilité de la gestion du patrimoine et à
ce titre, décide,
finance et fait réaliser tous les investissements de
développement et
de renouvellement des ouvrages. Il est donc propriétaire des
ouvrages
de production, de transport et de distribution
d’énergie. C’est lui qui
fixe les tarifs de vente de
l’électricité.
Plus tard, le président
Bédié a poursuivi les réformes en
créant trois sociétés publiques
chargées des décisions stratégiques
ainsi que l’arbitrage des conflits
et la gestion de la dette du secteur : la Société
de Gestion du
Patrimoine du secteur de l’Electricité (SOGEPE) en
charge de la gestion
du patrimoine, l’Autorité Nationale de
Régulation de l’Electricité
(ANARE) en charge du contrôle du concessionnaire et la
clientèle la
Société d'Opération Ivoirienne
d'Electricité (SOPIE) en charge du suivi
et de la maîtrise d'œuvre des travaux
d'investissements.
La réforme
d’Alassane Ouattara est l’une des plus
réussie en Afrique. Des pays,
aussi bien en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique
Centrale, ne se sont pas
privés de calquer le schéma ivoirien, tant au
niveau institutionnel que
des résultats. Des pays comme le
Sénégal, le Congo, le Mali, le Ghana,
même s’ils n’ont pas franchi
complètement le pas de la privatisation,
n’en sont pas loin.
Mais, autrefois pris en exemple, la Côte
d’Ivoire est désormais au creux de la vague. Les
délestages sauvages
qui ont lieu actuellement, paralysant aussi bien le secteur industriel
que les foyers, est la conséquence d’une gestion
hasardeuse d’un
secteur dans lequel l’amateurisme n’est pas permis.
Il faut sortir de
cette situation. Et pour le faire, les Ivoiriens attendent que les
candidats à la prochaine présidentielle
dévoilent des solutions.
Toujours à l’avant-garde des propositions, le
Premier ministre Alassane
Ouattara qui a parcouru la Côte d’Ivoire il y a
quelques mois a donné
une idée à ses compatriotes en ce qui concerne
ses propositions
contenues dans son programme de gouvernement. La bataille pour
l’indépendance énergétique y
figure en bonne place. ADO a défini deux
grandes priorités en la matière. Il
s’agit, d’abord de la construction
de deux barrages hydroélectriques, l’un
à San-Pedro et l’autre à
Soubré. Ces deux unités de production de
l’électricité viendront
compléter et renforcer le segment de production
constitué de six (6)
aménagements hydroélectriques (barrages) et de
trois (3) centrales
thermiques.
En outre, le candidat ADO veut profiter de
l’augmentation de la production de
l’électricité afin que la
Côte
d’Ivoire ne soit plus dans le noir. Il entend
électrifier l’ensemble
des villages du territoire national, mais aussi il n’oublie
pas les
campements. Sa solution est simple. « Je reprendrai le
programme
d’électrification rurale. Je veux que dans chaque
village de plus de
cinq cent habitants, il y ait de
l’électricité. J’installerai
gratuitement de petites unités de production
d’électricité, pour
répondre aux besoins vitaux de nos parents. Grâce
à ces petites unités,
il sera possible d’éclairer les endroits publics,
mais aussi de faire
fonctionner un réfrigérateur, pour conserver par
exemple des vaccins,
une broyeuse de manioc ou une décortiqueuse, un
téléphone pour appeler
une ambulance ».
Ce sont autant de propositions simples qui montrent
qu’un leader politique doit avoir des solutions aux moindres
préoccupations des populations pour le progrès.
Ce qui n’est pas le cas
pour Laurent Gbagbo, qui selon la presse bleue, aurait
décidé seulement
maintenant de prendre à bras-le-corps la crise de
l’électricité, un
mois après les premiers délestages. Seulement
voilà ! En a-t-il les
compétences ?
Charles Sanga