Pour pouvoir
bénéficier des droits liés
à la création d’une œuvre,
les artistes doivent suivre une procédure
éditée par leur maison, le Bureau ivoirien des
droits d’auteurs (Burida).
S’il y a une maison, en Côte d’Ivoire,
qui suscite des passions dans le milieu des artistes, c’est
bel et bien le Bureau ivoirien des droits d’auteurs (Burida).
Porté sur les fonts baptismaux le 15 avril 1981, le Burida a
pour principales missions la protection des œuvres
artistiques, la perception des droits que
génèrent ces œuvres et leur
répartition entre les artistes suivant une clé et
après une procédure bien définies.
Pour jouir de ses droits l’artiste doit suivre une
procédure en quatre temps – affiliation,
déclaration / documentation, perception et
répartition des droits d'auteur –
établie par le Burida. La procédure commence par
l'affiliation de l'auteur à la société
de gestion des droits. «Le créateur n'est pas
obligé de s'affilier au Burida pour protéger ses
œuvres puisque la loi sur la propriété
intellectuelle le protège automatiquement», fait
remarquer Yves Kané, responsable de la communication au
Burida. Il ajoute que le créateur doit néanmoins
s'affilier au Burida pour lui confier la gestion de ses droits,
c'est-à-dire la possibilité de percevoir ces
droits en son nom pour l'utilisation publique de ses oeuvres. Il y a
deux façons de percevoir les droits d'auteur : les
perceptions individuelles et les perceptions collectives. On parle de
perceptions individuelles quand on connaît à
l'avance les oeuvres jouées et leurs ayants droit (qui sont
les auteurs, éditeurs, héritiers). Dans ce cas,
le montant perçu est connu à l'avance et, par
conséquent, le montant à répartir
aussi. De l’autre côté, on parle de
perceptions collectives quand on ne connaît pas à
l'avance les oeuvres jouées et les personnes pour lesquelles
nous allons répartir. Ces perceptions s'effectuent
auprès des médias, des restaurants, des
hôtels, des commerces, des cafés…En
toute logique, les répartitions découlent des
perceptions. Elles sont également de deux ordres : les
répartitions individuelles et les répartitions
collectives. Les droits d'auteur ayant fait l'objet d'une perception
(individuelle ou collective) sont répartis selon des clefs
de répartition préfixées par les
ayants-droit (lors de la déclaration de leurs oeuvres),
selon des critères fixés par le
Règlement général du Burida et
approuvés par l'Assemblée
Générale des membres et dans des
délais qui varient selon le type de droit à
répartir. D’une façon
générale, pour une œuvre
déclarée au Bureau ivoirien, les doits
collectés sont repartis à hauteur de 50% pour
l’auteur de l’œuvre, de 25% pour le
compositeur. Une marge comprise entre 0% et 25% revient à
l’arrangeur. La nouvelle structure du Burida, mise en place,
vise à accélérer le processus de
répartition et à rendre les flux financiers des
droits – de la perception à la
répartition – plus transparente, plus claire et
plus rapide. Pour cela, les droits d’auteur qui sont
perçus par le Burida, ne peuvent être repartis
qu’à partir du moment où les services
de la Société ont connaissance du titre de
l’œuvre, du nom de l’auteur, compositeur,
parolier, arrangeur, le nom de l’éditeur
(principalement, d’application pour les œuvres
musicales). Le Burida reçoit toutes ces données
lors de la déclaration de l’œuvre. Le
service de la documentation les rassemble et les introduit dans une
banque de données. La commission de perception et de
répartition du Burida dans le domaine des droits de
reproduction s'élève à 15% du montant
des droits perçus en Côte d'Ivoire. Les droits de
reproduction encaissés sont versés
trimestriellement (en Mars, en Juin, Août,
Décembre de chaque année) sur le compte des
auteurs et / ou ayants-droit affiliés au Burida. Quant aux
reproductions faites à l'étranger, le Burida a
conclu des contrats de réciprocité avec les
sociétés d'auteur des pays où le droit
d'auteur est reconnu. De ce fait, les auteurs
représentés par le BURIDA, ont une protection
mondiale.
M’Bah Aboubakar