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P.E.I
Ensemble par l'écologie,
Apportons à notre pays
Un édifice imposant
NOVEMBRE 2008 :
PLUS QUE
L’ELECTION D’UN PRESIDENT, C’EST LE
DESTIN DE LA CÔTE D’IVOIRE QUI VA
S’ENGAGER| |
10 mai 2008 Par ivorian.net |
L’annonce de
l’élection
présidentielle pour le 30 novembre prochain
depuis la première quinzaine d’avril,
clôt un chapitre de cette crise
marqué au fer de la haine et de guerres,
d’oppressions et de centaines
de morts. Même s’il ne fera pas table rase du
passé et ne garantira pas
des lendemains plus pacifiques, ce sera à n’en pas
douter, un jour
historique pour le pays. Il mettra tous ceux qui auront la
prétention
de présider à la destinée de la
Côte d’Ivoire, en situation d’avoir
l’assentiment du peuple dans sa majorité, afin de
résoudre tous les
défis d’avenir tels que : Le chômage
endémique, la corruption,
l’insécurité, les trafics en tout
genre, le racket, les tensions
intercommunautaires.
Alors, d’acteurs politiques passés experts dans les plaidoiries antagonistes qui font trainer les problèmes en longueur, les principaux prétendants à la présidence vont devoir, avec la vision du futur et le vécu du présent, imaginer un véritable projet à proposer au peuple pour sortir le pays de l’abîme, tel un candidat qui doit présenter une thèse de doctorat face à un jury. Sous cet angle de vue, cette date pour l’élection présidentielle est le signe annonciateur de l’entrée en Côte d’Ivoire de l’humanité, dans une ère nouvelle de son histoire. Le pays, terriblement secoué par une violente tempête dès la naissance de ce millénaire, a su malgré tout garder le cap. Il est donc sur le point de tutoyer l’histoire en devenant la Côte d’Ivoire universelle, c’est-à-dire, à la fois carrefour de toute l’Afrique et terre où vivent les gens de toutes les couleurs, de toutes les cultures en se frottant les uns aux autres. Et comme il s’agira également de construire un Etat qui ouvre à sa population, des perspectives autres qu’une économie qui s’appuie sur les secteurs de la construction, des services de base comme le transport (gbaka, taxis wôrô-wôrô) et la restauration (les maquis), ce projet de société devrait, quoi qu’il en soit, avoir pour lui l’évidence du bon sens : Offrir des solutions au déficit inquiétant d’entrepreneurs, d’élites économiques et politiques dans notre pays. Pour cela, il ne devrait pas échapper à un investissement massif dans l’éducation surtout de la jeunesse de notre population qui reste une source de dynamisme et d’imagination pour le développement, même si on n’en tire les bénéfices qu’à long terme. En tant que condition du développement de la démocratie, c’est aussi cette éducation qui permettra à chaque individu de devenir autonome, capable de se former un jugement propre ou personnel, tout en offrant les mêmes chances pour tous.
Pour toutes ces raisons, cette élection présidentielle devrait nous éviter une campagne ordurière, faites de calomnies, d’injures et d’insultes. Dans ce pays où la misère est devenue visible, les Ivoiriens n’aspirent plus qu’à l’essentiel ou à l’idéal. Pour cela, cette Côte d’Ivoire du renouveau a besoin d’une autorité inspirée par la gravité de la fonction présidentielle, à la fois régulatrice et protectrice ; une autorité qui puisse rétablir une situation normale de souveraineté pour bâtir les fondations du futur succès du pays. C’est un pari hardi auquel devront se livrer nos acteurs politiques et qui pourrait déterminer leur capacité à donner l’impulsion indispensable sur quelques points qui me semblent essentiels : D’abord sur le plan économique, leur capacité à sortir la Côte d’Ivoire de l’état de coma dépassé dans lequel l’a entrainée l’infarctus du 19 septembre 2002, pour ensuite la mettre en meilleur état de marche. En second lieu, la perspicacité de leur intuition à conduire le changement en canalisant les passions collectives et les emballements idéologiques dans le bon sens, étant entendu que cette intuition ne s’apprend pas à l’école ; on l’a ou on ne l’a pas. Partant de là, il ne restera plus qu’à bien capter le parfum de notre époque pour maîtriser l’avenir, sachant que la Côte d’Ivoire n’est pas créée avec un destin programmé : De la même manière qu’Houphouët a commencé à la construire, c’est à chacun de ses successeurs de poursuivre la tâche avec l’ensemble des Ivoiriens en bannissant les discours pouvant conduire à un repli sur soi d’un groupe ethnique quel qu’il soit. Maintenant, nous ne savons que trop les conséquences que cela peut avoir : Une guerre mal fondée ne démultiplie pas seulement la violence en alimentant les sentiments d’injustice ; elle détourne aussi des combats justes, qui sont nécessaires pour établir et maintenir la paix. Exemple : le combat contre la cherté de la vie avec ces émeutes de la faim au début du mois d’avril ; celui contre la corruption qui a conduit à l’empoisonnement des Ivoiriens par le déversement des déchets toxiques ; le racket des forces de l’ordre dont sont victimes les citoyens au quotidien et qui conduit quelquefois à des brutalités sauvages comme a pu les subir Laurent POKOU (grande gloire du football ivoirien et africain).
On peut donc dire que le nouveau siècle nous a fait voir le pire de l’esprit humain en imprimant dès sa naissance, sa marque dans notre mode de pensée et d’action, ce qui commence déjà à changer notre vision du monde et de la société. Va-t-il maintenant nous montrer le meilleur de cet esprit humain ? C’est tout l’enjeu de cette élection présidentielle du 30 novembre qui sera donc un moment de vérité lourd de conséquences avec en arrière plan, deux questions cruciales : Comment allons-nous être gouvernés et avec quels objectifs ? De fait, l’attention devrait être portée sur les idées et non sur les personnes, ce qui mettrait fin par la même occasion, à cette épreuve de crise de laquelle nous ressortirons complètement groggy certes, mais aussi regonflés à bloc pour faire de ce « rêve ivoirien », une réalité : Vivre dans un monde sans chaines !
De toute évidence, ce sera aussi une élection placée sous le signe de la fin d’une certitude : Celle de la mort définitive de cette idéologie ancestrale que les uns sont faits pour gouverner ou que le pouvoir leur appartient. Et quel qu’en soit le résultat, il s’ensuivra à coup sûr, une redistribution des cartes, des forces et des destins.
Au-delà même des relations inter ivoiriens, nous arrivons également en fin de cycle de toute l’idéologie issue de la guerre froide et au regard de laquelle l’inféodation de la Côte d’Ivoire tout comme la plupart des pays africains, était une habitude. De cette période là, certains se sont accoutumés à divers jeux obscurs avec des puissances étrangères. Sans renier ses amitiés, il s’agit aujourd’hui pour le Côte d’Ivoire de se consacrer à une immense entreprise : Celle d’accomplir avec toutes les générations et tous les talents, une vaste transformation de ce pays tout en vivant dans des conditions difficiles ; ceci bien évidemment dans un seul but : Dans la mesure du possible, faire en sorte que la Côte d’Ivoire vive, progresse et qu’elle assure son avenir en observant le principe que sa politique se détermine non pas à Paris ou ailleurs, mais bel et bien en terre ivoirienne. C’est en agissant ainsi que la Côte d’Ivoire épousera ce millénaire où le dérèglement planétaire voit naître des émeutes de la faim d’un bout à l’autre du globe. Cette réalité nous donne à penser qu’il n’y a pas meilleur façon de pratiquer la politique que sur un ordre de priorité, suivant les réalités propres de chaque pays. Pour ainsi dire, il n’y a pas une autre de valable dans notre situation car, relativement au drame qu’elle traverse, la Côte d’Ivoire sait plus que n’importe qui, le plus important pour elle. Alors, elle essaye tant bien que mal de s’y accrocher. Et les Ivoiriens qui sont maintenant dans la conscience que c’est de la tragédie que naît la grandeur, attendent ce top départ de l’élection présidentielle pour engager sans déchirement le destin de la nation vers le progrès, l’indépendance et la paix. Ils semblent juste avoir besoin pour cela, d’une République qui leur ouvre un cadre digne et solide à l’action de construction. On aurait d’ailleurs du mal à imaginer qu’il en soit autrement depuis le gouvernement issu des accords de Ouaga. Dans tous les cas, après avoir vécu les pires difficultés, les Ivoiriens connaissent maintenant le prix du bonheur pour recommencer ce jeu mortifère des partis qui couvre en réalité, des ambitions personnelles. Leur unique ambition désormais, est la construction de la Côte d’Ivoire à la manière d’une cathédrale ou d’une mosquée, ce qui signifie qu’il faut intégrer la notion de temps et avoir la foi : C’est aussi cela, le sens de cette élection dont demain tout peut dépendre.
Jean KIPREReproduction interdite du site